Action Cœur de Ville : un acte III en préparation, avec le commerce au cœur des priorités

La poursuite du programme Action Cœur de Ville après les municipales de 2026 se précise. À l’occasion des Rencontres Cœur de Ville, l’État et la Banque des Territoires ont posé les premiers jalons d’un acte III, avec une ambition renforcée en faveur du commerce de proximité, dans un contexte de fragilisation des centres-villes.

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Lancé en 2018, le programme Action Cœur de Ville s’inscrit désormais dans la durée. Initialement prévu pour cinq ans, puis prolongé jusqu’à fin 2026, il sera reconduit au-delà des prochaines élections municipales. « Une nouvelle phase d’Action cœur de ville sera lancée après les élections municipales de mars », a confirmé la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel, Une continuité assumée par l’État, qui entend capitaliser sur les réalisations engagées et adapter le dispositif aux nouveaux enjeux économiques, sociaux et commerciaux des villes moyennes.

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Des moyens financiers conséquents déjà mobilisés

Depuis son lancement, Action Cœur de Ville a mobilisé des moyens financiers importants. La Banque des Territoires, l’un des principaux financeurs du programme, a engagé près de 6,8 milliards d’euros sous forme de prêts, subventions d’ingénierie et investissements. Au total, plus de 11,5 milliards d’euros ont été consacrés à environ 6 500 projets, permettant notamment la rénovation de 280 000 logements et l’accompagnement de plus de 500 locaux commerciaux.

Des investissements qui ont porté leurs fruits et ont permis à de nombreuses villes moyennes de gagner en vitalité commerciale. Pour autant, cette dynamique demeure fragile. Après un regain observé à la sortie de la crise sanitaire, le contexte économique s’est de nouveau tendu, avec une consommation contrainte et une fréquentation en recul dans de nombreux centres-villes.

La concurrence accrue des plateformes en ligne et les difficultés rencontrées par certains secteurs, en particulier l’habillement, et la restauration depuis l’an passé, pèsent sur le tissu commercial local. Cette situation explique la volonté affichée par l’État et les partenaires du programme de prolonger et d’ajuster Action Cœur de Ville, afin de consolider les effets positifs engagés et d’éviter une nouvelle installation durable de la vacance commerciale.

Quatre priorités pour consolider la dynamique des centres-villes

Pour répondre à ces fragilités et prolonger la dynamique engagée, l’acte III d’Action Cœur de Ville reposera sur quatre priorités clairement identifiées. Ces axes structurants doivent permettre de renforcer durablement l’attractivité des centres-villes et de sécuriser leur développement économique et social.

  • Le commerce, qui constitue l’un des piliers de cette nouvelle phase. Face à la recrudescence des fermetures d’enseignes et à la montée de la vacance commerciale, l’objectif est d’agir à la fois sur l’immobilier commercial et sur l’animation des centres-villes. Le renforcement du plan Commerce de la Banque des Territoires, doté de 200 millions d’euros supplémentaires, vise notamment à soutenir les foncières de redynamisation commerciale et à accompagner le déploiement des managers de commerce, chargés de structurer et de dynamiser l’offre locale.
  • Le logement, identifié comme un levier essentiel de revitalisation. La rénovation de l’habitat en centre-ville contribue directement au retour des habitants, à la fréquentation des commerces et à la vitalité économique locale. Les investissements engagés dans la réhabilitation du parc existant doivent se poursuivre afin de renforcer l’attractivité résidentielle des cœurs de ville.
  • La renaturation urbaine, avec pour objectif d’améliorer le cadre de vie et l’usage des espaces publics. La requalification des centres-villes, l’adaptation aux enjeux environnementaux et la place accordée aux mobilités et aux usages quotidiens participent à rendre les centres plus agréables, plus accessibles et plus attractifs, tant pour les habitants que pour les visiteurs.
  • La santé et le grand âge, enfin, constituent un axe structurant du programme. Le développement d’équipements de santé de proximité, de maisons de santé ou de structures dédiées à l’accompagnement du vieillissement répond à des besoins croissants dans les territoires. Ces services renforcent également le rôle des centres-villes comme pôles de services essentiels, en complément de l’offre commerciale.

Un acte III encore à préciser, mais des enjeux clairement identifiés

Si les grandes orientations de l’acte III d’Action Cœur de Ville sont désormais posées, leur déclinaison opérationnelle reste à préciser dans les mois à venir. Une évaluation globale du programme est actuellement menée afin d’en mesurer les effets concrets et d’ajuster les outils existants.

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Pour les commerçants, les prochains arbitrages seront déterminants. L’enjeu est désormais de transformer ces priorités en actions concrètes, capables de consolider la fréquentation, de limiter durablement la vacance commerciale et de soutenir l’activité des commerces de proximité dans un contexte économique toujours contraint. Affaire à suivre.

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