Hôtellerie-restauration : la guerre au Moyen-Orient pèse déjà sur l’activité

Selon une enquête de l’Umih, plus de 80 % des professionnels de l’hôtellerie-restauration déclarent subir un impact négatif lié au conflit au Moyen-Orient. Baisse de fréquentation, réservations en recul, coûts en hausse… À l’approche de l’été, le secteur s’inquiète.

umih activité
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Les tensions internationales commencent à se faire sentir très concrètement dans les cafés, hôtels et restaurants. D’après une récente enquête menée par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) auprès de 1 209 professionnels, dont 48 % de restaurateurs et 35 % d’hôteliers, une large majorité d’établissements constate déjà une dégradation de son activité. Les résultats font état d’un impact négatif pour plus de 80 % des répondants.

Toujours selon l’Umih, près de 63 % des professionnels interrogés jugent l’impact du contexte international significatif, voire très important, sur leur activité. Dans certains établissements, les baisses d’activité atteignent déjà entre -5 % et -20 %, voire davantage.

Des coûts qui repartent à la hausse

Le recul de la demande n’est pas le seul motif d’inquiétude. Les professionnels interrogés signalent également une hausse de leurs charges, notamment sur les matières premières, citées par 34 % des répondants, devant le transport des fournisseurs (25 %) et l’énergie (23 %). À cela s’ajoute l’impact indirect du coût des carburants sur le budget des clients, relevé par 22 % des professionnels. Les établissements se retrouvent ainsi pris en étau. D’un côté, leurs coûts d’exploitation repartent à la hausse, et de l’autre, la clientèle plus prudente arbitre davantage ses dépenses.

Les réservations ralentissent avant l’été

Plus préoccupant encore, cette dégradation de l’activité se ressent aussi dans les carnets de commande à l’approche de la saison estivale. Près de 62 % des professionnels interrogés constatent déjà un ralentissement des réservations, alors que seulement 9 % font état d’une dynamique satisfaisante.

Au-delà du volume de réservations, c’est aussi le comportement des clients qui évolue. Les remontées des professionnels, partagées par l’UMIH, témoignent d’un attentisme plus marqué, avec des décisions prises plus tardivement et, dans certains établissements, davantage d’annulations de dernière minute. Le syndicat relève également un recul des clientèles internationales, une baisse du niveau de dépense et des séjours plus courts.

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Dans ce contexte, l’UMIH estime que les professionnels abordent l’été 2026 dans une situation de « visibilité très dégradée », faute de pouvoir anticiper clairement le niveau de fréquentation des prochaines semaines. Pour les hôtels, cafés et restaurants, la suite dépendra donc largement de deux paramètres : l’évolution du contexte géopolitique international, mais aussi la capacité des Français à maintenir leurs dépenses de sorties, de loisirs et de vacances. Affaire à suivre de près.

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