La flambée des carburants accentue la pression sur les commerçants

Les prix à la pompe atteignent de nouveaux sommets, avec un gazole à 2,37 euros le litre en moyenne en France. Pour les commerçants, cette flambée pèse sur leurs charges, mais surtout sur les habitudes d’achat de leurs clients.

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Après une saison estivale peu porteuse dans de nombreux secteurs, beaucoup de professionnels espéraient voir l’activité retrouver un peu de dynamisme à la rentrée. Mais la nouvelle flambée des carburants vient une nouvelle fois contrarier ces espoirs. Ce jeudi 17 septembre, le gazole a en effet atteint 2,37 euros le litre en moyenne en France, dépassant son précédent pic du printemps. L’essence reste elle aussi à des niveaux très élevés, avec un SP95-E10 autour de 2,16 euros et un SP98 à 2,26 euros.

La pression s’est toutefois un peu relâchée ces dernières heures sur les marchés pétroliers. Le pétrole a reculé, notamment après la mise sur le marché de cargaisons supplémentaires par l’Arabie saoudite via Oman. Mais avec un Brent toujours supérieur à 100 dollars et un marché du diesel particulièrement tendu, rien ne laisse encore présager un retour rapide à la normale à la pompe. Cette nouvelle poussée intervient surtout dans un contexte où les prix des carburants restent durablement élevés depuis plusieurs mois.

Une situation qui pèse sur les coûts des commerçants, mais aussi sur le budget des ménages, qui réduisent déjà certaines dépenses et limitent davantage leurs déplacements pour préserver leur pouvoir d’achat. De quoi exercer une pression supplémentaire sur une consommation déjà particulièrement atone.

Une facture qui grimpe pour les activités les plus exposées

C’est notamment le cas des professionnels qui utilisent régulièrement leur véhicule pour leur activité. Les commerçants ambulants, ceux qui assurent eux-mêmes leurs livraisons ou encore les professionnels qui se déplacent régulièrement pour leurs approvisionnements sont parmi les plus exposés. Lorsque les kilomètres s’accumulent, la hausse à la pompe se répercute rapidement sur les charges. Et dans les territoires ruraux et périurbains, où les distances sont plus importantes, le surcoût est d’autant plus sensible. Stéphane, commerçant sur les marchés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en fait directement l’expérience ces derniers mois. « Le gazole à plus de 2,20 euros tue notre activité. On est obligés de se déplacer très souvent pour notre activité, avec des véhicules qui consomment davantage que la moyenne. Si ça continue comme ça, beaucoup finiront par renoncer à faire certains marchés. »

Si ces professionnels sont les premiers exposés, les effets se diffusent bien au-delà. Grossistes, fournisseurs et transporteurs font eux aussi face à des coûts plus élevés et sont de plus en plus nombreux à les répercuter sur leurs tarifs. Au final, tous les commerçants voient leurs coûts progresser, directement ou indirectement, sous l’effet de cette flambée des carburants. Une augmentation d’autant plus difficile à absorber que les autres charges d’exploitation ont elles aussi fortement progressé ces dernières années, notamment les loyers commerciaux et les dépenses énergétiques liées à l’électricité et au gaz. Dans le même temps, les possibilités de répercuter ces surcoûts sur les prix de vente restent limitées, face à des consommateurs de plus en plus prudents dans leurs achats et davantage tentés de comparer les prix, notamment en ligne.

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Un pouvoir d’achat encore un peu plus sous pression

Au-delà de l’augmentation de leurs charges, c’est surtout l’évolution du comportement de leurs clients qui inquiète aujourd’hui les commerçants. Et pour cause, face à la hausse du coût des carburants, les ménages réduisent de plus en plus leurs déplacements. Selon le baromètre 2026 de Wimoov, association spécialisée dans les problématiques de mobilité, réalisé en partenariat avec l’institut Ipsos BVA, 48 % des Français déclarent aujourd’hui renoncer à certains déplacements pour faire des économies. La consommation de carburants routiers a d’ailleurs reculé de 6,6 % en août sur un an et de 5 % depuis le début de l’année. Au total, 17 millions de Français sont désormais en situation de « précarité mobilité », soit près d’un adulte sur trois.

Pour les commerces situés dans les territoires ruraux et périurbains, mais aussi plus généralement dans les zones où la voiture reste indispensable pour venir faire ses achats, cette réduction des déplacements pèse directement sur la fréquentation. Léonie, détaillante indépendante en prêt-à-porter féminin et lingerie dans la périphérie d’Orléans, constate ainsi une nette dégradation depuis le début de l’année. « La fréquentation n’était déjà pas très bonne depuis quelque temps, mais cette année c’est encore plus difficile et, depuis la rentrée, c’est vraiment catastrophique. On voit beaucoup moins de clientes entrer en boutique et celles qui viennent font aussi beaucoup plus attention à leurs dépenses. » Un constat qui intervient après un été déjà particulièrement compliqué pour l’habillement. Selon la Fédération Nationale de l’Habillement, le chiffre d’affaires des détaillants indépendants a en effet reculé de 2,4 % en juillet, avant de chuter de 9,8 % en août par rapport à 2025.

Dans ce contexte, la question d’une baisse de la fiscalité sur les carburants revient une nouvelle fois dans le débat. Le gouvernement privilégie pour l’instant des aides ciblées et exclut une baisse générale des taxes, jugée trop coûteuse pour les finances publiques. À l’approche des fêtes de fin d’année, période cruciale pour de nombreux commerçants, l’enjeu est pourtant majeur : éviter que la hausse des dépenses contraintes ne pèse encore davantage sur une consommation déjà fragile.

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