« Entre la peur du gendarme et la peur de mourir, j’ai fait mon choix »

Les manifestations et les cris d’alarme des commerçants, dont les commerces ont été décrétés à nouveau comme non-essentiels pendant cette seconde période de confinement, se multiplient. L’appel d’Antoine Nori  sur CNEWS à « reprendre son destin en main », interpelle par sa cohérence.

Interview d’Antoine Nori sur CNEWS

« Rouvrons nos commerces le 27 novembre », sous-entendu même si ce n’est pas autorisé, ce nouvel appel à la désobéissance d’un commerçant a le mérite d’être étayé d’arguments recevables, plaiderait un avocat en défense. Surtout, il émane d’un commerçant toulousain ayant “pignon sur rue” depuis deux générations, et que l’on ne pourra pas taxer de ne pas avoir pris le virage du numérique, il suffit de se rendre sur son site internet pour s’en convaincre.

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Antoine Nori pose le constat suivant : depuis le premier reconfinement, les gens ont compris qu’on allait vivre avec le virus, il n’y aura pas le relâchement que l’on a pu connaître à la suite du déconfinement. Les gens qui vont venir dans nos magasins seront masqués du début à la fin, prendront du gel à l’entrée et ne pourront pas contaminer les articles « Ne culpabilisons pas, ce n’est pas nous qui contaminons, on le sait maintenant », relève-t-il. Rappelons qu’à ce jour, aucune étude scientifique ne prouve que l’on se contamine plus dans une boutique de mode, chez un coiffeur, un fleuriste ou dans un institut de beauté, que dans un supermarché.

Ce que l’on sait en revanche, c’est que ces petits commerçants contraints à la fermeture souffrent et même si les aides sont parmi les plus généreuses au monde, pour beaucoup elles ne suffiront pas. Comment gérer des dizaines de milliers d’euros de stocks qui vont rester sur les bras ? Comment payer son loyer quand il manque des mois entiers de chiffre d’affaires, et ce même si le propriétaire consent à un geste. Quand bien même on arrive à tout payer au moyen d’un PGE, avec quelle trésorerie va-t-on pouvoir le rembourser ? Et, à supposer que les ventes reprennent en 2021 ou 2022, ce qui n’est pas certain du tout, il faut compter aussi avec les autres prêts que la plupart des commerçants ont dû consentir avant la crise, soit pour s’installer, se moderniser ou tout simplement « tenir ». Des prêts souvent accordés au moyen de caution(s) personnelle(s) du commerçant. Enfin, même si l’on arrive à reporter les échéances, les commerçants, et certains semblent l’oublier, ont besoin de recevoir un revenu. Car eux aussi ont une famille et des charges fixes !

Appel à la réouverture au 27 novembre

C’est dans ce contexte qu’Antoine Nori appelle ses confrères à reprendre leur destin en main « ouvrir pour sauver nos têtes, entre la peur du gendarme et la peur de mourir, j’ai fait mon choix », avant d’alerter « Il faut arrêter le génocide du petit commerce ». Les mots sont forts, la situation est grave et l’ouverture pour le week-end du 27 novembre n’est plus une option pour des milliers de commerçants : « Je peux vous garantir que ces 3 jours-là peuvent servir à payer un loyer », martèle-t-il, avant de pointer les faiblesses du dispositif d’aide, tout en argumentant sur le côté sanitaire, « plus tôt on ouvrira, plus le flux de client sera fluide dans les centres-villes et moins on aura de cohue. »

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Au sujet du Black Friday, le commerçant toulousain exprime l’opinion de nombreux commerçants : « Le Black Friday ce n’est pas une fin en soi pour les petits commerçants, ce qui pose problème c’est que quand on sera au Black Friday, il ne restera que 3 semaines avant Noël et chaque jour qui va passer sera un jour en moins pour sauver nos entreprises. De toute manière le Black Friday va se faire, il ne faut pas laisser les commerçants en dehors de la danse. », conclut-il.

Faut-il, selon vous, autoriser la réouverture des commerces dits « non essentiels » le 27 novembre ?
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