Inflation : pourquoi la hausse des prix pourrait nettement repartir en 2026

Le répit aura été de courte durée : l’inflation reprend de la vigueur en ce début d’année 2026. Poussée par le rebond de l’énergie et les tensions géopolitiques, cette accélération fait craindre une hausse durable des prix, au risque de fragiliser l’équilibre des commerces de proximité.

inflation mars 2026
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Après plusieurs mois de ralentissement, l’inflation donne des signes de reprise en France. Selon les dernières estimations publiées fin mars, la hausse des prix atteint ainsi 1,7 % sur un an, contre 0,9 % en février. Un mouvement encore contenu, mais suffisamment net pour relancer les interrogations sur la trajectoire des prix dans les mois à venir.

Cette évolution survient après une année 2025 placée sous le signe de l’accalmie, l’inflation restant limitée à 0,9 % en moyenne. Le scénario d’une stabilisation durable semblait alors s’installer. Il apparaît aujourd’hui plus fragile.

Un rebond largement tiré par l’énergie

Le principal facteur de cette remontée est clairement identifié : la hausse des prix de l’énergie, sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de la remontée des cours du pétrole. En mars, les prix de l’énergie ont ainsi progressé de 7,3 % sur un an, alors qu’ils reculaient encore de 2,9 % en février. Ce retournement très net explique l’essentiel de l’accélération récente de l’inflation et rappelle le poids central de ce poste dans l’évolution des prix en France.

Des hausses encore limitées sur les autres postes

Au-delà de l’énergie, les autres composantes évoluent de manière plus contrastée. Les prix de l’alimentation continuent eux aussi d’augmenter, mais à un rythme légèrement moins soutenu, à 1,8 % sur un an en mars, après 2 % en février. Les prix du tabac progressent également, à 3,2 % après 3 %.

Les produits manufacturés et les services restent en retrait, avec un repli de 0,6 % sur un an, après – 0,2 % le mois précédent. Si la remontée de l’inflation se concentre pour l’instant sur l’énergie, d’autres catégories de dépenses continuent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages. La dynamique d’ensemble n’en demeure pas moins plus incertaine, avec un risque de diffusion plus large de la hausse des prix dans les prochains mois.

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Un risque de reprise plus marquée en 2026

La perspective d’un rebond plus marqué de l’inflation en 2026 prend corps. La Banque de France privilégie un scénario où la flambée des hydrocarbures resterait éphémère, misant sur un apaisement rapide des tensions internationales. Dans cette hypothèse, l’inflation s’établirait à 1,7 % en 2026, avant de refluer à 1,4 % dès l’année suivante.

L’institution envisage cependant des scénarios plus dégradés, liés à une réduction des flux d’hydrocarbures transitant par le détroit d’Ormuz à hauteur de 40 % ou 60 %. Dans ces cas de figure, la hausse des prix serait nettement plus marquée : l’inflation atteindrait 2,5 % en 2026 dans le scénario défavorable, et pourrait grimper jusqu’à 3,3 % dans le scénario très défavorable. Pour autant, les différents analystes estiment que le choc inflationniste resterait sensiblement moins violent que celui de 2022, au moment de l’invasion de l’Ukraine. Le retour de tensions durables sur les prix en 2026 apparaît toutefois comme un risque à prendre au sérieux.

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