Baromètre des commerces de bouche : le recul s’accentue au 2e trimestre 2026
Le chiffre d’affaires des commerces de bouche a reculé en moyenne de 1,80 % au 2e trimestre 2026. Une baisse plus importante qu’en début d’année, mais qui reste moins marquée que celle observée pour l’ensemble du commerce indépendant.

Les commerces de bouche continuent de mieux résister que les autres secteurs, mais ils n’échappent plus au ralentissement de la consommation. C’est en tout cas le constat que l’on peut faire aujourd’hui à la lecture du dernier baromètre d’activité réalisé en partenariat avec Toporder by myPOS, spécialiste de l’équipement informatique pour les commerçants du secteur alimentaire*.
Globalement, et tous secteurs confondus au sein des commerces de bouche, l’activité affiche ainsi un recul moyen de 1,80 % sur la période. La baisse s’est ainsi accentuée après un premier trimestre marqué par un repli limité à 0,30 %. Elle reste néanmoins moins prononcée que celle observée pour l’ensemble du commerce indépendant, dont l’activité a diminué de 3,20 % entre avril et juin.
Découvrez ci-dessous les résultats détaillés du baromètre d’activité des commerces de bouche, secteur par secteur, mais aussi en fonction de la taille de l’entreprise, du type d’emplacement du commerce, ainsi que de la localisation géographique.
*Données issues de l’enquête trimestrielle menée auprès de 1 411 commerçants indépendants des métiers de bouche.
Aucun métier de bouche n’échappe à la baisse
Contrairement au premier trimestre, aucune des activités étudiées n’est parvenue à afficher une progression de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre. Les boucheries-charcuteries et les confiseries-chocolateries enregistrent néanmoins les baisses les plus limitées, avec un recul de 0,90 %.
Les fromageries-crèmeries affichent de leur côté une diminution de 1,60 %, conforme à la moyenne de la filière, tandis que l’activité recule de 1,70 % dans l’alimentation générale et les épiceries fines ou de proximité.
La baisse est plus prononcée pour les poissonneries, à 2 %, et surtout pour les boulangeries-pâtisseries, dont le chiffre d’affaires diminue de 2,10 %. Un résultat qui tranche avec la relative solidité dont le secteur avait fait preuve ces dernières années. Enfin les cavistes enregistrent la moins bonne performance de ce baromètre, avec un recul de 2,30 %. Dans un contexte économique toujours tendu, les achats de vin et de spiritueux, plus facilement reportables, semblent avoir davantage subi les arbitrages des consommateurs.
Évolution du chiffre d’affaires des commerces de bouche au 2e trimestre 2026
| Secteur d’activité | Évolution du chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026 |
|---|---|
| Alimentation générale / Épicerie fine ou de proximité | – 1,70 % |
| Boucherie / Charcuterie | – 0,90 % |
| Boulangerie / Pâtisserie | – 2,10 % |
| Caviste | – 2,30 % |
| Confiserie / Chocolaterie | – 0,90 % |
| Fromagerie / Crèmerie | – 1,60 % |
| Poissonnerie | – 2,00 % |
Les plus petites structures restent les plus fragiles
Comme au premier trimestre, les commerces de bouche sans salarié ont été les plus fortement touchés par la baisse de l’activité. Leur chiffre d’affaires recule en moyenne de 2,40 %, contre une diminution de 2 % pour les entreprises employant moins de cinq salariés.
Le recul devient ensuite moins important à mesure que les effectifs augmentent. Il atteint 1,60 % dans les entreprises comptant entre cinq et dix salariés, 1,10 % dans celles employant entre dix et vingt personnes et 1 % au-delà de vingt salariés. Ces résultats confirment que les structures disposant des effectifs les plus importants parviennent plus facilement à amortir le ralentissement de l’activité.
Évolution du chiffre d’affaires selon l’effectif de l’entreprise au 2e trimestre 2026
| Effectif de l’entreprise | Évolution du chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026 |
|---|---|
| Aucun salarié | – 2,40 % |
| Entreprises de moins de 5 salariés | – 2,00 % |
| Entreprises comptant entre 5 et 10 salariés | – 1,60 % |
| Entreprises comptant entre 10 et 20 salariés | – 1,10 % |
| Entreprises comptant plus de 20 salariés | – 1,00 % |
Les commerces non sédentaires ont davantage souffert de la chaleur
L’emplacement du commerce a de nouveau joué un rôle important dans l’évolution de l’activité. Les commerces de bouche non sédentaires enregistrent ainsi la baisse la plus marquée, avec un recul moyen de 2,60 %. Les températures élevées du mois de juin ont particulièrement pénalisé la fréquentation des marchés, des foires et des autres activités exercées en extérieur.
Pour les mêmes raisons, mais dans une moindre mesure, les commerces situés dans les rues de centre-ville affichent également une diminution importante de leur chiffre d’affaires, à 2,10%, tandis que les galeries marchandes de centre-ville enregistrent un recul de 1,40 %. À l’inverse, les établissements implantés dans les centres commerciaux de périphérie limitent leur recul à 0,90 %. Les zones d’activité commerciale et les retail parks résistent également mieux, avec une baisse de 1,40 %.
Évolution du chiffre d’affaires selon l’emplacement du commerce au 2e trimestre 2026
| Emplacement du commerce | Évolution du chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026 |
|---|---|
| Commerces situés en centre-ville | – 2,10 % |
| Commerces situés dans les centres commerciaux / galeries marchandes de centre-ville | – 1,40 % |
| Commerces situés dans les centres commerciaux de périphérie | – 0,90 % |
| Commerces situés en zones d’activité commerciale ou retail parks | – 1,40 % |
| Commerces non sédentaires : marchés, foires et salons | – 2,60 % |
Les régions touristiques résistent davantage
Dernier focus de ce baromètre, l’analyse des résultats par région confirme la meilleure résistance des territoires ayant bénéficié des ponts du printemps et du démarrage de la saison touristique, même si l’activité reste orientée à la baisse dans l’ensemble du pays. L’Occitanie affiche ainsi le recul le plus limité, à 0,90 %, tandis que la Région Sud et la Nouvelle-Aquitaine figurent également parmi les régions les moins touchées.
À l’inverse, les résultats sont plus difficiles dans le nord, le centre et l’est de la France. Le Grand Est enregistre la baisse la plus importante, à 2,90 %, tandis que les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté figurent également parmi les territoires les plus affectés.
Évolution du chiffre d’affaires par région au 2e trimestre 2026
| Région | Évolution du chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026 |
|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | – 2,00 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | – 2,40 % |
| Bretagne | – 1,40 % |
| Centre-Val de Loire | – 2,30 % |
| Grand Est | – 2,90 % |
| Hauts-de-France | – 2,70 % |
| Île-de-France | – 1,70 % |
| Normandie | – 1,40 % |
| Nouvelle-Aquitaine | – 1,20 % |
| Occitanie | – 0,90 % |
| Pays de la Loire | – 2,10 % |
| Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur | – 1,00 % |
| Corse | – 2,20 % |
L’analyse de la rédaction de l’echommerces
« Après avoir limité la baisse de leur chiffre d’affaires à 0,30 % au premier trimestre, les commerces de bouche ont subi un ralentissement plus marqué entre avril et juin 2026. Leur activité a ainsi reculé en moyenne de 1,80 % au cours de ce deuxième trimestre. Cette évolution reste moins défavorable que celle de l’ensemble du commerce indépendant, en baisse de 3,20 %, mais elle confirme que la contraction de la consommation touche désormais aussi les achats alimentaires de proximité.
Aucune des activités étudiées n’est ainsi parvenue à maintenir son chiffre d’affaires. Les boucheries-charcuteries et les confiseries-chocolateries demeurent les plus résistantes, tandis que les boulangeries-pâtisseries, les poissonneries et surtout les cavistes subissent des reculs plus importants. Le caractère essentiel des achats alimentaires continue de protéger partiellement la filière, mais il ne suffit plus à compenser les arbitrages opérés par les Français.
Les écarts observés selon la taille des entreprises et leur implantation confirment également les tendances de fond du commerce indépendant. Les structures sans salarié, les commerces non sédentaires et les établissements de centre-ville restent les plus exposés. À l’inverse, les entreprises employant davantage de salariés et les commerces implantés dans les centres commerciaux de périphérie parviennent mieux à amortir le recul de la fréquentation. Leur meilleure résistance ne préserve toutefois pas leur rentabilité, toujours fragilisée par le poids croissant des charges fixes.
Après un premier semestre en retrait, le troisième trimestre sera donc déterminant pour les commerçants, qui devront compter sur la fréquentation touristique et la consommation estivale pour tenter de rattraper une partie du retard accumulé depuis le début de l’année. Réponse dans le prochain baromètre. »
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