Exclus des aides, les petits commerces en difficulté

Depuis le début de l’année, les commerçants n’ont plus le droit de solliciter le fonds de solidarité. Pourtant, entre le couvre-feu imposé à 18 heures et les appels répétés des pouvoirs publics à limiter au maximum les interactions sociales, l’activité tourne au ralenti…

commerce janvier 2021

Vendredi dernier, quand Jean Castex a annoncé que seuls les centres commerciaux non alimentaires de plus de 20 000 m2 allaient devoir fermer leurs portes, les organisations représentatives du commerce ont fait part d’une certaine forme de soulagement. « Il y a cette forme de soulagement pour tous ceux qui pourront rester ouverts et c’est important, on est en période de soldes », a ainsi immédiatement réagi Yohann Petiot, directeur de l’Alliance du Commerce, qui représente pourtant les grandes enseignes, implantées massivement dans les centres commerciaux.

A Bercy, on se félicite également d’avoir pu trouver un compromis afin d’éviter un nouveau confinement, qui aurait de facto contraint des dizaines de milliers de commerçants à baisser de nouveau le rideau. « Même si l’impact va être important, les commerces de centre-ville vont pouvoir continuer à travailler », se félicite un proche de Bruno le Maire.

Inquiétude sur la fréquentation en centre-ville

Si on peut effectivement se féliciter d’avoir pu éviter, du moins pour le moment, une nouvelle fermeture généralisée des commerces dits “non essentiels”, il n’en reste pas moins que la situation des commerçants reste toujours très préoccupante. Et de plus en plus se posent aujourd’hui la question de l’utilité de rester ouverts. « Je n’aurais jamais pensé dire ça un jour, mais vu le peu de clients que l’on a dans la journée, j’en viens presque à me dire que ce serait peut-être mieux pour nous de fermer, afin de pouvoir bénéficier du fonds de solidarité », reconnaît à demi-mot Karine, gérante d’un salon d’esthétique en Savoie. Un tabou de plus en plus assumé par de nombreux commerçants, qui sans aller nécessairement jusqu’à fermer, estiment que leur situation devrait être davantage prise en considération par les pouvoirs publics. « En fait ce n’est pas que l’on veut fermer, mais il faut aussi nous comprendre, entre le couvre-feu à 18 heures, et nos dirigeants qui répètent en boucle qu’il ne faut plus sortir de chez soi, forcément les clients se font de plus en plus rare. Et aujourd’hui pourtant on ne reçoit aucune aide », se justifie Patrice, à la tête de deux boutiques de prêt-à-porter pour homme, à Bordeaux.

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Un raisonnement que l’on peut comprendre, car si les employeurs du commerce sont toujours indemnisés entièrement pour les salariés placés en chômage partiel, ils ne peuvent plus en revanche solliciter le fonds de solidarité (hormis pour ceux des secteurs S1 et S1 Bis). « Je trouve cette situation assez injuste quand on sait que dans ces secteurs S1 et S1 bis il y a aussi beaucoup d’entreprises dans notre cas, c’est-à-dire qui ne sont pas fermées administrativement mais dont l’activité tourne au ralenti. Pourquoi eux peuvent bénéficier du fonds de solidarité et pas nous », s’interroge Sarah, gérante d’une boutique de chaussure, à Rennes. Un questionnement légitime au vu du contexte, d’autant que Bruno Le Maire a encore récemment martelé que le soutien à l’économie sera « total tant que la pandémie sera là ». Une maxime qui ne semble pourtant plus s’appliquer aux commerces de proximité. Le double discours de l’exécutif sur le sujet est d’ailleurs bien visible, puisque juste avant les déclarations du ministre de l’Economie, son collègue chargé du budget avait annoncé la fin du « quoi qu’il en coûte » en 2021.

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