« Je préfère avoir des milliards de dettes que des faillites »

Alors que l’épidémie se maintient à « un plateau » critique et que les conséquences pour les entreprises sont de plus en plus dramatiques, Bruno Le Maire a annoncé que les dispositifs d’aides proposés actuellement pourraient être améliorés. Mais sans apporter aucun engagement précis.

Je préfère avoir des milliards de dettes que des faillites. La meilleure façon de rembourser ces dettes, c’est de se remettre au travail, relancer l’activité économique, dès que nous le pourrons“, a annoncé le ministre de l’Économie sur France 2.

Cela fait bientôt un mois que les restaurants et commerces non alimentaires sont fermés et la pandémie de Covid-19 stagne, mais ne faiblit pas. Et, facteur tout aussi inquiétant, personne ne sait quand et comment l’économie va se remettre en marche. En clair, plus rien ne rentre dans les caisses, seules les charges et le stock pointent au bilan ! Si on rajoute la situation inédite de confinement et le tintamarre médiatique et souvent anxiogène lié à cette crise sanitaire, on comprend vite qu’un grand nombre de commerçants vivent des heures difficiles, pour ne pas dire douloureuses. « Quatrième semaine de confinement et de fermeture de nos commerces, on remplit des dossiers, extrait K-bis, attestations comptables et toujours rien rien rien ! Les salariés ont été payés à 84 % et ils m’ont bien fait comprendre leur mécontentement, moi je n’ai pas pu me payer… », se désole ainsi un commerçant (lechommerces.fr / commentaires).

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Dans ce contexte de sinistrose, toute lueur d’espoir est la bienvenue et c’est sans doute le but des annonces faites par le ministre de l’Économie mercredi 8 avril, au journal de 20 heures de France 2. « Nous travaillons à une amélioration du fonds de solidarité, celui qui est plafonné à 2 000 euros, pour intégrer les loyers d’un certain nombre d’entreprises menacées. Et prendre en charge ceux qui sont dans une situation de redressement judiciaire », a-t-il expliqué. « Les loyers par exemple de commerces, de restaurants qui n’arrivent plus à payer, on pourrait les prendre en charge dans le cadre du fonds de solidarité pour un certain nombre d’entreprises particulièrement menacées », a-t-il ajouté par la suite, avant d’évoquer la possibilité de porter jusqu’à 5 000 euros le plafond du fonds de solidarité, sans apporter plus de précisions. Une mesure d’urgence tout de même attendue par des milliers de commerçants, qui n’ont pas encore obtenu de prêt ou se l’ont vu refuser. Notons tout de même l’utilisation systématique du conditionnel dans les propos du ministre de l’Économie, à voir donc comment cela se traduira dans les faits la semaine prochaine, lorsque ces mesures seront précisées.

Pas de suppression des charges en vue

Et s’il est une autre mesure réclamée par les commerçants, c’est la suppression des charges sociales et fiscales et non le simple report, comme en atteste les plus de 80 000 signatures de la pétition en ligne que nous avons lancée. Interrogé à ce sujet par un fleuriste, Bruno Le Maire n’a pas apporté une réponse favorable à cette revendication, se contentant de rappeler les mesures déjà annoncées depuis le début du confinement. « On reporte pour le mois de mars et avril les charges sociales et fiscales. Ce report est automatique, toutes les entreprises qui le demandent l’obtiennent. Mais j’ai parfaitement conscience que certaines entreprises ne pourront pas rembourser. Ce sera au cas par cas, si la faillite menace une entreprise, alors là on pourra envisager des annulations de charges ».

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Même son de cloche lorsque la présentatrice du 20 heures l’interroge sur le manque de soutien de la part des assureurs. « Ils doivent et ils peuvent faire mieux », s’est-il contenté d’expliquer. Une maxime que reprendront sans doute les commerçants, irrités par le manque de solidarité de leur assureur et qui s’applique aussi à notre gouvernement : « peut mieux faire ! »

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