Inflation, consommation, tourisme : quels défis pour les commerçants dans les prochains mois ?

Le retour de l’inflation et les tensions internationales font planer de nouvelles incertitudes sur la consommation et, plus largement, sur la croissance économique. Même si la situation reste loin du choc observé en 2022, les prochains mois pourraient obliger les commerçants à composer avec des clients plus prudents et des coûts toujours plus élevés.

Tourisme France 2026
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Après plusieurs mois d’accalmie, l’inflation repart à la hausse. Même si elle reste très éloignée des pics observés en 2022, cette remontée intervient dans un climat déjà fragilisé par les tensions internationales et une consommation qui peine à retrouver un réel dynamisme. En témoigne la baisse d’activité observée depuis le début de l’année , avec une situation qui s’est encore dégradée en mars. Selon le dernier bilan publié par la fédération du commerce Procos, l’activité a de nouveau reculé de 4,70 % en moyenne sur le mois.

Pour les commerçants, la question n’est donc plus seulement de savoir si les prix vont continuer à augmenter, mais surtout de mesurer dans quelle mesure les ménages vont continuer à réduire ou reporter certaines dépenses. Les Français arbitrent davantage, comparent plus systématiquement les prix et privilégient les achats considérés comme les plus essentiels.

Des consommateurs plus prudents face à la hausse des prix

Jusqu’ici, la Banque de France anticipait une inflation relativement maîtrisée en 2026, autour de 1,30 %, avant une remontée vers 1,80 % en 2027, un niveau qui resterait malgré tout inférieur à l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Mais les dernières tensions géopolitiques ont conduit à revoir ces prévisions à la hausse. Le ministère de l’Économie table désormais sur une inflation moyenne de 1,90 % dès 2026, principalement portée par le rebond des prix du pétrole et du gaz. Les coûts de l’énergie pourraient rester élevés pendant encore plusieurs mois, avec des conséquences directes pour les commerçants. L’électricité, les frais de transport, les coûts logistiques ou encore certaines matières premières augmentent déjà et pèsent sur les marges.

Cette situation crée un effet ciseau pour de nombreux professionnels. D’un côté, les charges augmentent progressivement. De l’autre, les consommateurs restent prudents et réduisent certaines dépenses. Cette combinaison entre hausse des coûts et ralentissement de la demande pourrait devenir particulièrement délicate pour les commerces les plus fragiles. Comme le souligne Xavier Debrun, directeur général en charge des Statistiques à la Banque de France, « une énergie durablement plus chère, combinée à une forte incertitude géopolitique, pourrait freiner la consommation des ménages et l’investissement privé ».

Selon les dernières estimations de l’OFCE, le pouvoir d’achat réel par unité de consommation devrait en effet diminuer de 0,70 % cette année. La croissance française pourrait également être un peu moins dynamique qu’espéré. La Banque de France table désormais sur une progression du PIB de 0,90 % en 2026, contre 1 % auparavant. Dans le même temps, les Français continuent de mettre de côté une part importante de leurs revenus, avec un taux d’épargne toujours élevé, autour de 17 % du revenu disponible. Un niveau historiquement haut, qui traduit les inquiétudes persistantes des ménages dans un contexte international toujours très instable.

Un possible regain du tourisme cet été

Dans ce contexte, le tourisme pourrait toutefois constituer l’un des rares points d’appui pour l’économie française dans les prochains mois. Les tensions géopolitiques modifient déjà les habitudes de voyage dans de nombreuses régions du monde. Certaines destinations du Moyen-Orient, d’Asie ou encore de Méditerranée orientale enregistrent déjà un net recul des réservations. Selon une étude publiée début avril par le comparateur de voyages Kayak, 41 % des Français envisagent de modifier leurs projets de vacances pour l’été 2026. Beaucoup privilégient désormais des destinations plus proches, plus accessibles ou jugées plus sûres.

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Dans ce contexte, la France pourrait tirer son épingle du jeu, même si la concurrence reste forte avec des pays comme l’Espagne ou le Portugal. Malgré tout, l’Hexagone conserve plusieurs avantages : une grande diversité de destinations, un réseau de transport développé et une image de stabilité qui continue de rassurer une partie des voyageurs. Les stations balnéaires, les centres-villes touristiques ou encore certaines villes moyennes à forte dimension patrimoniale pourraient ainsi continuer d’attirer de nombreux visiteurs. Les clientèles asiatiques et américaines, dont le pouvoir d’achat reste élevé, reviennent progressivement depuis la crise sanitaire et devraient de nouveau soutenir une partie de l’activité. La France avait déjà accueilli 102 millions de touristes internationaux en 2025, pour 77,5 milliards d’euros de recettes, soit une hausse de 9 % sur un an. Ces chiffres pourraient encore progresser cette année, si les reports de fréquentation se confirment.

La prudence reste toutefois de mise. Les vacances font souvent partie des premiers postes de dépenses réduits lorsque le budget des ménages se tend. Les Français pourraient continuer à partir, mais en réduisant la durée de leurs séjours et en arbitrant davantage sur l’hébergement, la restauration ou les loisirs. Des premiers éléments de réponse pourraient apparaître dès le mois de mai, qui donne traditionnellement le ton de la saison estivale.

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