Forte chute de l’activité dans le commerce depuis le début de la grève

Plusieurs syndicats patronaux et fédérations professionnelles font état d’une chute conséquente de l’activité au mois de décembre, en raison de la persistance du mouvement de grève.

grèves commerces

Décidément le mois de décembre ne sourit plus aux commerçants, particulièrement pour ceux installés dans les cœurs de villes de grandes agglomérations, là où les mouvements sociaux prennent le plus d’ampleur. Après la mobilisation des gilets jaunes l’année dernière qui avait déjà fortement perturbé l’activité économique, c’est cette fois-ci la grève pour protester contre la réforme des retraites qui paralyse l’activité économique dans plusieurs villes françaises.

Le commerce parisien chute de 25 à 30 %

Premières victimes de cette mobilisation massive qui a débuté le 5 décembre 2019, les commerçants parisiens voient pour nombre d’entre eux leur chiffre d’affaires s’effondrer. Emmanuel Le Roch, délégué général de la fédération du commerce spécialisé Procos, estime ainsi que « l’impact sur les chiffres d’affaires de la semaine du 7 au 14 décembre 2019 est compris entre – 25% et – 30 % sur la capitale ». Et ce alors même que les résultats de l’année précédente avaient déjà été fortement affectés par la mobilisation des gilets jaunes. « Si l’on compare 2019 à la même période de 2017, alors l’impact est estimé à – 40 % », ajoute ainsi Emmanuel le Roch. Même impression du côté de la Fédération du Commerce et de la Distribution, qui représente les intérêts des grands groupes, et chiffre également la baisse de l’activité à – 30 % pour la région parisienne.

La restauration et l’hôtellerie dans le rouge

Si la majorité des secteurs du commerce sont aujourd’hui affectés par les mobilisations, certains semblent souffrir davantage que d’autres, à l’image notamment de la restauration et l’hôtellerie. Les hôteliers et restaurateurs parisiens enregistrent ainsi des chutes d’activité allant de 25 % à 60 % par rapport à l’an dernier, selon l’Union des métiers et industries de l’hôtellerie (Umih). « C’est toujours catastrophique à Paris : non seulement plus aucun événement, conférence, séminaire… ne va se tenir d’ici la fin de l’année, mais il y a un nouveau phénomène : nous n’avons plus du tout de réservations », témoigne Franck Delvau, coprésident de l’Umih pour la région Île-de-France. Même constat pour le secteur de la restauration : « une fois rentrés chez eux après une journée de galère, les gens n’ont pas envie de ressortir le soir », estime-t-il.

Dans le reste de la France, un impact moindre mais toujours important

Les commerçants de Paris Intra-muros sont sans contexte les plus touchés par le mouvement de grève, reste néanmoins que la situation est également difficile pour bon nombre de commerçants en région. Ainsi, toujours selon Emmanuel Le Roch, « sur le reste de la région parisienne, nous constatons une chute comprise entre – 15 % et – 20 %, en fonction des sites. Au niveau de la France, la baisse de chiffre d’affaires sur la semaine est estimée à – 9 %, avec des centres-villes touchés par les manifestations ; ce week-end Nantes ou Bordeaux par exemple ». A quelques jours de l’échéance tant attendue, espérons donc que les Français et Françaises seront nombreux à se déplacer dans leurs commerces, afin que les commerçants puissent, eux aussi, espérer passer de bonnes fêtes de fin d’année.