Le commerce est le secteur le plus fiscalisé de l’économie française !
Selon le Conseil national du commerce, les prélèvements obligatoires représentent l’équivalent de 67 % du résultat d’exploitation des entreprises du commerce, contre 44 % en moyenne dans les autres secteurs. Un chiffre qui met en lumière les limites du modèle économique français et relance le débat sur la fiscalité supportée par les commerçants.

Cotisations patronales, impôt sur les sociétés, impôts sur la production, cotisation foncière des entreprises, taxes sectorielles ou contributions diverses… La fiscalité constitue depuis longtemps l’un des principaux sujets de préoccupation des commerçants. Le dernier rapport d’activité du Conseil national du commerce (CNC), instance consultative réunissant les représentants du secteur et les pouvoirs publics, donne une nouvelle mesure du poids de ces prélèvements sur les entreprises.
Selon le document publié le mois dernier, le commerce physique dans sa globalité est aujourd’hui le secteur le plus fiscalisé de l’économie française. Au-delà du niveau d’imposition supporté par les entreprises, le CNC pointe également la complexité du système, composé de plus d’une centaine de taxes auxquelles s’ajoutent des règles de calcul, de déclaration et de paiement souvent différentes.
Une fiscalité qui absorbe les deux tiers du résultat d’exploitation
Le constat dressé par le Conseil national du commerce est particulièrement lourd. Les prélèvements obligatoires représentent l’équivalent de 67 % du résultat d’exploitation des entreprises du commerce, contre 44 % en moyenne dans les autres secteurs. Cette pression fiscale, que l’on peut à ce niveau qualifier de confiscatoire, est ainsi supérieure de plus de 50 % à celle qui pèse sur le reste de l’économie !
Un niveau difficilement soutenable alors même que la rentabilité des entreprises du secteur s’est nettement dégradée ces dernières années. Entre la hausse des loyers, l’envolée des coûts de l’énergie et des matières premières, mais surtout la baisse continue de la fréquentation en point de vente, les commerçants n’ont cessé de voir leurs marges se réduire. Une situation encore accentuée par la progression de la vente en ligne et la concurrence des grandes plateformes extra-européennes, qui réalisent une part importante de leur activité en France tout en y acquittant relativement peu d’impôts.
À cela s’ajoute une forte complexité administrative. Le CNC recense plus d’une centaine de taxes, auxquelles correspondent des règles de calcul, de déclaration et de paiement différentes. Un empilement de prélèvements et de formalités qui rend le système toujours plus illisible et de moins en moins adapté aux réalités économiques du commerce.
Lire aussi : Rémunération ou dividendes : quel choix est le plus avantageux pour un chef d’entreprise ?
Une réforme désormais attendue par les commerçants
Face à ce constat, le groupe de travail du CNC consacré à la fiscalité a réalisé un inventaire complet des taxes supportées par les entreprises du commerce. Ce travail a débouché sur 18 propositions, déclinées en 35 mesures, destinées à simplifier les obligations fiscales et à construire un système plus lisible, sans réduire les recettes de l’État. Chaque taxe recensée a ainsi fait l’objet d’une fiche détaillée et d’une recommandation spécifique.
Ces propositions ont été transmises à la Direction générale des finances publiques, qui s’est déjà prononcée sur une partie d’entre elles. Le rapport définitif doit être publié à l’automne 2026. Reste désormais à savoir si ces travaux permettront seulement de simplifier les démarches ou s’ils ouvriront enfin la voie à une remise à plat plus large de la fiscalité du commerce. Car au regard des niveaux de prélèvements constatés, les professionnels n’attendent pas uniquement un système plus lisible, mais une véritable baisse de la pression qui pèse sur leur activité.
Lire aussi :
Sponsorisés :
Restez informés de l’actu pour les commerçants et indépendants :
Cet article vous a été offert !
Abonnez-vous et soutenez le média qui défend les commerçants indépendants.
Je m’abonne


Ne perdez pas votre budget formation 2026 !
Le meilleur logiciel de caisse en 2026 pour les commerçants
