Baromètre des commerces de bouche : la baisse se poursuit au 3e trimestre 2026
Le chiffre d’affaires des commerces de bouche a reculé en moyenne de 1,60 % au 3e trimestre 2026. Une baisse moins prononcée qu’au trimestre précédent, mais qui confirme les difficultés persistantes des professionnels, malgré une meilleure résistance que dans les autres secteurs du commerce indépendant.

Les commerces de bouche continuent de mieux résister que les autres secteurs, mais ils restent confrontés à une consommation fragile. C’est en tout cas le constat que l’on peut faire aujourd’hui à la lecture du dernier baromètre d’activité réalisé en partenariat avec Toporder by myPOS, spécialiste de l’équipement informatique pour les commerçants du secteur alimentaire. Globalement, et tous secteurs confondus au sein des commerces de bouche, l’activité affiche ainsi un recul moyen de 1,60 % au troisième trimestre 2026, après une baisse de 1,80 % au cours des trois mois précédents*. Le repli est donc un peu moins prononcé, mais reste bien présent. Il demeure néanmoins inférieur à celui observé pour l’ensemble du commerce indépendant, dont l’activité a diminué de 3,40 % entre juillet et septembre.
Les résultats détaillés montrent que la saison estivale a permis de soutenir certains professionnels, notamment dans les régions touristiques, sans pour autant entraîner de véritable reprise de l’activité. Les consommateurs continuent de se montrer attentifs à leurs dépenses alimentaires, tandis que la flambée des prix des carburants en septembre a accentué la pression sur leur pouvoir d’achat. Les épisodes de fortes chaleurs ont également perturbé certaines activités, particulièrement les commerces non sédentaires. Découvrez ci-dessous les résultats détaillés du baromètre d’activité des commerces de bouche, secteur par secteur, mais aussi en fonction de la taille de l’entreprise, du type d’emplacement du commerce, ainsi que de sa localisation géographique.
* Données issues de l’enquête trimestrielle menée auprès de 1 493 commerçants indépendants des métiers de bouche.
Aucun métier de bouche n’échappe à la baisse
Comme au deuxième trimestre, aucune des activités étudiées n’est parvenue à afficher une progression de son chiffre d’affaires entre juillet et septembre. Les boucheries-charcuteries enregistrent néanmoins la baisse la plus limitée, avec un recul de 0,40 %, contre 0,90 % au trimestre précédent. Les confiseries-chocolateries figurent également parmi les secteurs les plus résistants, avec une diminution de 0,70 %. De leur côté, les commerces d’alimentation générale et les épiceries fines ou de proximité affichent un recul de 1,30 %, tandis que les boulangeries-pâtisseries enregistrent une baisse de 1,50 %.
La situation reste plus difficile pour les fromageries-crèmeries, dont le chiffre d’affaires diminue de 1,80 %, et surtout pour les poissonneries, en recul de 2,30 %. Enfin, les cavistes enregistrent une nouvelle fois la moins bonne performance de ce baromètre, avec une baisse de 2,70 %, après un repli de 2,30 % au deuxième trimestre. Dans un contexte économique toujours tendu, les achats de vin et de spiritueux, plus facilement reportables, semblent continuer de subir les arbitrages des consommateurs. Au total, quatre des sept secteurs étudiés enregistrent une baisse moins marquée qu’au trimestre précédent, tandis que les trois autres voient leur recul s’accentuer.
Évolution du chiffre d’affaires des commerces de bouche au 3e trimestre 2026
| Secteur d’activité | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Alimentation générale / Épicerie fine ou de proximité | -1,30 % |
| Boucherie / Charcuterie | -0,40 % |
| Boulangerie / Pâtisserie | -1,50 % |
| Caviste | -2,70 % |
| Confiserie / Chocolaterie | -0,70 % |
| Fromagerie / Crèmerie | -1,80 % |
| Poissonnerie | -2,30 % |
Les plus petites structures restent les plus fragiles
Comme lors des précédents baromètres, les commerces de bouche sans salarié ont été les plus fortement touchés par la baisse de l’activité. Leur chiffre d’affaires recule en moyenne de 2,25 %, contre une diminution de 1,75 % pour les entreprises employant entre un et quatre salariés. Si ces résultats sont un peu moins défavorables qu’au trimestre précédent, ils montrent néanmoins que les plus petites structures continuent de rencontrer des difficultés importantes, avec des marges de manœuvre souvent limitées pour faire face aux variations de consommation et au poids des charges d’exploitation.
Le recul devient ensuite moins important à mesure que les effectifs augmentent. Il atteint 1,40 % dans les entreprises comptant entre cinq et dix salariés, 1,05 % dans celles employant entre dix et vingt personnes et 0,70 % au-delà de vingt salariés. Ces résultats confirment que les structures disposant des effectifs les plus importants parviennent généralement mieux à amortir le ralentissement de l’activité, notamment grâce à une organisation plus développée et à une clientèle parfois plus diversifiée. Pour autant, aucune catégorie d’entreprise ne parvient à échapper à la baisse.
Évolution du chiffre d’affaires selon l’effectif de l’entreprise au 3e trimestre 2026
| Effectif de l’entreprise | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Aucun salarié | -2,25 % |
| Entreprises de moins de 5 salariés | -1,75 % |
| Entreprises comptant entre 5 et 10 salariés | -1,40 % |
| Entreprises comptant entre 10 et 20 salariés | -1,05 % |
| Entreprises comptant plus de 20 salariés | -0,70 % |
Les commerces non sédentaires restent les plus touchés
L’emplacement du commerce a de nouveau joué un rôle important dans l’évolution de l’activité. Les commerces de bouche non sédentaires enregistrent ainsi la baisse la plus marquée, avec un recul moyen de 2,60 %. Si certains marchés situés dans les zones touristiques ont bénéficié de la fréquentation estivale, les épisodes de fortes chaleurs ont continué de pénaliser de nombreux professionnels exerçant leur activité en extérieur. Les commerces implantés dans les rues de centre-ville affichent également une diminution importante de leur chiffre d’affaires, à 1,90 %. Les habitudes de consommation des Français, toujours plus attentifs à leurs dépenses, ont continué de peser sur ces établissements, qui dépendent fortement de la fréquentation de proximité.
À l’inverse, les commerces de bouche situés dans les centres commerciaux de périphérie limitent leur recul à 0,60 %. Ces établissements ont notamment pu bénéficier d’une fréquentation plus régulière, favorisée par leurs espaces couverts et climatisés pendant les périodes de fortes chaleurs. Les galeries marchandes de centre-ville affichent de leur côté une baisse de 1,10 %, tandis que les zones d’activité commerciale et les retail parks enregistrent un recul de 1,20 %. Des résultats qui confirment que tous les types d’implantations restent concernés par la faiblesse de la consommation, même si les écarts demeurent importants selon les emplacements.
Évolution du chiffre d’affaires selon l’emplacement du commerce au 3e trimestre 2026
| Emplacement du commerce | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Commerces situés en centre-ville | -1,90 % |
| Commerces situés dans les centres commerciaux / galeries marchandes de centre-ville | -1,10 % |
| Commerces situés dans les centres commerciaux de périphérie | -0,60 % |
| Commerces situés en zones d’activité commerciale ou retail parks | -1,20 % |
| Commerces non sédentaires : marchés, foires et salons | -2,60 % |
Les régions touristiques résistent davantage
Dernier focus de ce baromètre, l’analyse des résultats par région confirme une nouvelle fois la meilleure résistance des territoires ayant bénéficié de la fréquentation touristique durant l’été, même si l’activité reste orientée à la baisse dans l’ensemble du pays. L’Occitanie et la Corse affichent ainsi les reculs les plus limités, à 0,70 %, tandis que la Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur enregistre une diminution de 0,90 %. La Nouvelle-Aquitaine figure également parmi les régions les moins touchées, avec une baisse de 1 %, devant la Bretagne et la Normandie, toutes deux en recul de 1,20 %. Ces territoires ont notamment pu compter sur la présence des vacanciers pour soutenir l’activité des commerces alimentaires de proximité.
À l’inverse, les résultats sont plus difficiles dans le nord, le centre et l’est de la France. Le Grand Est enregistre la baisse la plus importante, à 2,75 %, tandis que les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté affichent des reculs respectifs de 2,50 % et 2,40 %. Le Centre-Val de Loire reste également en difficulté, avec une diminution de 2,30 %. Ces écarts territoriaux confirment que la consommation demeure très inégale selon les régions, la fréquentation touristique ayant permis de limiter les pertes d’activité dans certaines destinations sans pour autant compenser entièrement les difficultés rencontrées par les professionnels.
Évolution du chiffre d’affaires par région au 3e trimestre 2026
| Région | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | -1,75 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | -2,40 % |
| Bretagne | -1,20 % |
| Centre-Val de Loire | -2,30 % |
| Grand Est | -2,75 % |
| Hauts-de-France | -2,50 % |
| Île-de-France | -1,65 % |
| Normandie | -1,20 % |
| Nouvelle-Aquitaine | -1,00 % |
| Occitanie | -0,70 % |
| Pays de la Loire | -1,90 % |
| Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur | -0,90 % |
| Corse | -0,70 % |
L’analyse de la rédaction de L’echommerces
« Le troisième trimestre 2026 confirme que les commerces de bouche continuent de mieux résister que les autres secteurs du commerce indépendant, sans pour autant échapper aux difficultés. Avec un chiffre d’affaires en recul de 1,60 %, après une baisse de 1,80 % au deuxième trimestre, le repli est certes un peu moins prononcé, mais l’activité reste orientée à la baisse pour l’ensemble des métiers étudiés. La saison estivale a permis de soutenir certains professionnels, notamment dans les régions touristiques, sans toutefois entraîner de véritable reprise de la consommation alimentaire de proximité. Les résultats montrent également que les écarts entre les métiers de bouche restent importants.
Les boucheries-charcuteries et les confiseries-chocolateries demeurent les activités les plus résistantes, tandis que les poissonneries et surtout les cavistes enregistrent des reculs plus marqués. Le caractère essentiel des achats alimentaires continue de protéger partiellement la filière, mais il ne suffit pas à compenser les arbitrages opérés par les consommateurs. Les écarts observés selon la taille des entreprises et leur implantation confirment également les tendances de fond du commerce indépendant. Les structures sans salarié, les commerces non sédentaires et les établissements situés dans les rues de centre-ville restent les plus exposés.
Lire aussi : Caisse commerces de bouche : 6 fonctions indispensables en 2026
À ces difficultés s’ajoute désormais un climat économique et social particulièrement tendu, marqué notamment par des manifestations à répétition le samedi, une journée pourtant essentielle pour de nombreux commerçants alimentaires, en particulier sur les marchés et dans les centres-villes. Au-delà des perturbations ponctuelles, c’est plus généralement une ambiance d’incertitude et d’inquiétude qui s’installe, peu propice aux déplacements et à la consommation. Dans un contexte où les ménages continuent de se montrer prudents dans leurs dépenses, les professionnels ont plus que jamais besoin de retrouver de la stabilité et de la confiance. Un retour rapide au calme apparaît donc essentiel, alors que le quatrième trimestre sera particulièrement important pour les métiers de bouche, qui devront notamment compter sur les fêtes de fin d’année pour tenter de rattraper au moins une partie du retard accumulé depuis le début de l’année. »
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