Plus de 61 000 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025

D’après les derniers chiffres publiés par l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, 61 469 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025. Les activités liées au commerce sont particulièrement touchées par ce phénomène.

perte d'emploi des chefs d'entreprises
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La mauvaise conjoncture économique impacte particulièrement les chefs d’entreprises. C’est en tout cas ce que disent les chiffres. 61 459 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025, en augmentation de 1 % par rapport à l’année 2024, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, publié par l’association GSC et le groupe Altares. En moyenne, ce sont ainsi 168 chefs d’entreprise qui perdent leur emploi chaque jour…

« Le contexte économique demeure fortement dégradé, marqué par une croissance atone, des tensions géopolitiques persistantes et une instabilité politique durable. Les dirigeants naviguent à vue, dans un climat d’incertitude qui freine l’investissement et fragilise jusqu’aux entreprises les plus solides », analyse Hervé Kermarrec, Président de l’Association GSC

Évolution du nombre d’entrepreneurs ayant perdu leur emploi de 2021 à 2025

Évolution du nombre d’entrepreneurs ayant perdu leur emploi de 2021 à 2025
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Les petites entreprises particulièrement impactées

Les données détaillées de l’étude montrent que ce sont principalement les chefs d’entreprise de petites structures qui sont les plus touchés par ce phénomène. Les entrepreneurs à la tête d’entreprises de moins de 5 salariés représentent 87,80 % des liquidations judicaires, avec une évolution plus défavorable pour les entreprises de moins de 3 salariés.

Les entreprises de 6 à 9 salariés sont également très impactées, avec une progression de 6,60 % des liquidations sur un an. A l’inverse, les structures de plus de 10 salariés affichent une meilleure solidité, et particulièrement celles comptant plus de 20 salariés (voir tableau ci-dessous).

Evolution des défaillances selon la taille de l’entreprise

Evolution des défaillances selon la taille de l'entreprise
73,20% des dirigeants en situation de « chômage » étaient à la tête d’une TPE de moins de 3 salariés.

Autre donnée importante à souligner : les défaillances concernent très majoritairement les entreprises réalisant les plus petits volumes d’activité. Les structures générant moins de 500 000 euros de chiffre d’affaires représentent ainsi à elles seules 77,60 % des procédures, avec une hausse de 1,80 % sur un an.

Pour autant la tendance à la hausse touche l’ensemble des catégories d’entreprises. Toutes les tranches de chiffre d’affaires sont concernées par l’augmentation des défaillances, y compris les structures réalisant les chiffres d’affaires les plus élevés.

Evolution des défaillances selon le chiffre d’affaires de l’entreprise

Près de 9 dirigeants sur 10 touchés étaient à la tête d’une structure générant moins de 0,5 million d’€ de CA.
Près de 8 dirigeants sur 10 touchés étaient à la tête d’une structure générant moins de 500 000 euros de CA.

Un profil de dirigeants concernés légèrement plus jeune

Autre enseignement notable, l’âge médian des entrepreneurs ayant perdu leur emploi diminue légèrement, passant de 46,3 ans en 2024 à 45,8 ans en 2025. « Cette tendance s’explique notamment par la forte hausse du nombre de dirigeants de moins de 26 ans impactés (+ 27,8 %) », explique l’association GSC dans son rapport.

La tranche des 41-50 ans reste néanmoins la plus touchée, avec 16 271 suppressions d’emploi, soit plus d’un quart du total. A noter qu’une grande partie de ces dirigeants étaient à la tête d’entreprises créées depuis plus de dix ans.

À l’inverse, les entrepreneurs de plus de 50 ans semblent mieux résister, avec un recul de 4,60 % des pertes d’emploi. « Cette évolution peut traduire un effet générationnel : une présence moins importante de dirigeants seniors en activité ou une plus grande solidité liée à l’expérience et à des structures déjà bien établies », analyse l’association GSC.

Evolution des défaillances selon l’âge du chef d’entreprise

Evolution des défaillances selon l'âge du chef d'entreprise
L’âge médian des entrepreneurs en situation de perte d’emploi s’établit à 45,8 ans.

Le commerce et l’hébergement/restauration toujours en difficulté

L’étude constate également qu’une grande partie des secteurs d’activité sont concernés par ces défaillances, avec une prépondérance particulière pour les activités liées à la construction. « Le secteur représente encore plus d’un quart des cessations d’activité », peut-on ainsi lire dans l’étude.

Les commerçants sont également très touchés, avec 12 228 femmes et hommes en situation de perte d’emploi. Même si les chiffres sont en légère baisse par rapport à l’an passé (-1,80 %). En revanche, le secteur de l’hébergement, restauration et débit de boissons connait une forte hausse de ses défaillances (+ 7,90 %), avec 7 982 pertes d’emploi. La restauration concentre l’essentiel des difficultés, puisqu’elle représente à elle seule plus de huit liquidations sur dix dans le secteur.

Pertes d’emploi des chefs d’entreprise par secteur d’activité

Pertes d’emploi des chefs d’entreprise par secteur d’activité
Lecture : Sur les 61 469 chefs d’entreprise qui ont perdu leur emploi en 2025, 21,30 % exerçaient dans le commerce, et 13,90% dans l’hébergement, restauration, débits de boissons. Ces deux secteurs additionnés représentent ainsi au total plus de 35 % des pertes d’emplois des chefs d’entreprise.

Des difficultés sur l’ensemble du territoire français

Dernier point de l’enquête, la comparaison au niveau des régions montre qu’aucun territoire n’est épargné par ces difficultés rencontrées par les entrepreneurs. Certaines régions apparaissent tout de même plus en difficulté que d’autres.

L’Île-de-France arrive largement en tête avec 14 319 dirigeants concernés (+0,60 %). « Première région économique du pays, elle subit directement les effets des tensions observées à l’échelle nationale », explique l’association GSC dans son rapport. L’Auvergne-Rhône-Alpes se place en deuxième position avec 7 354 entrepreneurs ayant perdu leur activité en 2025, malgré une quasi-stabilisation sur un an (-0,10 %).

La Nouvelle-Aquitaine enregistre pour sa part une hausse marquée de 10,80 %, avec 5 724 dirigeants touchés. « Cette progression s’explique notamment par un effet de calendrier : de nombreuses liquidations prononcées en 2024 ont été finalisées en 2025. La taille du territoire et la diversité de son tissu économique contribuent également à concentrer des difficultés dans plusieurs activités », observe l’association GSC.

Quatre autres régions affichent une progression supérieure à la moyenne nationale : la Corse (+7,40 % ; 393 dirigeants), le Grand Est (+3,10 % ; 4 339), les Pays de la Loire (+2,80 % ; 2 639) et l’Occitanie (+1,20 % ; 5 565).

À l’inverse, plusieurs territoires enregistrent un recul. « La Provence-Alpes-Côte d’Azur présente la plus forte baisse en 2025 », souligne l’association GSC, avec un recul de 6,90 % (5 813 dirigeants). Elle devance la Bourgogne-Franche-Comté (-3,10 % ; 2 010) et la Bretagne (-2,70 % ; 2 241).

Enfin, 4 542 dirigeants ont perdu leur activité dans les Hauts-de-France (-2,20 %), contre 2 476 en Normandie (-2,30 %) et 1 985 en Centre-Val de Loire (-0,50 %).

Pertes d’emploi des chefs d’entreprise par région

Pertes d’emploi des chefs d’entreprise par région.
L’Outre-Mer (+24%) et la Nouvelle-Aquitaine (+10,80 %) sont les régions les plus touchées, nettement au-dessus de la moyenne nationale.

Quelles perspectives 2026 ?

Dans ce contexte, et alors même que la situation géopolitique actuelle fait peser un risque sur le niveau de la consommation, difficile aujourd’hui de faire preuve d’optimisme pour les mois à venir. En ce sens, l’association GSC et le cabinet Altares appellent de nouveau les entrepreneurs à apporter une vigilance particulièrement importante à la santé financière de leur entreprise, et prendre les mesures nécessaires le plus tôt possible en cas de difficulté.

Lire aussi : 10 mesures à mettre en œuvre quand les difficultés apparaissent dans votre entreprise

« Face à cette précarité qui s’installe, notre message ne change pas : il est essentiel d’anticiper les risques et de bien faire connaître les dispositifs de protection existants. L’année 2026 s’annonce déterminante. Les premiers indicateurs restent contrastés et rien ne laisse présager d’amélioration rapide sur les plans économique et politique. Pour les entrepreneurs, les priorités demeurent claires : surveiller étroitement leur trésorerie, maîtriser leurs risques et, surtout, ne pas rester seuls face aux difficultés. » conclut Hervé Kermarrec, président de l’association GSC. Un message à relayer.

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