Les créations d’entreprises en forte croissance en France
Malgré les incertitudes économiques, la création d’entreprises continue de battre des records en France. Entre 2016 et 2025, le nombre de nouvelles entreprises a progressé de 93 %, et les premiers chiffres de 2026 confirment une nouvelle accélération. Une croissance largement portée par les micro-entrepreneurs, qui soulève néanmoins des questions sur la pérennité de ces nouvelles activités.

Jamais les Français n’avaient autant créé d’entreprises. Selon les données de l’Insee, 1 165 800 nouvelles entreprises ont été enregistrées en 2025, contre seulement 603 500 en 2016. En dix ans, le nombre annuel de créations a ainsi quasiment doublé, avec plus de 560 000 immatriculations supplémentaires. Une progression qui s’est construite progressivement, avec une forte accélération entre 2018 et 2021, puis une stabilisation autour du million de créations annuelles avant une nouvelle hausse en 2024 et 2025.
Et cette dynamique est loin de s’essouffler. D’après les dernières données publiées par l’Insee le 16 octobre 2026, les créations d’entreprises ont encore progressé de 16 % entre juillet et septembre par rapport à la même période de l’année précédente. Sur les douze derniers mois, d’octobre 2025 à septembre 2026, ce sont ainsi pas moins de 1 278 600 entreprises qui ont été créées.
Les micro-entrepreneurs, principaux moteurs de cette progression
Cette forte croissance des créations d’entreprises s’explique en grande partie par l’essor du régime de la micro-entreprise. En 2016, la France comptabilisait en effet 285 300 immatriculations annuelles de micro-entrepreneurs, contre 758 600 en 2025. Leur nombre a ainsi été multiplié par plus de 2,6 en dix ans. Aujourd’hui, près de deux entreprises sur trois sont créées sous ce régime, contre moins d’une sur deux en 2016. Les micro-entrepreneurs représentent ainsi à eux seuls plus de 80 % de la hausse des créations enregistrée sur cette période.
Dans le même temps, les créations de sociétés ont également progressé, passant de 197 300 en 2016 à 301 300 en 2025, soit une hausse de près de 53 %. À l’inverse, les entreprises individuelles classiques séduisent de moins en moins, avec 105 900 créations en 2025, contre 121 000 dix ans plus tôt.
Une envie d’entreprendre qui ne faiblit pas
Au-delà de l’évolution des statuts juridiques, cette progression témoigne aussi de l’attrait des Français pour l’entrepreneuriat. Selon l’Indice entrepreneurial français 2025 de Bpifrance Création, trois Français sur dix considèrent désormais l’entrepreneuriat comme la carrière idéale, contre un sur quatre en 2021 et 2023. L’envie de devenir indépendant, de développer son propre projet ou de bénéficier d’une plus grande autonomie professionnelle continue donc de séduire, malgré un environnement économique plus que jamais incertain. Le développement des activités numériques, des prestations de services et des plateformes en ligne a également facilité l’accès à l’entrepreneuriat, en permettant de lancer certaines activités avec des investissements relativement limités.
Mais derrière cette envie d’entreprendre se cachent malgré tout des motivations très différentes. Si certains souhaitent développer une véritable entreprise, d’autres cherchent avant tout à générer un revenu complémentaire, à tester une activité ou à trouver une alternative au salariat. Dans un rapport publié en octobre 2026, l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales soulignent notamment que le régime de la micro-entreprise séduit par la simplicité de ses démarches et la possibilité d’exercer une activité en parallèle d’un emploi, d’une retraite ou d’études. La forte hausse des créations d’entreprises reflète ainsi des aspirations professionnelles diverses, qui ne correspondent pas toutes à des projets destinés à devenir une activité à temps plein.
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Des créations record, mais des entreprises qui peinent parfois à durer
Les données de l’Insee publiées en janvier 2+026 illustrent bien cette réalité. Parmi les entreprises immatriculées entre 2021 et 2023, seules 69 % ont effectivement démarré une activité économique dans les deux années suivant leur création. Autrement dit, une part importante des nouvelles immatriculations ne débouche pas sur une activité réelle, du moins à court terme.
Et pour celles qui parviennent à démarrer, la question de la pérennité reste entière. Dans leur évaluation publiée en octobre 2026, l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales indiquent que seulement 39 % des micro-entreprises créées en 2018 étaient encore pérennes cinq ans plus tard, contre 63 % pour les entreprises individuelles relevant du régime réel. Les auteurs soulignent également que le développement du régime de la micro-entreprise a des effets limités sur la création d’emplois et de valeur ajoutée. Des chiffres qui invitent à relativiser les records de créations d’entreprises. Car au-delà du nombre de nouvelles immatriculations, le véritable enjeu reste de permettre à ces entrepreneurs de développer leur activité, de dégager des revenus suffisants et de pérenniser leur entreprise dans un environnement économique toujours plus exigeant.
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