Bruno Le Maire : « Oui, il y aura des faillites dans les commerces »

Le Ministre de l’économie a admis, ce lundi 4 mai sur France Inter, qu’il y aura une vague de faillites et a assuré que les dispositifs d’aides seront maintenus.

« Aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite », avait martelé Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée du 16 mars. D’une posture volontariste du Président, le gouvernement passe à la réalité concrète avec la déclaration de Bruno Le Maire ce matin sur France Inter. « Oui, il y aura des faillites. Je ne l’ai jamais caché. Il y aura des faillites dans certaines très petites entreprises. Il y aura des faillites dans les commerces. Nous le savons et nous devons nous préparer à affronter ces moments qui vont venir dans les prochains mois, au cours desquels les problèmes de trésorerie vont devenir pour beaucoup de chefs d’entreprise des problèmes de solvabilité ». Le ministre prévenant même que « le plus dur est devant nous du point de vue économique ».

Une inflexion qui apparaît désormais comme une évidence et qui met en porte à faux le discours du Président. Sans compter que Bruno Le Maire avait lui même déclaré, il y a près d’un mois, qu’il préférait avoir des « des milliards de dettes que des faillites ». Certains vont crier à l’improvisation et ils n’auront pas tort. Après tout, l’Etat français est contraint d’improviser, tout comme l’ensemble des pays. Une improvisation qui touche tous les secteurs d’activités, médecine compris, tant les ravages et les conséquences économiques de l’épidémie sont importants.

Le fonds de solidarité maintenu au mois de mai

Par ailleurs, face au défi de la reprise et pour éviter l’écroulement redouté par le Premier ministre, Bruno Le Maire a renouvelé son souhait que « tous les commerces puissent rouvrir le 11 mai prochain ». Tout en assurant que « le fonds de solidarité sera maintenu jusqu’au 31 mai pour tous ceux qui y ont droit. Pour acheter des masques par exemple. Il sera également maintenu en juin pour tous ceux qui ne rouvriront pas le 11 mai, les restaurants, les bars, le monde de la culture ». Ciblant l’ensemble des secteurs les plus fragiles, parmi lesquels l’événementiel, le ministre a indiqué que Bercy allait « accompagner le plus grand nombre de personnes, pour essayer de limiter le plus possible la casse économique et la casse sociale » insistant « on ne va pas laisser tomber les gens ». Et, s’adressant précisément aux commerçants indépendants au sujet des loyers, « soit votre loyer est payé à une grande foncière et elles se sont engagées à annuler les loyers sur trois mois pour toutes les TPE (très petites entreprises) de moins de 10 salariés », avant de rappeler que « les autres peuvent bénéficier du fonds de solidarité dont le deuxième étage va jusqu’à 5 000 euros et permet de financer votre loyer ». Et ce, même « si les indépendants n’ont pas de salarié ». Quand bien même les commerçants peuvent aussi négocier directement avec leurs bailleurs afin d’exiger une forte remise, voir une annulation du paiement des loyers (voir notre enquête Comment négocier la réduction ou l’annulation du loyer ?). Un impératif, quant on sait que les conditions pour bénéficier du second étage du fonds de solidarité sont très restrictives…

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La prolongation des dispositifs actuels de soutien à la trésorerie des entreprises est donc nécessaire, mais ne sera pas suffisante étant donné que le retour des clients dans les commerces sera progressif, pour ne pas dire poussif et pour le moment inexistant pour les bars et restaurants. Sans compter le poids des crédits souscrits par les commerçants « pour tenir », et qu’il va bien falloir rembourser.

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