Croissance à 0,4 %, pouvoir d’achat en baisse, chômage en hausse… les signaux se dégradent pour l’économie française
La France devrait afficher seulement 0,4 % de croissance en 2026, bien moins que ses principaux voisins européens. Dans le même temps, le pouvoir d’achat recule, le chômage progresse et les entreprises freinent leurs investissements.

La France décroche alors que l’activité résiste mieux dans le reste de l’Europe. Dans sa note de conjoncture su mois de septembre, l’Insee prévoit désormais une croissance limitée à 0,4 % sur l’ensemble de l’année 2026, soit environ trois fois moins que chez nos voisins de la zone euro ou au Royaume-Uni. L’institut estime même que la France serait la seule grande économie avancée à connaître un ralentissement significatif de son activité cette année.
Les chiffres du premier semestre illustrent ce coup de frein. Le PIB français a reculé de 0,2 % au premier trimestre avant de stagner au deuxième. Pour la suite, l’Insee n’attend qu’une progression de 0,1 % au troisième trimestre puis de 0,2 % au quatrième. À titre de comparaison, l’activité a progressé de 0,3 % au printemps dans les quatre principales économies de la zone euro (Allemagne, France, Italie et Espagne), et de 0,4 % au Royaume-Uni.
Plusieurs moteurs de l’économie française tournent au ralenti
L’Insee avance plusieurs explications à ce décalage avec les autres pays européens. Plusieurs moteurs qui soutiennent habituellement l’activité française se sont en effet affaiblis au même moment. L’institut relève notamment un net recul des travaux publics, qui ont pesé sur la croissance au premier semestre. Les épisodes de forte chaleur de l’été ont également eu un impact sur l’activité dans de nombreux secteurs, notamment dans le commerce. L’Insee estime leur effet à environ 0,1 point de croissance sur l’ensemble de l’année.
Le marché du travail se dégrade lui aussi davantage qu’ailleurs en Europe, ce qui pèse directement sur la consommation. Dans le même temps, la France dispose de moins de marges budgétaires pour soutenir l’activité. Un cumul de facteurs qui contribue à maintenir la croissance française à un niveau particulièrement faible.
Pouvoir d’achat en baisse et consommation presque à l’arrêt
Au deuxième trimestre, le pouvoir d’achat par unité de consommation a ainsi reculé de 0,6 %, après une baisse de 0,2 % au premier trimestre. Sur l’ensemble de 2026, l’Insee prévoit un recul de 0,4 %. Dans ces conditions, la consommation ne progresserait que de 0,3 % cette année. La confiance des ménages reste faible, avec un indicateur à 86 en août, bien en dessous de sa moyenne historique de 100. Le taux d’épargne reste par ailleurs élevé, à 17,2 % du revenu disponible au deuxième trimestre, signe que les Français continuent de limiter une partie de leurs dépenses.
Sur le front de l’emploi, les perspectives se dégradent également. Le chômage, qui atteignait 8,3 % au deuxième trimestre, pourrait monter à 8,6 % en fin d’année. L’économie française perdrait par ailleurs 52 000 emplois salariés sur l’ensemble de 2026, un nouvel élément susceptible d’entretenir la prudence des Français.
Les entreprises commencent elles aussi à lever le pied
Cette dégradation des principaux indicateurs macroéconomiques freine à son tour les entreprises. L’investissement devrait ainsi reculer de 0,3 % en 2026, après une hausse de 0,7 % l’année précédente. Le dernier baromètre OpinionWay/CCI va dans le même sens. Si 64 % des dirigeants restent confiants dans l’avenir de leur propre entreprise, ils ne sont plus que 15 % à l’être pour l’économie française. Plus de la moitié, 53 %, préfèrent aujourd’hui consolider leur activité plutôt que lancer de nouveaux projets, tandis que 13 % ont reporté des investissements déjà prévus.
Une prudence que l’on retrouve dans les derniers résultats de notre baromètre trimestriel, réalisé en partenariat avec la Confédération des Commerçants de France (CDF) et les fédérations de commerçants associées, auprès de 5 829 professionnels. Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires des commerçants indépendants a reculé en moyenne de 3,2 % par rapport à la même période en 2025, après une baisse de 3,1 % au premier trimestre. Les plus petites structures restent les plus touchées, avec une baisse d’activité de 4,2 % pour les entreprises sans salarié et de 3,5 % pour celles employant entre un et quatre salariés.
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Des résultats d’autant plus préoccupants que la saison estivale n’a pas permis de redresser la barre. Dans l’habillement, le dernier baromètre publié par la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH) fait état d’un recul de 2,4 % du chiffre d’affaires des boutiques indépendantes en juillet, puis d’une chute de 9,8 % en août. Le premier semestre s’était déjà soldé par une baisse des ventes de 4,8 %. Même tendance dans les cafés, hôtels et restaurants, où 63,7 % des établissements interrogés par l’UMIH ont enregistré une baisse de leur chiffre d’affaires sur juillet et août.
Dans ce contexte, la fin de l’année sera particulièrement scrutée par les professionnels. Une reprise, même partielle, de la consommation permettrait de desserrer un peu l’étau après plusieurs mois d’activité dégradée. Mais au regard des indicateurs actuels, rien ne permet encore de miser sur un véritable rebond. Affaire à suivre de près.
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