Les faillites en très forte augmentation dans le commerce et la restauration !

Les défaillances d’entreprises sont de nouveau en forte hausse au troisième trimestre, mais restent tout de même en deçà de leur niveau d’avant crise sanitaire. Le commerce et la restauration sont particulièrement impactés.

Faillite d'entreprise dans le commerce
Photo de Bruno Manuel, qui a photographié des façades de commerces fermés, certains depuis des décennies.

Après deux années d’accalmie, grâce au “quoi qu’il en coûte” de l’Etat, les défaillances d’entreprises repartent logiquement à la hausse depuis le début de l’année. C’est en tout cas ce que constate une nouvelle fois le cabinet Altarès, qui fait état de 8950 procédures collectives ouvertes entre le 1er juillet et le 30 septembre, en hausse de 69% comparé à l’été 2021 ! Sur 12 mois glissants, la barre des 38 000 défauts a ainsi été franchie, un chiffre qui reste tout de même encore loin des 53 500 procédures observées fin septembre 2019.

Les entreprises du commerce et de la restauration très fortement impactées

Si ce fort rebond des défaillances est donc à relativiser au vu du contexte de ces deux dernières années, il n’en reste pas moins que certains secteurs d’activité apparaissent tout de même particulièrement en difficulté ces derniers mois. C’est notamment le cas des entreprises du commerce de proximité. Les seuils de 2019 sont ainsi atteints pour les magasins multi-rayons (+103% de défaillances par rapport au 3e trimestre 2021), où l’on retrouve des épiceries, des superettes et des supermarchés. Le nombre d’ouvertures de procédures double également dans le sport et loisirs (+109%), ainsi que l’habillement (+109%). Le détail alimentaire (boucherie, poissonnerie, fruits et légumes) non plus n’est pas épargné, avec une hausse de 93% des procédures. Tout comme les salons de coiffure et les instituts de beauté (+94 %)

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Dans la restauration, les chiffres sont encore plus inquiétants, en hausse de 150% en moyenne par rapport à 2021 ! Dans le détail, on note que la restauration assise tire un peu mieux son épingle du jeu (+124%), tout comme les débits de boissons (+134%), alors que la hausse est très prononcée dans la restauration rapide (+209%).

Évolution du nombre de défaillances d’entreprises en France sur 10 ans

défaillances entreprises sur 10 ans

Des régions plus impactées que d’autres

Sur le plan régional, des disparités importantes apparaissent également, notamment dans les Hauts-de-France, où les ouvertures de procédure ont plus que doublé (+116% par rapport au 3e trimestre 2021) et dépassent désormais le niveau du 3e trimestre 2019 (875 vs 828). La Corse, qui avait plutôt été épargnée par les faillites jusqu’à présent, compte 54 entreprises en défaillance ce 3e trimestre 2022, contre 21 un an plus tôt, soit une augmentation de +157% ! Quatre autres régions enregistrent une augmentation de plus de 80% : l’Occitanie (+91,1%), l’Auvergne-Rhône-Alpes (+87,2%), les Pays-de-la-Loire (+86,5%) et la Normandie (+82,1%). En Nouvelle-Aquitaine, Ile-de-France et Grand Est, l’évolution du nombre de défaillances est plus maitrisée, comprise entre 58 et 59%.

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Carte d’évolution des défaillances par région au 3ème trimestre 2022

Faillites entreprises 2022

Seule la PACA se démarque véritablement au niveau régional, avec des défauts en augmentation de 31% en août et sous les 5% en septembre. Dans ces conditions, sur trois mois, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur contient l’augmentation à « seulement » 37 %.

Quid des mois à venir ?

Face à la dégradation de la conjoncture, en raison notamment de la flambée des prix, le cabinet Altares se montre assez pessimiste quant à l’évolution de la situation dans les mois à venir. « L’hypothèse d’un volume de défaillances d’entreprises contenu sous la barre symbolique des 40 000 en 2022 reste à ce stade plausible mais compromise. Le risque de pénurie d’énergie et l’envolée des prix complexifient fortement l’équation budgétaire des prochains mois pour de très nombreuses entreprises, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité », analyse Thierry Millon, directeur des études chez Altares. D’autant qu’au-delà des factures qui flambent, s’ajoute la problématique du remboursement des dettes (classiques et/ou PGE) ou auprès des Urssaf.

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Dans ce contexte, Thierry Millon craint qu’en « début d’année prochaine, les tribunaux pourraient retrouver davantage d’assignations déposées par l’organisme en action en recouvrement. La remontée des défaillances d’entreprises qui semble donc bien irréversible se poursuivra en 2023 », conclut-il. Affaire à suivre…

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