Restauration chaînée : un marché à 25,5 milliards d’euros, mais une fréquentation en recul
Selon la dernière étude de Food Service Vision, la restauration chaînée a franchi un nouveau cap en France, avec 25,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Pour autant, cette progression tient moins à une hausse du nombre de clients qu’à l’ouverture de nouveaux points de vente et à la hausse des prix.

La restauration chaînée continue de gagner du terrain en France. D’après l’édition 2026 de la Revue Chaînes publiée par Food Service Vision, le secteur a dépassé l’an passé la barre symbolique des 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un niveau qui confirme la place désormais centrale des enseignes dans le paysage de la restauration commerciale.
En un an, le chiffre d’affaires de la restauration chaînée a progressé de 3 %. Par rapport à 2019, la hausse atteint même 35 % ! Derrière cette dynamique, Food Service Vision observe surtout un effet de structure. Le nombre de points de vente a fortement augmenté ces dernières années, passant de 17 000 en 2021 à 20 796 en 2025. Dans le même temps, la fréquentation recule de 2 %, signe que la croissance du marché ne repose pas sur une augmentation du trafic. « En 2025, la croissance est portée par l’effet parc (le chiffre d’affaires par point de vente est resté stable) et par l’inflation des cartes », confirme Food Service vision.
La restauration rapide reste le moteur du marché
Dans ce paysage, la restauration rapide reste très largement dominante. Elle représente 66 % du chiffre d’affaires de la restauration chaînée, une part stable depuis trois ans. Le segment continue donc de concentrer l’essentiel de l’activité, porté par des formats accessibles, rapides et adaptés aux nouveaux rythmes de consommation.
À l’inverse, la restauration à table marque le pas. Sa part de marché est passée de 23 % à 21 % depuis 2023, tandis que son chiffre d’affaires n’a pas progressé en 2025. Un recul relatif qui confirme les difficultés d’un modèle plus dépendant du service à table, du temps passé sur place et d’un panier moyen souvent plus élevé.
La boulangerie-pâtisserie chaînée continue, elle, de gagner du terrain. Sa part de marché est passée de 11 % à 13 % depuis 2023. Elle profite d’un positionnement à la croisée du snacking, de la pause déjeuner et de l’achat du quotidien, dans un marché où les formats rapides et accessibles restent les mieux orientés. Ce dynamisme confirme aussi la place prise par les enseignes de boulangerie dans la restauration commerciale, bien au-delà de la seule vente de pain ou de viennoiseries.
Le burger reste incontournable, mais les offres se diversifient
Côté segments, le hamburger reste le leader incontesté de la restauration chaînée, avec 9,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il devance la boulangerie-pâtisserie, qui atteint 3,3 milliards d’euros, la viennoiserie-sandwicherie, à 1,4 milliard, le fast-food poulet, à 1,2 milliard, et le grill, à 1 milliard.
Cette hiérarchie reste relativement stable. Mais elle n’empêche pas les enseignes de faire évoluer leurs cartes pour capter de nouveaux moments de consommation et répondre à des attentes plus variées. « Cette stabilité n’empêche pas les enseignes de poursuivre des stratégies d’élargissement de l’offre en proposant des goûts nouveaux et exotiques, de nouvelles recettes crousty, des offres végétariennes plus gourmandes ou des mini-portions », souligne Food Service Vision.
Cette diversification se retrouve aussi dans les segments les plus dynamiques. Les recettes dites « crousty », qui misent sur des produits plus croustillants, souvent panés, frits ou travaillés autour de la texture, affichent ainsi une progression de 88 %. Elles devancent la crêpe, en hausse de 53 %, et les cookies, en progression de 32 %. Des formats qui répondent à une même logique : proposer des produits faciles à consommer, identifiables, souvent ludiques, et adaptés à des moments de consommation plus courts ou plus fractionnés.
Un marché qui attire les investisseurs et les enseignes étrangères
La restauration chaînée se transforme aussi sous l’effet des opérations de rachat et de consolidation. Food Service Vision cite notamment l’acquisition de l’enseigne lyonnaise Les Burgers de Papa par BChef, ou encore celle de Street Bangkok par Bao Family, qui a donné naissance au groupe Asian Club. Le marché français reste d’ailleurs très attractif pour les concepts venus de l’étranger, comme en témoignent les arrivées de Wingstop, originaire du Texas, de Tortilla et Chopstik, venus du Royaume-Uni, ou encore de Holy Burek, originaire de Croatie. Autant de signes d’un marché devenu très concurrentiel, où les enseignes cherchent à se différencier par leur concept, leur offre ou leur capacité à occuper de nouveaux créneaux.
Lire aussi : Décryptage : comment l’activité des commerçants a évolué face à la hausse des charges ?
Pour François Blouin, président de Food Service Vision, cette évolution marque un changement d’échelle : « Le marché de la restauration chaînée est hyperactif. Il est devenu une véritable industrie, avec des enjeux de modèle économique, d’attractivité, d’actionnariat, de stratégies de conquête de nouveaux clients, le tout dans un contexte économique complexe ». Une dynamique qui illustre la place prise par les chaînes dans la restauration commerciale, mais aussi la pression concurrentielle à laquelle doivent désormais faire face les acteurs indépendants.
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