Hôtellerie-restauration : la saison estivale 2026 déçoit les professionnels
L’été n’a pas permis aux professionnels de l’hôtellerie-restauration de redresser la barre. Selon une enquête de l’UMIH, 63,7 % des établissements ont enregistré une baisse de chiffre d’affaires en juillet et août par rapport à l’été dernier. Pouvoir d’achat, canicule et consommation plus prudente ont fortement pesé sur la saison.

Les difficultés observées avant l’été se sont donc prolongées durant la haute saison. Dans notre baromètre d’activité du commerce indépendant au 2e trimestre 2026, les cafés, bars et restaurants affichaient déjà un chiffre d’affaires en recul de 5 % entre avril et juin. Seule l’hôtellerie se distinguait, avec une progression de 1,10 %, soutenue notamment par les ponts du printemps et le démarrage de la saison touristique.
Les chiffres dévoilés par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) ce 1er septembre montrent que l’été n’a pas véritablement inversé la tendance. Sur les 1 300 professionnels interrogés entre le 27 et le 31 août, 63,7 % déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires sur juillet et août 2026 par rapport à la même période de 2025. À l’inverse, seuls 16,8 % constatent une progression, tandis que 19,5 % font état d’une activité stable.
Des clients toujours présents, mais qui dépensent moins
L’UMIH insiste surtout sur l’évolution des comportements de consommation. Les Français continuent de partir en vacances, de séjourner à l’hôtel et de fréquenter cafés et restaurants, mais ils surveillent davantage leurs dépenses une fois sur place. Les professionnels interrogés évoquent notamment moins de desserts et de boissons commandés, des formules raccourcies ou encore des plats parfois partagés. Sur l’ensemble des réponses recueillies, 726 établissements signalent ainsi une baisse du panier moyen.
La fréquentation elle-même s’est également dégradée. Dès le mois de juillet, 65,2 % des établissements interrogés constataient une fréquentation inférieure à celle de juillet 2025, dont 37,1 % une forte baisse. L’UMIH résume cette évolution par une multiplication des arbitrages. Certains clients continuent de s’offrir leurs vacances ou une sortie au restaurant, tout en réduisant les dépenses annexes. « Ils se font plaisir sur le choix de l’hôtel, mais ont un budget plus serré pour les repas et les extras », témoigne ainsi un professionnel interrogé par l’organisation.
Pouvoir d’achat et canicule ont fortement pesé sur l’activité
Parmi les raisons avancées pour expliquer ce mauvais bilan estival, deux facteurs ressortent très nettement. Le pouvoir d’achat est cité à 860 reprises par les répondants, tandis que les épisodes de canicule le sont à 827 reprises. Les températures élevées ont en effet modifié les habitudes de fréquentation, en particulier lors des services du midi et sur les terrasses.
Dans certains territoires, les incendies de l’été ont ajouté une difficulté supplémentaire, avec des restrictions d’accès, des annulations et, ponctuellement, des interruptions temporaires d’activité.
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Une activité de plus en plus difficile à anticiper
Autre évolution relevée par l’enquête, les professionnels disposent de moins en moins de visibilité sur leur activité. Pas moins de 474 répondants signalent une progression des réservations de dernière minute. La fréquentation devient également plus irrégulière selon les jours et les périodes, ce qui complique l’organisation des équipes, des achats et des plannings. Une situation particulièrement problématique dans des métiers où les effectifs et les approvisionnements doivent souvent être anticipés plusieurs jours, voire plusieurs semaines à l’avance.
Face à ces résultats, Thierry Marx, président confédéral de l’UMIH, estime que la situation dépasse désormais les difficultés rencontrées ponctuellement par certains territoires. « Quand près de deux entreprises sur trois perdent du chiffre d’affaires en pleine saison estivale, ce n’est plus un accident local. C’est un signal économique majeur. Nos professionnels ne peuvent pas continuer à absorber seuls la baisse de consommation, les aléas climatiques et la hausse permanente de leurs charges », alerte-t-il.
L’UMIH demande ainsi que la situation économique des entreprises du secteur soit rapidement prise en compte, en particulier pour les établissements les plus fragiles et ceux fortement affectés par les épisodes climatiques de l’été. Après un deuxième trimestre déjà compliqué pour les cafés, bars et restaurants, les résultats de juillet et août confirment en tout cas que la saison touristique n’aura pas suffi à redonner de l’air à une large partie de la profession. Pour les établissements concernés, l’enjeu de cette rentrée sera donc de retrouver du chiffre d’affaires tout en préservant des marges déjà fortement sous pression.
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