Baromètre d’activité du commerce indépendant au 3e trimestre 2026

Le chiffre d’affaires des commerçants indépendants a reculé en moyenne de 3,40 % au 3e trimestre 2026. Une nouvelle baisse qui confirme les difficultés persistantes des professionnels, malgré une meilleure résistance de quelques secteurs et des résultats plus favorables dans certaines régions touristiques.

chiffre du commerce au troisième trimestre 2026
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Les temps restent durs pour les commerçants. C’est en tout cas le constat que l’on peut faire aujourd’hui à la lecture du dernier baromètre d’activité du commerce indépendant*, réalisé en partenariat avec la Confédération des Commerçants de France (CDF) et l’ensemble des fédérations de commerçants associées. Tous secteurs confondus, l’activité des commerçants indépendants enregistre ainsi un recul moyen de 3,40 % au troisième trimestre 2026. Après une baisse de 3,20 % au cours des trois mois précédents, le repli s’est donc légèrement accentué entre juillet et septembre.

Les données détaillées de l’enquête montrent que les commerçants ont de nouveau subi les arbitrages de consommation des Français, qui ont réduit ou reporté une partie de leurs dépenses, dans un contexte économique toujours tendu. Si la saison estivale a permis à certaines activités de bénéficier de la fréquentation touristique, les résultats restent très contrastés selon les secteurs et les territoires. La rentrée de septembre n’a pas non plus facilité la situation, avec notamment la flambée des prix des carburants, qui a accentué la pression sur le pouvoir d’achat des ménages, tout en pesant sur leurs déplacements et la fréquentation des commerces. Les épisodes de fortes chaleurs ont également perturbé certaines activités, particulièrement dans la mode. Découvrez ci-dessous les résultats détaillés du baromètre d’activité du commerce indépendant, secteur par secteur, mais aussi en fonction de la taille de l’entreprise, du type d’emplacement du commerce ainsi que de sa localisation géographique.

* Données issues de l’enquête trimestrielle menée auprès de 6 167 commerçants indépendants.

Tous les secteurs ne sont pas orientés à la baisse

Dans un contexte pourtant largement orienté à la baisse, plusieurs activités ont malgré tout réussi à maintenir, voire à développer leur chiffre d’affaires au troisième trimestre. Les commerces de culture, cadeaux et jouets affichent la meilleure performance, avec une progression de 2,10 %. Leur activité a notamment été soutenue par les achats de loisirs et de rentrée, ainsi que par une demande qui reste relativement dynamique pour les produits culturels et les cadeaux. Dans la même lignée, les commerces de téléphonie, d’informatique et de jeux vidéo ont également progressé de 0,70 %. Les pharmacies et parapharmacies affichent de leur côté une hausse plus modérée de 0,40 %.

Les activités touristiques et d’hébergement ont également bénéficié d’un environnement plus favorable. L’hôtellerie enregistre ainsi une hausse de 1,80 %, portée par la fréquentation estivale et les séjours touristiques. Les professionnels du tourisme affichent pour leur part une progression de 1 %. Cette dynamique reste toutefois inégale selon les territoires et les types d’établissements, les destinations les plus fréquentées ayant davantage profité de la saison. Du côté des métiers de bouche, les résultats restent légèrement négatifs pour une grande partie de la filière, mais certaines activités sont parvenues à contenir la baisse. C’est notamment le cas des boucheries-charcuteries, qui enregistrent un recul limité à 0,40 %, et des confiseries-chocolateries, dont l’activité diminue de 0,70 %.

Les secteurs du commerce qui ont le mieux résisté au 3e trimestre 2026

Secteur d’activitéÉvolution du chiffre d’affaires
Culture / Cadeaux / Jouets+2,10 %
Hôtellerie+1,80 %
Tourisme+1,00 %
Téléphonie / Informatique / Jeux vidéo+0,70 %
Pharmacie / Parapharmacie+0,40 %
Librairie-0,30 %
Boucherie / Charcuterie-0,40 %
Confiserie / Chocolaterie-0,70 %
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La mode et la restauration enregistrent les plus fortes baisses

À l’inverse, plusieurs secteurs enregistrent un recul particulièrement marqué au troisième trimestre. Les boutiques de mode indépendantes demeurent les plus durement touchées, avec une baisse moyenne de 8,10 % pour les commerces de prêt-à-porter, de lingerie, de chaussures, d’accessoires et de maroquinerie. Malgré une semaine de soldes supplémentaire au mois de juillet, les ventes n’ont pas suffisamment progressé pour redresser l’activité. Les fortes chaleurs de septembre ont également perturbé le lancement des collections automne-hiver, tandis que les consommateurs ont continué de réduire ou de reporter leurs dépenses d’équipement de la personne.

Les cafés, bars et restaurants affichent également une baisse importante de 5,50 %. Malgré la saison estivale et l’afflux de touristes dans certaines régions, la fréquentation est restée trop irrégulière pour soutenir durablement l’activité. Les clients continuent de se montrer attentifs à leurs dépenses, ce qui pèse à la fois sur le nombre de couverts et sur le montant moyen des additions. Le recul touche également les activités liées à l’équipement de la maison, à la bijouterie et aux soins de la personne. Les commerces alimentaires résistent un peu mieux, mais restent eux aussi orientés à la baisse. Les fromageries, l’alimentation générale, les poissonneries et les boulangeries-pâtisseries affichent ainsi des reculs compris entre 1,30 % et 2,30 %.

Les secteurs du commerce en baisse au 3e trimestre 2026

Secteur d’activitéÉvolution du chiffre d’affaires
Mode : prêt-à-porter / Lingerie / Chaussures / Accessoires / Maroquinerie-8,10 %
Cafés / Bars / Restaurants-5,50 %
Arts de la table / Décoration / Droguerie-5,50 %
Bijouterie / Bijoux fantaisie / Horlogerie-5,30 %
Agences immobilières-4,80 %
Antiquité / Brocante / Galerie d’art-4,50 %
Tatouage / Piercing-3,80 %
Fleuriste-3,70 %
Coiffure-3,10 %
Esthétique / Bien-être-3,10 %
Snack / Pizzeria-2,90 %
Cigarette électronique-2,90 %
Caviste-2,70 %
Poissonnerie-2,30 %
Opticien-2,20 %
Buraliste / Presse / Tabac-2,10 %
Fromagerie-1,80 %
Boulangerie / Pâtisserie-1,50 %
Alimentation générale-1,30 %
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Les entreprises sans salarié accusent le recul le plus marqué

Comme lors des précédents baromètres, les plus petites structures restent les plus touchées par la réduction de l’activité. Le chiffre d’affaires recule ainsi de 4,65 % chez les commerçants sans salarié et de 3,80 % dans les entreprises comptant entre un et quatre salariés. Ces établissements disposent généralement de marges de manœuvre plus limitées pour absorber les variations de fréquentation et les périodes de faible activité, alors même que leurs charges d’exploitation restent élevées.

La baisse devient ensuite moins marquée à mesure que les effectifs augmentent. Elle atteint tout de même 2,90 % dans les entreprises de cinq à dix salariés, 2,40 % dans celles de dix à vingt salariés et 1,75 % au-delà de vingt salariés. Toutes les catégories d’entreprises restent donc touchées par le ralentissement de l’activité, quelle que soit leur taille. Les structures les plus importantes semblent néanmoins mieux résister, notamment grâce à une clientèle parfois plus diversifiée et à des moyens commerciaux plus importants.

Évolution du chiffre d’affaires selon l’effectif de l’entreprise au 3e trimestre 2026

Effectif de l’entrepriseÉvolution du chiffre d’affaires
Aucun salarié-4,65 %
Entre 1 et 4 salariés-3,80 %
Entre 5 et 10 salariés-2,90 %
Entre 10 et 20 salariés-2,40 %
Plus de 20 salariés-1,75 %
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Les commerces non sédentaires et ceux de centre-ville ont davantage souffert

L’emplacement du commerce a également influencé l’évolution de l’activité. Les commerces non sédentaires enregistrent la baisse la plus marquée, avec un recul de 4,10 %. Si certains marchés situés dans les zones touristiques ont bénéficié de la fréquentation estivale, les fortes chaleurs ont continué de peser sur de nombreux professionnels exerçant leur activité en extérieur. Les commerces implantés dans les rues de centre-ville ont aussi été fortement touchés, avec une diminution moyenne de leur chiffre d’affaires de 3,85 %.

À l’inverse, les centres commerciaux de périphérie ont mieux résisté, avec une baisse tout de même chiffrée à 2,30 %, preuve que tous les commerçants ont malgré tout été impactés par le ralentissement de la consommation. Leurs espaces couverts et climatisés ont néanmoins constitué un avantage pendant les périodes de fortes chaleurs, tout en bénéficiant des achats de rentrée. Le recul atteint 2,80 % dans les zones d’activité commerciale et les retail parks, contre 2,90 % dans les centres commerciaux et les galeries marchandes de centre-ville.

Évolution du chiffre d’affaires selon l’emplacement du commerce au 3e trimestre 2026

Emplacement du commerceÉvolution du chiffre d’affaires
Commerces non sédentaires : marchés, foires et salons-4,10 %
Commerces situés en centre-ville-3,85 %
Centres commerciaux et galeries marchandes de centre-ville-2,90 %
Zones d’activité commerciale ou retail parks-2,80 %
Centres commerciaux de périphérie-2,30 %
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Les régions touristiques limitent davantage la baisse

Dernier focus de ce baromètre L’echommerces/CDF, l’analyse des chiffres par région confirme que les écarts territoriaux restent très marqués au troisième trimestre 2026. Si toutes les régions sont en baisse, la Corse limite son recul à 1,40 %, devant l’Occitanie, à 1,60 %, et la Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur, à 1,70 %. La Bretagne affiche également une meilleure résistance, avec une diminution de 1,80 %. Ces territoires ont notamment bénéficié de la saison estivale, qui a permis de soutenir la fréquentation de nombreux commerces, restaurants et établissements touristiques. Cette dynamique n’a toutefois pas suffi à compenser entièrement la faiblesse de la consommation.

À l’inverse, la baisse atteint 4,80 % dans le Grand Est, 4,70 % en Centre-Val de Loire et 4,60 % en Bourgogne-Franche-Comté. Les Hauts-de-France affichent également un recul marqué de 4,50 %, tandis que l’Île-de-France enregistre une diminution de 4,30 %. Entre ces deux extrêmes, les résultats restent négatifs dans toutes les autres régions. Les différences de fréquentation touristique et les habitudes de consommation locales ont ainsi contribué à accentuer les écarts entre les territoires.

Évolution du chiffre d’affaires par région au 3e trimestre 2026

RégionÉvolution du chiffre d’affaires
Auvergne-Rhône-Alpes-3,80 %
Bourgogne-Franche-Comté-4,60 %
Bretagne-1,80 %
Centre-Val de Loire-4,70 %
Grand Est-4,80 %
Hauts-de-France-4,50 %
Île-de-France-4,30 %
Normandie-3,30 %
Nouvelle-Aquitaine-2,40 %
Occitanie-1,60 %
Pays de la Loire-3,90 %
Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur-1,70 %
Corse-1,40 %
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L’analyse de la rédaction de L’echommerces

« Le troisième trimestre 2026 n’a pas permis au commerce indépendant de retrouver davantage de dynamisme. Avec un chiffre d’affaires en recul de 3,40 %, après une baisse de 3,20 % au deuxième trimestre, l’activité continue au contraire de s’éroder. Quelques secteurs parviennent à progresser, notamment dans les activités culturelles et touristiques, mais ils restent trop peu nombreux pour infléchir la tendance générale. La saison estivale a permis de soutenir certains professionnels, sans pour autant entraîner de véritable reprise de la consommation.

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Le principal enseignement de ce baromètre réside surtout dans la persistance des difficultés rencontrées par les mêmes catégories de commerçants. La mode et la restauration enregistrent une nouvelle fois des baisses particulièrement importantes, tandis que les entreprises sans salarié, les commerces non sédentaires et ceux implantés dans les rues de centre-ville apparaissent toujours comme les plus fragilisés. Les fortes chaleurs de septembre ont également accentué les difficultés de plusieurs activités, particulièrement dans l’habillement, mais elles ne suffisent pas à expliquer un recul qui trouve d’abord son origine dans la faiblesse persistante de la consommation. Les régions touristiques ont mieux résisté grâce à la saison estivale, sans toutefois parvenir à échapper à la baisse.

À ces difficultés s’ajoute désormais un climat social particulièrement tendu, marqué notamment par des manifestations à répétition le samedi, une journée pourtant essentielle pour l’activité de nombreux commerces. Au-delà des perturbations et des dégradations observées dans certaines villes, c’est plus généralement un climat d’incertitude et d’inquiétude qui s’installe, peu propice aux déplacements, aux achats et au retour de la confiance des consommateurs. Dans un contexte où les ménages se montrent déjà particulièrement prudents dans leurs dépenses, les commerçants ont plus que jamais besoin de stabilité et de visibilité. Un retour rapide au calme et à l’apaisement apparaît donc essentiel, alors que le quatrième trimestre, avec les fêtes de fin d’année, sera déterminant pour permettre aux professionnels de rattraper au moins une partie du retard accumulé depuis le début de l’année. »

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