Les défaillances d’entreprises de nouveau en hausse au 2e trimestre 2026

Près de 17 500 procédures collectives ont été ouvertes au 2e trimestre 2026, en hausse de 5,4 %. Si le rythme de progression ralentit, les défaillances restent à un niveau très élevé, notamment parmi les plus petites entreprises. Dans le commerce et la restauration, les évolutions demeurent très contrastées selon les activités. Explications et analyse détaillée par secteur et par région.

faillites entreprise 2e trimestre 2026
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Les défaillances d’entreprises continuent de progresser en France. Selon la dernière étude du cabinet Altares, 17 486 procédures collectives ont ainsi été ouvertes au 2e trimestre 2026, soit une hausse de 5,4 % par rapport à la même période l’an dernier. Même si le rythme de progression ralentit, le nombre de défauts reste près de 40 % supérieur aux niveaux observés avant la crise sanitaire. Sur douze mois glissants, la sinistralité atteint désormais 71 600 défaillances.

Dans le détail, les redressements judiciaires progressent de 7,1 %, à 5 546 procédures, tandis que 11 591 entreprises ont directement été placées en liquidation judiciaire, soit près des deux tiers des défaillances enregistrées sur le trimestre. Une proportion qui montre que de nombreuses structures arrivent devant le tribunal avec des difficultés déjà trop importantes pour envisager la poursuite de leur activité. L’impact sur l’emploi recule toutefois de 9,5 %, avec 58 830 postes menacés tout de même. Dans ce contexte, « l’économie française résiste mais s’essouffle », résume Thierry Millon, directeur des études Altares.

Les TPE en première ligne, les PME sous vigilance

Comme lors des précédents trimestres, les TPE concentrent encore l’essentiel des difficultés. Les structures de moins de trois salariés représentent à elles seules 13 185 défaillances, soit 75 % des procédures ouvertes au 2e trimestre. Leur nombre progresse de 8,3 % sur un an, confirmant la fragilité persistante des plus petites entreprises, souvent moins armées pour faire face aux tensions de trésorerie et à la hausse des coûts d’exploitation. Plus de sept sur dix ont d’ailleurs été directement placées en liquidation judiciaire.

La tendance est en revanche plus favorable pour les entreprises de 3 à 19 salariés, qui totalisent 3 769 défaillances, en recul de 3,3 %. La baisse atteint même 9,6 % pour les structures employant entre 10 et 19 salariés.

De leur côté, les entreprises de plus de 20 salariés restent très minoritaires dans les statistiques, avec 532 procédures ouvertes au deuxième trimestre 2026, mais leur nombre progresse de 2,9 % sur un an. Une hausse qui doit néanmoins être nuancée, puisque les liquidations judiciaires directes reculent de 12,2 % dans cette catégorie. La progression concerne donc surtout les procédures de sauvegarde et de redressement judiciaire, qui peuvent encore permettre une poursuite de l’activité ou préparer une éventuelle reprise.

Évolution du nombre de défaillances d’entreprises en France sur 20 ans (Données 12 mois glissants – juin 2006 à juin 2026)

défaillances entreprises sur 20 ans France
En données glissées sur 12 mois, la barre des 71 600 cessations de paiement a été franchie au mois de juin 2026.

Des évolutions très contrastées dans le commerce

Dans le commerce, 3 466 procédures ont été ouvertes au 2e trimestre 2026, soit une hausse limitée à 1,9 % sur un an. Derrière cette progression modérée, les situations varient fortement selon les activités. Les défaillances augmentent de 5,2 % dans les commerces alimentaires spécialisés, avec une situation particulièrement difficile pour les boucheries, où elles bondissent de 18 % et dépassent de nouveau la barre des 100 procédures. Les magasins multi-rayons, qui regroupent notamment les épiceries, supérettes et supermarchés, enregistrent de leur côté une hausse de 3,1 %, principalement portée par les épiceries (+5 %).

Les difficultés ne se limitent pas aux commerces alimentaires. Plusieurs activités de proximité restent également sous forte pression. Les coiffeurs, instituts de beauté et activités de soins corporels totalisent 567 défaillances, en hausse de 14,3 % sur un an. Les activités de réparation enregistrent une progression encore plus forte, de 32,3 %, tandis que les autres services à la personne, parmi lesquels les pressings, le coaching ou les conciergeries, affichent une hausse de 12,9 %.

Tous les secteurs ne suivent toutefois pas la même trajectoire. Si la dégradation reste marquée dans les commerces de sport et de loisirs, où le nombre de procédures bondit de 17,4 %, l’habillement retrouve un peu d’air, avec 243 défaillances au cours du trimestre, soit une baisse de 13,8 %. Une amélioration s’observe également dans le bricolage et l’équipement du foyer (-5,9 %), notamment dans le meuble (-10 %), ainsi que dans les commerces de soin de la personne et d’optique (-5,3 %).

Le secteur CHR reste sous forte pression

Le secteur des cafés, hôtels et restaurants reste lui aussi fortement exposé, avec 2 390 défaillances enregistrées au 2e trimestre 2026, soit une hausse de 9,5 % sur un an. La restauration concentre l’essentiel des procédures, avec 1 969 entreprises défaillantes, en progression de 9,9 %. La restauration traditionnelle reste la plus touchée en volume, avec 997 procédures (+6,4 %), mais la dégradation est encore plus rapide dans la restauration rapide, qui enregistre 907 défaillances (+13,9 %).

La situation se détériore également fortement dans l’hébergement, avec 133 procédures ouvertes, soit une hausse de 41,5 % par rapport au 2e trimestre 2025. Les débits de boissons font en revanche figure d’exception, avec 288 défaillances, en recul de 2,7 % sur un an.

Des régions très inégalement touchées

Si des disparités importantes s’observent sur le plan sectoriel, il en est de même au niveau territorial. La situation est particulièrement préoccupante en Auvergne-Rhône-Alpes, où 2 418 entreprises ont ouvert une procédure collective au 2e trimestre 2026, soit une hausse de 22,9 %. Les Hauts-de-France (+8,5 %) et l’Occitanie (+6,8 %) enregistrent également une progression supérieure à la moyenne nationale.

L’Île-de-France reste de son côté la région la plus touchée en volume, avec 4 305 défaillances, en hausse de 4,8 %. À l’inverse, plusieurs territoires affichent une orientation plus favorable. Le nombre de procédures recule notamment en Corse (-15 %), dans le Centre-Val de Loire (-12,8 %), en Bourgogne-Franche-Comté (-8,8 %), en Normandie (-6,3 %) et en Bretagne (-4,2 %). Des améliorations qui doivent toutefois être relativisées, tant le niveau global des défaillances reste élevé.

Carte d’évolution des défaillances par région au 2e trimestre 2026

défaillances entreprise par région 2026
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De fortes augmentations en Outre-mer

Dans les territoires ultramarins, les défaillances progressent également fortement. La Réunion concentre le plus grand nombre de procédures, avec 330 entreprises défaillantes au 2e trimestre 2026, soit une hausse de 32 % sur un an !

La dégradation est encore plus prononcée en Guadeloupe, où les procédures bondissent de 40,2 %. La Martinique enregistre une hausse de 17,4 % de ses défaillances, tandis que la Guyane progresse de 13,7 %. Enfin Mayotte affiche une hausse de 75 %, mais sur un volume très limité de sept procédures.

défaillances entreprise outre mer 2026
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Quelles perspectives pour les mois à venir ?

Depuis le début de l’année, près de 37 700 entreprises ont fait défaut, soit environ 1 500 de plus qu’au premier semestre 2025. Les deux tiers ont directement été placées en liquidation judiciaire. À ce stade, difficile donc d’envisager une amélioration rapide, alors que la consommation reste faible et que les coûts d’exploitation demeurent élevés. D’autant que, comme l’explique Thierry Millon, directeur des études Altares, « l’économie française s’essouffle. Les prévisions de croissance s’orientent désormais sur un taux de +0,7 %, un scénario incompatible avec un reflux des défaillances d’entreprises. Les épisodes successifs de canicule pourraient encore accentuer le ralentissement en pesant sur la consommation, la productivité et les secteurs particulièrement exposés ».

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Altares estime ainsi que 34 000 à 35 000 nouvelles procédures collectives pourraient être ouvertes au second semestre 2026. Le cabinet souligne également que les difficultés actuelles ne trouvent plus leur origine dans les dispositifs hérités de la crise sanitaire, mais dans une conjoncture qui fragilise directement l’équilibre financier des entreprises. « L’enjeu est moins de développer le business que de préserver les capacités de rebond », poursuit Thierry Millon. Une priorité particulièrement importante pour les commerçants et les petites entreprises, toujours en première ligne face au ralentissement économique.

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