Le chômage repart à la hausse en France
Le taux de chômage a atteint 8,1 % au premier trimestre 2026, selon les derniers chiffres de l’Insee. Une hausse qui confirme la dégradation progressive du marché du travail, dans un contexte économique toujours fragile.

C’est un signal supplémentaire de ralentissement pour l’économie française. Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail a progressé de 0,2 point au premier trimestre 2026, pour atteindre 8,1 % de la population active en France hors Mayotte. Sur un an, la hausse atteint désormais 0,7 point.
Au total, 2,6 millions de personnes sont aujourd’hui comptabilisées comme chômeuses, soit 68 000 de plus qu’au trimestre précédent. La France repasse ainsi au-dessus de la barre symbolique des 8 %, un seuil qu’elle n’avait plus franchi depuis le premier trimestre 2021. L’Insee souligne néanmoins que le taux actuel reste nettement inférieur au pic observé au milieu des années 2010. La tendance reste toutefois préoccupante, après plusieurs années d’amélioration du marché du travail.
Les jeunes restent les plus exposés au chômage
Dans le détail, la hausse ne concerne pas toutes les catégories de la même manière. Chez les 15-24 ans, le taux de chômage recule légèrement sur le trimestre, passant de 21,5 % fin 2025 à 21,1 % au premier trimestre 2026. Mais cette amélioration reste très relative, puisque le taux de chômage des jeunes demeure supérieur de 2 points à son niveau d’un an plus tôt. Au total, 725 000 jeunes de 15 à 24 ans sont comptabilisés comme chômeurs.
Si les jeunes demeure de loin les plus exposés, la hausse du trimestre est malgré tout plus marquée chez les 25-49 ans. Pour cette tranche d’âge, le taux de chômage progresse de 0,4 point, à 7,3 %, contre 6,9 % fin 2025 et 6,7 % un an plus tôt. Il s’agit de son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021. Avec 1,34 million de personnes concernées, les 25-49 ans représentent désormais un peu plus de la moitié des chômeurs recensés au premier trimestre.
La hausse est en revanche plus limitée chez les 50 ans et plus. Leur taux de chômage augmente de 0,1 point sur le trimestre, à 5,2 %, soit 0,4 point de plus sur un an. Cette tranche d’âge représente 527 000 chômeurs. Autre élément notable, la dégradation apparaît plus marquée chez les hommes, avec un taux de chômage à 8,5 %, en hausse de 0,3 point sur le trimestre et de 1 point sur un an, contre 7,7 % pour les femmes, quasiment stable sur trois mois.
Une hausse à lire avec prudence
Cette dégradation doit toutefois être interprétée avec prudence. L’Insee rappelle que le premier trimestre 2026 correspond aussi au cinquième trimestre de mise en œuvre de la loi pour le plein emploi. Cette réforme a notamment entraîné l’inscription automatique à France Travail de nouveaux publics, en particulier des bénéficiaires du RSA, certains jeunes suivis par les missions locales et des personnes en situation de handicap qui n’étaient pas encore inscrites, soit plus d’un million de personnes au total. Selon l’Insee, ces publics contribuent pour près de la moitié de la hausse cumulée du taux de chômage observée depuis fin 2024.
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Les embauches marquent aussi le pas
Cette remontée du chômage intervient dans un contexte où les perspectives d’embauche se tassent également. Selon la dernière enquête « Besoins en main-d’œuvre » de France Travail, réalisée entre octobre et décembre 2025, les entreprises déclarent 2,275 millions de projets de recrutement pour 2026, soit une baisse de 6,5 % par rapport à 2025. Seuls 23 % des employeurs envisagent de recruter cette année, contre 24 % l’an dernier.
À cette prudence s’ajoute un environnement économique toujours plus incertain. L’Insee anticipait déjà en début d’année un léger recul de l’emploi salarié d’ici la fin du semestre, après une baisse de 60 000 emplois en 2025. Depuis, la guerre en Iran a ajouté un facteur de fragilité supplémentaire pour l’économie française, en pesant notamment sur les prix de l’énergie, les coûts de production et la visibilité des entreprises. Dans ce climat, de nombreuses entreprises pourraient donc choisir de ralentir davantage leurs prévisions de recrutement. La question est désormais de savoir si cette dégradation restera contenue ou si elle s’installera durablement dans les prochains mois.
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