Quel bilan pour le commerce au mois de mars 2026 ?

Malgré un effet calendaire favorable pour certains secteurs, l’activité du commerce spécialisé est restée globalement orientée à la baisse au mois de mars. Entre recul des ventes, arbitrages des ménages et fréquentation contrastée selon les territoires, le mois de mars confirme les fragilités persistantes du commerce.

vente commerce mars 2026
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Après un début d’année déjà marqué par une consommation prudente (+0,20 % en janvier, puis -2,60 % en février), le mois de mars n’a pas permis au commerce de retrouver une véritable dynamique. Bien au contraire. C’est en tout cas ce qui ressort du dernier bilan d’activité publié par la fédération du commerce spécialisé Procos. Les résultats de son enquête mensuelle montrent que les ventes en magasin ont ainsi reculé de 4,70 % par rapport à mars 2025.

Ce fort repli doit toutefois être nuancé par un effet calendaire défavorable, mars 2026 comptait un samedi de moins que l’an dernier. Malgré cela, la tendance de fond reste celle d’une consommation toujours très sélective.

Un mois de mars marqué par de fortes disparités sectorielles

Néanmoins, tous les secteurs n’ont pas évolué de la même manière au cours du mois de mars. L’alimentaire spécialisé apparaît comme le grand gagnant de cette période, avec une progression spectaculaire de son chiffre d’affaires de 18,30 % (boulangeries-pâtisseries, boucheries-charcuteries, poissonneries, primeurs, épiceries spécialisées…). Une hausse qui s’explique largement par un effet de calendrier cette fois favorable. Les fêtes de Pâques tombant beaucoup plus tôt cette année, certains ménages ont pu anticiper dès la fin mars leurs achats alimentaires ou festifs. La beauté-parfumerie résiste également, avec une hausse d’activité plus modérée de 1,40 %, confirmant une certaine solidité de la demande dans ce secteur.

À l’inverse, l’habillement et l’équipement de la maison restent en difficulté, avec des reculs respectifs de 4,40 % et 6 %. La restauration continue également de souffrir. Les ventes sur place reculent de 6,20 %, en particulier dans la restauration à table, avec une baisse d’activité plus marquée sur la fin du mois de mars. Là encore, l’absence d’un samedi par rapport à mars 2025 a pesé sur l’activité, cette journée représentant traditionnellement un temps fort pour le secteur. Un samedi en moins qui a également pénalisé le secteur culture-cadeaux-jouets, dont le chiffre d’affaires recule de 1 % sur la période.

Au cumul des trois premiers mois de l’année, la tendance reste globalement négative. Les ventes en magasin enregistrent un recul de 2,80 % sur l’ensemble du premier trimestre 2026. Deux secteurs seulement affichent une progression sur cette période : l’alimentaire spécialisé, en hausse de 2,20 %, et le secteur culture, cadeaux et jouets, qui progresse de 2,90 %. Tous les autres univers restent dans le rouge, avec des baisses comprises entre 2 % et 4 % selon les activités.

chiffre d'affaires commerce mars 2026
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Des fréquentations plus favorables dans les centres-villes

Dernier point à retenir, la fréquentation en magasin est restée quasiment stable en mars, avec une légère baisse de 0,5 % par rapport à mars 2025. Derrière cette stabilité apparente, les écarts sont là encore importants selon les emplacements. Les centres-villes enregistrent une légère progression de leur fréquentation, à +0,60 %. Les grands centres-villes font même mieux, avec une hausse de 3,40 %. À l’inverse, les galeries commerciales et les zones de périphérie restent orientées à la baisse.

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Sur le plan régional, la fréquentation est également contrastée. « La Nouvelle-Aquitaine, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne et la Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent une dynamique positive. À l’inverse, les replis les plus significatifs sont observés dans les Hauts-de-France, le Grand Est ainsi qu’en Bourgogne-Franche-Comté et en Centre-Val de Loire. L’Île-de-France reste proche de l’équilibre à -0,30 % », détaille Procos dans son compte rendu.

Des écarts qui montrent une nouvelle fois que l’attractivité commerciale dépend de plus en plus de la qualité des emplacements, de la capacité des centres-villes à générer du trafic et de la dynamique propre à chaque territoire. Un marché à deux vitesses qui contraint de plus en plus les commerçants à adapter leur stratégie, leur offre et leurs investissements aux réalités locales.

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