Marketplaces étrangères : 46 % des produits testés jugés dangereux par la DGCCRF

La Répression des fraudes a contrôlé plusieurs centaines de produits vendus sur sept grandes marketplaces étrangères. Sur près de 600 articles déjà analysés, 75 % sont non conformes et 46 % sont jugés dangereux.

DGCCRF shein temu
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Les autorités françaises accentuent leur surveillance des marketplaces étrangères, après plusieurs affaires très sensibles liées à la vente de produits illicites ou dangereux en ligne. La plus emblématique reste celle survenue fin 2025, lorsque la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait saisi le procureur de la République après avoir constaté la commercialisation, sur Shein, de poupées sexuelles d’apparence enfantine à caractère pédopornographique.

Quelques jours plus tard, Bercy indiquait également que des armes blanches ainsi que des médicaments avaient été retirés de la plateforme à la suite d’une injonction de mise en conformité. Dans ce contexte, la nouvelle campagne de contrôles menée par la DGCCRF vient confirmer l’ampleur des dérives observées sur certaines plateformes d’e-commerce étrangères.

Près d’un produit sur deux jugé dangereux

Depuis plus d’un an, les agents de la Répression des fraudes passent au crible les produits vendus sur plusieurs marketplaces très fréquentées par les consommateurs français. Sans les citer expressément dans son dernier bilan, la DGCCRF vise notamment des plateformes comme Shein, Temu, AliExpress, eBay ou encore Amazon, déjà concernées par de précédentes opérations de retrait de produits dangereux ou illicites. Les contrôles portent notamment sur les fausses promotions, les défauts d’information, l’absence d’étiquetage clair ou encore les risques pour la sécurité des consommateurs. Les enquêteurs ont ensuite acheté les articles anonymement, comme de simples clients, avant de les faire analyser en laboratoire.

Au total, plus de 650 produits ont été prélevés depuis 2025, et près de 600 ont déjà été analysés. Résultat : 75 % d’entre eux ont été jugés non conformes, principalement en raison de défauts d’étiquetage ou d’information du consommateur. Plus inquiétant encore, 46 % des produits testés ont été considérés comme dangereux.

Les contrôles ont notamment porté sur des jouets, des articles de puériculture, des appareils électriques, des textiles, des bijoux fantaisie ou encore des produits de consommation courante. La DGCCRF précise toutefois que les prélèvements ont été ciblés sur des produits considérés comme à risque, ce qui signifie que ces résultats ne peuvent pas être généralisés à l’ensemble des articles vendus sur ces plateformes. Il n’en reste pas moins qu’à la suite de ces contrôles, plus de 100 000 unités ont été retirées de la vente, dont 57 000 jouets, selon la DGCCRF.

Une surveillance renforcée du commerce en ligne

Face à l’ampleur des résultats, Bercy a annoncé la mise en place d’une cellule interministérielle dédiée à la surveillance du commerce en ligne. L’objectif est de mieux coordonner les contrôles et les actions de retrait lorsqu’un produit dangereux ou non conforme est identifié. Les informations recueillies seront également transmises au niveau européen, afin d’alimenter les travaux engagés sur les grandes plateformes d’e-commerce.

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Reste que cette affaire pose une nouvelle fois la question du modèle économique de ces plateformes. En vendant massivement des produits à très bas prix, souvent non conformes ou dangereux, elles exercent une pression directe sur les commerçants installés en France, eux-mêmes soumis à des obligations strictes en matière de conformité, de traçabilité et de sécurité. Une distorsion de concurrence de plus en plus difficile à accepter.

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