Baromètre d’activité du commerce indépendant au 1er trimestre 2026

Le chiffre d’affaires des commerçants indépendants s’est de nouveau inscrit à la baisse au 1er trimestre 2026, avec un recul moyen de 3,10 %. Un repli plus marqué qu’au trimestre précédent, qui confirme les difficultés persistantes du commerce, malgré des écarts importants selon les secteurs d’activité. Analyse du 1er trimestre 2026.

Baromètre du commerce 1er trimestre 2026
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Les temps restent durs pour les commerçants. C’est en tout cas le constat que l’on peut faire aujourd’hui à la lecture du dernier baromètre d’activité réalisé en partenariat avec la Confédération des Commerçants de France (CDF), et l’ensemble des fédérations de commerçants associées*.

Tous secteurs confondus, l’activité des commerçants indépendants enregistre ainsi un recul moyen de 3,10 % au 1er trimestre 2026. Après un 4e trimestre 2025 déjà difficile (-2,20 %), la tendance s’est donc encore dégradée en ce début d’année. Un bilan trimestriel préoccupant, dans un contexte marqué par la prudence des ménages, la hausse persistante des charges et un environnement international toujours incertain.

Découvrez ci-dessous les résultats détaillés du baromètre d’activité du commerce indépendant, secteur par secteur, mais aussi en fonction de la taille de l’entreprise, du type d’emplacement du commerce, ainsi que de la localisation géographique.

*Données issues de l’enquête trimestrielle menée auprès de 5 712 commerçants indépendants.

Des secteurs qui résistent encore…

Si l’activité du commerce indépendant est restée globalement orientée à la baisse au 1er trimestre 2026, certains secteurs sont néanmoins parvenus à limiter le recul, voire à maintenir une légère progression. C’est notamment le cas des métiers de bouche, qui continuent d’afficher une meilleure résistance que la moyenne du commerce indépendant.

Les boucheries-charcuteries enregistrent ainsi la meilleure performance de ce baromètre, avec une hausse de 1,40 % sur le trimestre. Une progression qui confirme la solidité de certaines activités alimentaires de proximité, encore portées par la fidélité de leur clientèle et par des achats plus réguliers. Les commerces d’alimentation générale limitent également la baisse, avec un recul très modéré de 0,20 %, tandis que les boulangeries-pâtisseries s’inscrivent en léger repli (-0,60 %). Les commerces alimentaires ne sont donc pas épargnés par le ralentissement, mais ils demeurent globalement moins exposés que les secteurs dépendants des achats plaisir ou des dépenses non essentielles.

Parmi les autres secteurs qui résistent, l’hôtellerie (+0,40 %), le tourisme (+0,20 %) et la téléphonie / informatique / jeux vidéo (+0,30 %) parviennent encore à afficher une légère progression. Même constat pour la pharmacie et parapharmacie (+0,20 %), portée par une demande structurellement plus stable.

Les secteurs du commerce qui résistent le mieux au 1er trimestre 2026

Secteur d’activitéÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Boucherie / Charcuterie+1,40 %
Hôtellerie+0,40 %
Confiserie / Chocolaterie+0,40 %
Téléphonie / Informatique / Jeux vidéo+0,30 %
Tourisme+0,20 %
Pharmacie / Parapharmacie+0,20 %
Alimentation générale-0,20 %
Fromagerie-0,30 %
Poissonnerie-0,40 %
Agences immobilières-0,60 %
Boulangerie / Pâtisserie-0,60 %
Librairie-0,70 %
Caviste-0,80 %
Opticien-0,90 %
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… Et d’autres qui voient leur activité chuter plus fortement

À l’inverse, plusieurs secteurs subissent de plein fouet la contraction de la consommation et la baisse de fréquentation observée dans de nombreux territoires. C’est notamment le cas de la restauration, qui demeure l’un des points les plus préoccupants de ce baromètre. Le secteur des cafés, bars et restaurants accuse ainsi la plus forte baisse du trimestre, avec un recul moyen de 6,70 %. Une chute qui confirme les difficultés déjà observées ces derniers mois. Fréquentation plus irrégulière, arbitrages budgétaires des ménages, hausse des charges, pression sur les marges : de nombreux établissements restent pris dans une équation économique particulièrement difficile. es snacks et pizzerias suivent la même tendance, mais limitent davantage la casse avec un repli de 2,80 %. Une baisse qui reste toutefois significative, dans un secteur pourtant souvent considéré comme plus accessible en période de tension sur le pouvoir d’achat.

Autre secteur très fragilisé : la mode. Les commerces de prêt-à-porter, lingerie, chaussures, accessoires et maroquinerie enregistrent un recul moyen de 5,60 % au 1er trimestre 2026. Le secteur continue de pâtir d’un arbitrage défavorable des ménages sur les achats d’équipement de la personne, mais aussi d’une concurrence toujours plus forte des plateformes en ligne et de l’ultra-fast fashion.

Les boutiques de mode ne sont toutefois pas les seules à connaître une baisse marquée de leur activité. La bijouterie-horlogerie recule de 4,80 %, les commerces d’arts de la table, décoration et droguerie de 4,60 %, tandis que les antiquités, brocantes et galeries d’art affichent une baisse de 4,20 %. Des secteurs particulièrement exposés à la prudence des ménages sur les achats non essentiels.

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Les professions de services de proximité ne sont pas épargnées non plus. Les salons de coiffure enregistrent une baisse de 3,80 %, l’esthétique et le bien-être reculent de 3,70 %, tandis que les établissements de tatouage et piercing affichent une diminution de 4,90 %. Même constat difficile pour les fleuristes, avec un recul de 4,60 %.

Les secteurs du commerce en baisse au 1er trimestre 2026

Secteur d’activitéÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Cafés / Bars / Restaurants-6,70 %
Mode (Prêt-à-porter / Lingerie / Chaussure / Accessoires / Maroquinerie)-5,60 %
Tatouage / Piercing-4,90 %
Bijouterie / Bijoux fantaisie / Horlogerie-4,80 %
Arts de la table / Décoration / Droguerie-4,60 %
Fleuriste-4,60 %
Antiquité / Brocante / Galerie d’art-4,20 %
Coiffure-3,80 %
Esthétique / Bien-être-3,70 %
Snack / Pizzeria-2,80 %
Cigarette électronique-2,10 %
Buraliste / Presse / Tabac-1,60 %
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Les petites structures toujours en difficulté

Comme observé déjà l’an passé, plus la structure est petite, plus le choc est rude. Les commerces sans salarié accusent ainsi le repli le plus marqué, avec une chute moyenne de 4,50 % de leur chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026. Les entreprises de moins de cinq salariés suivent la même trajectoire et affichent elles aussi une baisse importante de leur activité (-3,50 %). Ces commerces, souvent très dépendants de leur clientèle locale, disposent de marges de manœuvre plus limitées pour absorber la baisse de fréquentation, la hausse des coûts et la prudence des consommateurs.

Les commerces de taille intermédiaire résistent davantage, même s’ils restent eux aussi orientés à la baisse. Les entreprises comptant entre cinq et dix salariés enregistrent un recul de 2,30 %, tandis que celles employant entre dix et vingt salariés limitent la baisse à 2,10 %. À l’inverse, les entreprises de plus de vingt salariés font preuve d’une certaine résilience relative, avec un recul de 2,40 %. Une baisse notable, mais plus contenue que celle observée dans les plus petites structures.

Évolution du chiffre d’affaires selon l’effectif de l’entreprise au 1er trimestre 2026

Effectif de l’entrepriseÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Aucun salarié-4,50 %
Entreprises de moins de 5 salariés-3,50 %
Entreprises comptant entre 5 et 10 salariés-2,30 %
Entreprises comptant entre 10 et 20 salariés-2,10 %
Entreprises comptant plus de 20 salariés-2,40 %
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Les centres commerciaux limitent la casse

L’analyse de l’activité montre, une nouvelle fois, que l’emplacement joue un rôle déterminant. Les commerces implantés en centres commerciaux et galeries marchandes, qu’ils soient situés en centre-ville ou en périphérie, amortissent mieux le choc que les commerces de centre-ville traditionnels. Grâce à leur capacité à capter des flux de clientèle plus réguliers, les centres commerciaux de périphérie affichent ainsi une baisse plus contenue (-2,10 %). Les commerces situés dans les centres commerciaux et galeries marchandes de centre-ville reculent également de façon plus limitée (-2,40 %).

Les commerces de centre-ville pâtissent en revanche d’une fréquentation plus irrégulière, mais aussi de difficultés d’accès et de stationnement dans certains territoires. Ils enregistrent un recul moyen de 3,80 %, soit une baisse plus marquée que la moyenne globale du commerce indépendant.

Même constat difficile pour le commerce non sédentaire, présent sur les marchés, foires et salons, qui affiche une baisse de 3,40 % au 1er trimestre 2026. Les zones d’activité commerciale et retail parks limitent davantage le recul, sans pour autant échapper à la tendance générale (-2,70 %).

Évolution du chiffre d’affaires selon l’emplacement du commerce au 1er trimestre 2026

Emplacement du commerceÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Commerces situés en centre-ville-3,80 %
Commerces situés dans les centres commerciaux / galeries marchandes de centre-ville-2,40 %
Commerces situés dans les centres commerciaux de périphérie-2,10 %
Commerces situés en zones d’activité commerciale ou retail park-2,70 %
Commerces non sédentaires (marchés, foires, salons)-3,40 %
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De fortes disparités régionales

Dernier focus de ce baromètre l’echommerces/CDF, l’analyse des chiffres par régions confirme que les écarts territoriaux restent très marqués au 1er trimestre 2026. Les régions littorales et à forte composante touristique amortissent globalement un peu mieux le choc, même si elles ne sont pas épargnées par le ralentissement de l’activité. La Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche ainsi la baisse la plus contenue (-2,10 %), devant l’Île-de-France (-2,20 %), la Nouvelle-Aquitaine (-2,70 %) et la Normandie (-2,80 %). L’Occitanie reste également proche de la moyenne nationale, avec un repli de 3 %.

En revanche, le constat est plus rude pour plusieurs territoires du nord, du centre et de l’est du pays. Les Hauts-de-France enregistrent une baisse de 4,20 %, le Centre-Val de Loire de 4,10 %, la Bourgogne-Franche-Comté de 3,80 % et les Pays de la Loire de 3,60 %. La Corse affiche également un recul marqué (-4,30 %), dans un début d’année traditionnellement moins porteur pour certaines activités saisonnières.

Évolution du chiffre d’affaires par région au 1er trimestre 2026

RégionÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Auvergne-Rhône-Alpes-3,50 %
Bourgogne-Franche-Comté-3,80 %
Bretagne-3,20 %
Centre-Val de Loire-4,10 %
Grand Est-3,30 %
Hauts-de-France-4,20 %
Île-de-France-2,20 %
Normandie-2,80 %
Nouvelle-Aquitaine-2,70 %
Occitanie-3,00 %
Pays de la Loire-3,60 %
Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur-2,10 %
Corse-4,30 %
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L’analyse de la rédaction de l’echommerces

« Le 1er trimestre 2026 confirme la dégradation de l’activité pour les commerçants indépendants, avec un recul moyen du chiffre d’affaires de 3,10 %. Cette baisse intervient dans un climat économique et international toujours instable, marqué par un regain de tensions inflationnistes qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages et freine les dépenses de consommation. Après un 4e trimestre 2025 déjà difficile, le début d’année ne permet donc pas, à ce stade, d’entrevoir une amélioration durable.

Le grand écart sectoriel perdure. Les commerces alimentaires et certains métiers de bouche confirment leur meilleure résistance, portés par une demande plus régulière et une relation de proximité avec leur clientèle. L’hôtellerie et le tourisme tirent aussi leur épingle du jeu, mais de façon beaucoup plus modérée que lors des précédents trimestres. À l’inverse, la restauration demeure le maillon faible de ce début d’année. La mode, la décoration, la bijouterie, les fleuristes et certains services de proximité subissent, eux aussi, un recul significatif.

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L’analyse structurelle confirme les tendances de fond : les petits commerces restent les plus exposés, contrairement aux structures plus importantes, qui amortissent mieux le choc. Côté emplacement, le centre-ville souffre davantage que les galeries marchandes et les centres commerciaux de périphérie. Enfin, la fracture territoriale se maintient, opposant des régions littorales ou touristiques plus résilientes à des territoires du nord, du centre ou de l’est plus en difficulté.

Rappelons que ces données consolidées sont des moyennes nationales. La réalité du terrain est souvent plus contrastée : au sein d’un même secteur ou d’une même ville, certains commerçants parviennent encore à stabiliser leur activité quand d’autres voient leur chiffre d’affaires reculer beaucoup plus nettement.

Pour le deuxième trimestre 2026, quelques signaux positifs peuvent toutefois subsister. La perspective d’une bonne saison estivale pourrait soutenir certains territoires et redonner un peu d’air aux activités liées au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration ou aux commerces implantés dans les zones littorales. Mais cette amélioration restera largement conditionnée à une accalmie sur le plan international, à une stabilisation des prix et à un regain de confiance des consommateurs. Autant d’éléments qui demeurent, à ce stade, en suspens. »

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