Débat : faut-il permettre aux commerçants d’afficher le visage des voleurs ?

Un député vient de présenter une proposition de loi pour permettre aux commerçants d’afficher publiquement le visage des voleurs. Une mesure soutenue par un collectif de commerçants.

Afficher voleur en vitrine
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Les commerçants bientôt autorisés à afficher la photo de leurs voleurs ? Une proposition de loi vient en tout cas d’être déposée en ce sens par le député de l’Ain, Romain Daubié (Modem). L’élu justifie ce besoin de légiférer par la recrudescence constatée depuis 2022 des vols à l’étalage, mais également du phénomène de resto-basket (pratique consistant à quitter un établissement de restauration sans payer l’addition), ou même parfois de vols directement dans la caisse ! « Les conséquences pour les petits commerces de nos villes et villages sont dramatiques : on chiffre les pertes à près de 2% du chiffre d’affaires, ce qui représente souvent une large partie de la trésorerie des commerçants. Ils n’ont pas la même résilience ou facilité à rebondir que les hypermarchés, et de leur chiffre d’affaires dépend souvent leur salaire à la fin du mois, voire leur survie », explique Romain Daubié dans son projet de loi.

Une initiative immédiatement saluée par le collectif de commerçants “Ras le Vol”, qui milite déjà depuis de nombreux mois pour que la législation donne l’autorisation aux commerçants d’afficher le visage des voleurs au sein de leur établissement. « Cette mesure pourrait dissuader ceux qui envisagent de voler et aider à identifier plus rapidement ceux qui ont déjà commis un vol », justifie ainsi le collectif, qui vient de lancer une pétition pour soutenir ce projet de loi.

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Que risquent les commerçants qui affichent leurs voleurs sur leurs vitrines ou les réseaux sociaux ?

Selon la législation actuelle, les commerçants qui affichent le visage des voleurs sont dans l’illégalité, et s’exposent ainsi à des amendes pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros ! En cause notamment, le non respect de la vie privée, mais surtout l’atteinte à la présomption d’innocence qui résulte de cet affichage publique.

Pour pallier à cette problématique, le député souhaite que soit appliquée la présomption de consentement à être affiché. Concrètement, cela signifierait que dès vous entrez dans un établissement qui dispose d’un système de vidéosurveillance, vous êtes alors prévenu que si vous commettez un vol, votre photo peut se retrouver sur les réseaux sociaux ou affichée sur la vitrine du magasin. « Le “name and shame”, bien qu’il ne soit pas une pratique toujours vertueuse, peut avoir tout de même pour effet de responsabiliser les auteurs de faits, mais aussi un effet dissuasif sur la récidive », justifie le député Romain Daubié.

Selon-vous, faut-il légaliser la diffusion des images de vols dans les commerces ?

Le projet de loi, qui a été déposé le mois dernier, sera étudié dans les prochaines semaines en commission parlementaire. Et si les chances qu’il soit adopté sont assez minces, il a le mérite de poser dans le débat public ce phénomène de recrudescence des vols en tout genre, qui impacte de plus en plus les commerçants.

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