Les 7 erreurs à éviter avant de créer son commerce indépendant

Concept, taille, lieu d’implantation, communication, business plan, tout doit être bien réfléchi en amont, avant de créer une activité commerciale. Certaines négligences peuvent être fatales. Tour d’horizon des sept erreurs à éviter avant de se lancer.

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1- Rester isolé

Partir seul est l’erreur la plus importante à ne pas commettre.  Le taux de survie au bout de trois ans d’une très petite entreprise (TPE) est de 75% quand on est accompagné, il chute à 50% pour ceux qui se lancent sans être épaulé, selon les chiffres de l’Insee. Des ateliers et stages existent notamment dans les chambres de commerce et d’industrie (CCI) pour accompagner les porteurs de projets de l’idée jusqu’à l’installation. C’est essentiel pour ceux qui se lancent sans apport personnel important, car généralement, les banques exigent d’avoir suivi un stage ou une formation. 

Avant de créer sa librairie de mangas MayManga à Laval (Mayenne), Mathys Pintat, 32 ans, s’est fait aider par Laval économie et le Réseau Initiative. « Cela permet d’aider à faire mûrir le projet », remarque cet ancien cadre de l’industrie agroalimentaire. A Angers, Adélaïde Rivereau et son compagnon Pierre Legeay ont été accompagnés par la banque de gestion des entreprises (BGE) pour l’élaboration du business-plan et par la CCI, avant de créer leur épicerie vrac P’tits poids carottes : « Cela nous a permis de prendre du recul par rapport à notre projet mais aussi de nous constituer un réseau, et l’idée il faut la construire avec le réseau. »

Aurélie Lecomte était cadre dans une entreprise agroalimentaire du Maine-et-Loire, lorsqu’elle a décidé de tout quitter pour se lancer dans une activité de fleuriste. Pas question pour elle non plus de partir seule. Après sa rupture conventionnelle, elle suit un CAP en six mois et bénéficie d’une dizaine d’heures d’accompagnement avec Pôle emploi. « Cela m’a permis de mûrir le concept et le ficeler », raconte-t-elle aujourd’hui. Car sa boutique aujourd’hui est bien plus qu’un magasin de fleurs, c’est aussi un salon de thé. Pendant dix mois, elle enchaine aussi les missions chez différents fleuristes de la région, afin d’appréhender le métier avec plus de précision.

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Il est nécessaire, avant de se lancer, d’aller frapper à toutes les portes : les associations de commerçants, clubs, structures diverses d’accompagnement. Ne pas oublier non plus d’aller contacter la mairie : « Travailler avec la municipalité permet d’éviter de faire des choses qui ne soient pas conformes au règlement comme un positionnement d’enseigne drapeau, cela permet aussi d’être au courant des projets, travaux à venir, et puis certaines collectivités proposent des aides, pour la rénovation des locaux par exemple », met en avant Patricia Laving, chargée de mission commerce à la CCI de la Mayenne.

Il est aussi fondamental de s’entourer d’un expert-comptable, mais surtout de le tenir au courant tout au long de l’année de l’évolution de la situation financière.

2- Se lancer sur un coup de tête

« Il arrive que l’on voit des gens en rupture, en reconversion, se lancer avec un pactole qu’ils ont reçu, et qui veulent par exemple ouvrir une épicerie fine sans avoir maturé le projet », se désole Bruno Pèlerin, responsable de la direction du développement des entreprises à la CCI de Maine-et-Loire. On ne se lance pas sans avoir un peu analysé le marché. C’est ce qu’ont fait Pierre Legeay et Adélaïde Rivereau avant de lancer leur épicerie vrac P’tits poids carottes. De l’idée à l’ouverture, pas moins de trois ans se sont écoulés. Ils ont d’abord créé une association répertoriant les commerces zéro déchets, puis ont démissionné de leurs postes, fait des stages en immersion dans six épiceries vrac durant six mois, et travaillé à fond le projet durant une année.

« Si on n’a pas analysé un minimum, on peut arriver sur un marché qui peut être déjà capté par les franchises, par exemple », glisse Dominique Gazeau, élu chargé du commerce à la CCI de Maine-et-Loire. Il faut donc travailler son concept sur ce qui sera différenciant, sourcer les marques qui ne sont pas présentes sur la ville par exemple, ou encore se positionner sur des marques porteuses de valeurs. 

Nathalie Deniau-Millon, conseillère commerce à la CCI de Nantes – Saint-Nazaire, propose d’aller jeter un œil aux résultats de la concurrence sur des sites tels que societe.com ou pappers.fr, et d’aller vérifier si l’activité a le vent en poupe du côté des commerçants et des banques. « Analyser le marché, c’est se déplacer physiquement, faire le client mystère », propose Patricia Laving. « Dernièrement j’ai vu un restaurateur s’implanter dans un village, il n’avait pas regardé ce que faisaient les autres, dans les villages d’à côté, poursuit-elle. Il a proposé la même chose avec des services en moins, son restaurant était surdimensionné ».

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3- Avoir mal ficelé son business-plan

Attention à ne pas minimiser certains postes de dépenses ou à surévaluer le chiffre d’affaires prévisionnel ! Nathalie Deniau-Millon garde en mémoire une commerçante qui s’était lancée dans une activité de prêt-à-porter et qui, ayant bâclé son business plan, s’est trouvée contrainte de mettre en liquidation son activité au bout de quelques mois. « C’est triste à dire, mais il est rare qu’un commerçant réussisse à se rémunérer dès la première année d’activité, et cela, il faut l’anticiper », met en garde la conseillère commerce de la CCI de Nantes – Saint-Nazaire.

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