« Les centres-villes ont besoin de se réinventer »

AID accompagne au quotidien les élus locaux sur les stratégies à mettre en oeuvre pour revitaliser leur commune. Son directeur associé, Arnaud Ernst, répond aujourd’hui à nos questions sur l’avenir des centres-villes et de ses commerces. Une interview sans langue de bois.

Vous expliquez sur la page de présentation de votre entreprise, AID, travailler à « développer le potentiel économique et commercial des territoires ». En quoi cela consiste-t-il plus précisément ?

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Arnaud Ernst, directeur associé chez AID.

Tout d’abord je pense qu’il est important d’expliquer comment nous en sommes venus à travailler sur cette problématique. A l’origine, et c’est toujours le cas actuellement, notre métier consiste à analyser la consommation et les comportements d’achats des ménages. Qui achète quoi ? Dans quel lieu ? Pour quel montant ? Quelles en sont les motivations ? etc. Au fil des années, nous avons ainsi pu compiler un ensemble de données sur le poids de la proximité, des différents pôles commerciaux, le e-commerce… Et il se trouve que ces informations intéressent depuis quelques années les collectivités, car avant même de mettre en place une stratégie pour revitaliser son centre-ville, il est indispensable de bien comprendre comment consomment déjà localement les habitants.

Ce nouveau besoin nous a donc conduit à accompagner les acteurs locaux sur ces stratégies de revitalisation des cœurs de ville. Au niveau commercial par exemple, nous analysons la structure de l’offre sur la zone de chalandise, ce qui permet alors de dégager des profils de commerce à même de ramener du monde en centre-ville. Mais là où nous agissons surtout actuellement, c’est dans l’élaboration des volets « commerce » des PLU, PLUI ou à une échelle plus grande des SCOT (N.D.L.R : Plan Local d’Urbanisme, Plan Local d’Urbanisme intercommunal, Schéma de cohérence territoriale). La question de l’aménagement du territoire est un enjeu central si l’on souhaite impulser une dynamique positive et à long terme pour nos centres-villes. Car c’est bien cela que nous payons aujourd’hui, 40 ans de constructions de surfaces commerciales sans véritable régulation, et quand les Français consomment moins ou différemment, ce sont désormais les centres-villes et leurs commerces indépendants qui souffrent.

Justement à propos de régulation, le gouvernement a multiplié les annonces et les mesures pour revitaliser les centres-villes. Quel regard portez-vous là-dessus ?

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