Réforme des retraites : ce qui va changer pour les indépendants

La réforme des retraites est au centre de l’attention médiatique ces derniers jours. Quels sont les changements qui attendent les commerçants et les artisans ?

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Comme attendu, l’annonce de la réforme des retraites ne laisse pas indifférents les Français. En témoigne la mobilisation massive du 5 décembre 2019, qui a vu défiler plus de 500 000 personnes à travers le pays. Plus tôt dans l’année déjà, de nombreux corps de métiers (fonctionnaires, avocats, professionnels de santé…) s’étaient déjà mobilisés en masse, inquiets de perdre leurs avantages et/ou de voir leurs cotisations augmenter. Qu’en est-il vraiment dans les faits ? Tour d’horizon des changements majeurs en prévision.

Passage à un régime universel des retraites

Principal changement envisagé par cette réforme, le passage à un régime de retraite universel par points à compter du 1er janvier 2025. Dès lors, le montant de la pension ne dépendra plus du nombre de trimestres cotisés, mais bien du nombre de points accumulés tout au long d’une carrière. Concrètement, 10 euros cotisés donneront droit à 1 point. En l’état actuel des projections démographiques ou économiques, un point acquis devrait ainsi valoir 0,55 euros.

Une retraite à taux plein à l’âge de 64 ans

Le message envoyé par le pouvoir exécutif est clair : les Français doivent travailler plus longtemps. Hormis certaines professions, la nouvelle réforme instaure un âge de taux plein à 64 ans, qui sera en fait un âge d’équilibre dans la mesure où la notion de taux plein perd de son sens avec l’abandon des trimestres cotisés. L”âge minimum de départ à la retraite devrait quant à lui rester fixé à 62 ans.

Vers une hausse des cotisations pour les indépendants

La disparition des régimes spéciaux va de pair avec une uniformisation des cotisations. Pour les salariés du public comme du privée, il est prévu que ce taux soit fixé à 28,12 %, un niveau assez proche de celui d’aujourd’hui. Les indépendants seront logés à la même enseigne, à la différence près qu’il sera dégressif en fonction du revenu : 28,12 % pour les revenus jusqu’à 40 000 euros, 12,94 % pour la tranche comprise entre 40 000 et 120 000 euros. Au-delà, le taux tombera à 2,81 %.

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Une augmentation des cotisations qui ne passe pas, notamment chez les professions libérales, qui cotisent actuellement à un taux de 14% en moyenne pour les avocats, et 17 % pour les professionnels de la santé. Pour les commerçants et les artisans, la hausse sera quant à elle moins visible, puisque ces derniers cotisent déjà à un taux de 24,75 %. Pas de quoi pour autant satisfaire les organisations patronales, à l’image de l’U2P (Union des entreprises de proximité), qui plaide pour « zéro euro de cotisation en plus ». « Il serait inconcevable de payer plus de charges », revendique son président, Alain Griset.

Abandon de la règle des 25 meilleures années pour le calcul de la retraite

Le futur système des retraites se veut plus redistributif, mais pénalisera ceux qui connaissent des carrières ascendantes. En effet, avec le nouveau système par point, la règle des 25 meilleures années pour le calcul de la retraite de base sera remplacée par un système de points, acquis sur l’ensemble des années travaillées. En contrepartie, ce système universel permettra de prendre davantage en considération les aléas de vie active. Les périodes de congés maternité, de congés maladie, d’invalidité ou encore de chômage donneront ainsi lieu à l’acquisition de points. Il en de même pour les courtes périodes d’activités (dans le système actuel, il faut travailler au moins 150 heures pour valider un trimestre). Plutôt une bonne nouvelle pour les indépendants, qui pour nombre d’entres eux connaissent des carrières professionnelles « riches » de rebondissements. Ainsi va la vie des entrepreneurs !