Smic, cotisations patronales… une nouvelle hausse du coût du travail se profile pour les entreprises
Alors que le Smic a déjà connu une importante revalorisation en juin dernier, le gouvernement envisage une nouvelle augmentation avant la fin de l’année. Une perspective qui inquiète les organisations patronales, d’autant que plusieurs mesures du budget 2027 pourraient également entraîner une nouvelle hausse des charges sociales pour les entreprises.

Le coût du travail pourrait encore augmenter dans les prochains mois. Face aux tensions sociales et aux revendications concernant le pouvoir d’achat, le gouvernement étudie la possibilité d’anticiper la prochaine revalorisation du Smic, normalement prévue au 1er janvier 2027. Une hausse qui interviendrait seulement quelques mois après celle du 1er juin 2026, qui a porté le salaire minimum à 1 867,02 euros brut par mois. Depuis janvier 2020, le Smic a ainsi déjà connu 11 revalorisations, pour une progression de 21,3 %.
À cette succession de revalorisations pourrait aujourd’hui s’ajouter un alourdissement des cotisations patronales. Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit en effet plusieurs modifications des allègements dont bénéficient les employeurs. Le Medef, Les Entrepreneurs (ex-CPME) et l’Union des entreprises de proximité (U2P) dénoncent un ensemble de mesures qui pourrait représenter plus de 11 milliards d’euros de surcoût pour les entreprises, soit une moyenne estimée à 550 euros par salarié et par an. De quoi raviver les inquiétudes des professionnels, notamment dans les secteurs du commerce et de la restauration, particulièrement exposés aux évolutions du coût de la main-d’œuvre.
Le gouvernement envisage une nouvelle augmentation du Smic avant 2027
Selon diverses sources gouvernementales, l’exécutif étudie deux possibilités pour augmenter le salaire minimum avant la fin de l’année. La première consisterait à avancer la revalorisation automatique normalement prévue au 1er janvier 2027. Estimée autour de 1 %, soit environ 15 euros nets supplémentaires par mois, cette hausse serait simplement appliquée plus tôt, sans nécessairement entraîner une nouvelle augmentation en janvier. La seconde possibilité serait d’accorder un véritable coup de pouce, avec une hausse supplémentaire décidée par le gouvernement au-delà de la revalorisation légale. Une mesure qui n’a plus été appliquée depuis 2012. À ce stade, aucun montant définitif ni calendrier précis n’ont été annoncés.
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Cette perspective a notamment été évoquée le 24 octobre par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a indiqué qu’une hausse anticipée faisait partie des discussions avec les partenaires sociaux. Du côté des syndicats de salariés, les propositions évoquées sont toutefois jugées insuffisantes. La CFDT réclame notamment une augmentation de 100 euros nets, bien supérieure aux 15 euros actuellement envisagés. À l’inverse, les organisations patronales redoutent les conséquences d’une nouvelle revalorisation sur le coût du travail, d’autant que les entreprises pourraient également être confrontées à une augmentation de leurs charges sociales en 2027.
Évolution du Smic depuis janvier 2020
| Date de revalorisation | Smic horaire brut | Smic mensuel brut | Smic mensuel net estimé |
|---|---|---|---|
| Janvier 2020 | 10,15 € | 1 539,42 € | 1 219 € |
| Janvier 2021 | 10,25 € | 1 554,58 € | 1 231 € |
| Octobre 2021 | 10,48 € | 1 589,47 € | 1 258 € |
| Janvier 2022 | 10,57 € | 1 603,12 € | 1 269 € |
| Mai 2022 | 10,85 € | 1 645,58 € | 1 302 € |
| Août 2022 | 11,07 € | 1 678,95 € | 1 329 € |
| Janvier 2023 | 11,27 € | 1 709,28 € | 1 353 € |
| Mai 2023 | 11,52 € | 1 747,20 € | 1 383 € |
| Janvier 2024 | 11,65 € | 1 766,92 € | 1 399 € |
| Novembre 2024 | 11,88 € | 1 801,80 € | 1 426 € |
| Janvier 2026 | 12,02 € | 1 823,03 € | 1 443 € |
| Juin 2026 | 12,31 € | 1 867,02 € | 1 478 € |
Le patronat redoute une nouvelle hausse des charges qui pénaliserait les entreprises
Et pour cause, plusieurs dispositions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 pourraient encore alourdir la facture des employeurs. Le gouvernement prévoit notamment de prolonger le gel des paramètres utilisés pour calculer les allègements généraux de cotisations patronales, une mesure qui réduirait les exonérations dont bénéficient les employeurs sur les bas salaires. L’intéressement et la participation seraient également intégrés dans la rémunération prise en compte pour calculer ces allègements, comme c’est déjà le cas pour la prime de partage de la valeur.
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Pour les entreprises, et notamment dans le commerce, où une part importante des salariés est rémunérée au Smic ou à un niveau proche, cette accumulation de hausses pourrait directement peser sur les budgets consacrés aux rémunérations et aux recrutements en 2027. C’est précisément ce que dénoncent le Medef, Les Entrepreneurs et l’U2P, qui craignent que ces nouvelles charges compromettent les prochaines augmentations de salaire, le versement de primes et les embauches. Les trois organisations demandent donc au gouvernement et aux parlementaires de renoncer aux mesures prévues sur les cotisations patronales. Pour l’heure, leur adoption reste encore incertaine, tout comme l’ampleur de la prochaine revalorisation du Smic. Affaire à suivre de près.
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