« Je ne leur demande pas de reporter, mais d’annuler 3 mois de loyers »

Bruno Le Maire, s’exprimant sur BFMTV, a demandé « aux grands loueurs » de faire un effort. Et, notamment l’annulation de 3 mois de loyers pour les petites entreprises de moins de 10 salariés.

annulation loyers

« Pas de report, mais l’annulation de 3 mois de loyers ». Pour une fois ce ne sont pas les commerçants qui demandent une annulation mais un ministre ! Et pas n’importe lequel, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie. Alors certes il ne s’agit qu’une demande faite à « des grandes foncières ». Des sociétés qui gèrent des milliers de baux, principalement dans les centres commerciaux et qui en grande majorité louent à des chaines de magasins. A priori donc cela ne concerne qu’une partie de « petits commerçants ». Mais sur BFMTV, Bruno Le Maire a répété sa demande « d’effort » à plusieurs reprises. Martelant : « je ne leur demande pas de reporter, mais d’annuler 3 mois de loyers pour les petites entreprises de moins de 10 salariés qui sont aujourd’hui fermées et qui n’ont pas le choix puisqu’elles sont fermées par arrêté ministériel ».

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Et concernant les baux des grandes enseignes, le ministre demande aux foncières d’entrer en négociation avec elles. Afin, dit-il « de voir comment on peut avoir un étalement des loyers ». Des grandes chaines qui ont des succursales, mais aussi des franchisés. Des commerces juridiquement indépendants, considérés comme des TPE de (souvent) moins de 10 salariés. Et qui pourraient potentiellement bénéficier d’une annulation de loyer.

Rappelons d’ailleurs à ce propos que certaines foncières ont déjà adopté des mesures en ce sens. A l’image de Ceetrus, la branche immobilière du groupe Auchan, qui a décidé d’annuler les loyers dus au sein de tous ses centres commerciaux pour la période allant du 15 mars au 15 mai 2020, exception faite pour les commerces qui restent encore ouverts. La SNCF et la Compagnie de Phalsbourg ont également pris des engagements similaires. Des initiatives encore isolées pour le moment, les fédérations de bailleurs se refusant à toute mesure généralisée.

La brèche est ouverte, aux acteurs de négocier

A crise inédite, situation inédite, puisque nous avons un ministre qui martèle qu’il faut annuler les loyers pour les petits commerces, mais qui ne légifère pas ! « Encore des mots, toujours des mots » diront certains. Les bailleurs n’étant pas contraints, les commerçants ne seront pas sûrs d’avoir le dernier mot. Cela-dit, il est difficile de douter de la volonté de Bruno Le Maire de soutenir les entrepreneurs dans ce qu’il convient d’appeler un bras de fer qui s’est installé entre propriétaires et bailleurs au fur et à mesure que la crise se prolonge. Et quid des petits propriétaires, dont une partie d’entre eux sont des commerçants justement, et pour qui le bail est le complément d’une maigre retraite ? Faut-il couper la poire en deux, 50/50, ou en trois, avec un tiers pris en charge par l’Etat ? Ce qui est certains c’est qu’une grande majorité de commerçants ne pourront pas payer leur loyer sans aucune rentrée d’argent ! Et que les bailleurs n’ont pas intérêt eux, à se retrouver avec des locaux vides, alors que la crise va durer.

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