Exclusif – 90% des commerçants se prononcent pour une réouverture le 1er décembre au plus tard

Plus de 2 000 commerçants ont participé au sondage lechommerces.fr sur les conditions de réouverture des commerces. Il en ressort notamment qu’une majorité se déclare prête à accueillir à nouveau des clients sans – trop – tarder, quitte à renforcer les protocoles sanitaires.

rue-commerçante

Tous auront pu le constater, la période de confinement que nous traversons actuellement est bien différente de ce que l’on a pu vivre au cours du printemps dernier. Pourtant une chose ne change pas, c’est la fermeture des commerces qualifiés de « non essentiels », qui devraient voir leur interdiction d’accueillir du public prolongée jusqu’au 1er décembre. Une fermeture vécue comme une injustice pour une grande partie des commerçants, dans un contexte où les établissements scolaires continuent de recevoir leurs élèves, alors que le télétravail est quant à lui bien moins appliqué que lors de la première période de confinement. « Lorsque l’on observe ce qui se passe aujourd’hui, on a parfois un peu l’impression que nous sommes les seuls à devoir nous arrêter de travailler », déplore ainsi Colette, à la tête d’un salon de coiffure à Rouen. A cela s’ajoute un impératif économique qui se fait de plus en pressant, avec plusieurs milliers de TPE et PME qui se retrouvent aujourd’hui en difficulté, voire même en très grande difficulté. « Au moment du premier confinement, j’ai contracté un PGE d’un montant de 49 000 euros en me disant que la situation devrait se décanter après la fin des restrictions. Mais finalement cela n’a pas été le cas, et aujourd’hui avec ce nouveau coup de massue qui nous tombe sur la tête, je préfère prendre les devants et déposer le bilan », témoigne par exemple Sandra, gérante d’une boutique de prêt-à-porter, dans le sud-ouest de la France.

Et si le gouvernement a pris des mesures pour encourager la digitalisation des commerces, pour la plupart des commerçants les ventes ne vont pas se mettre à bondir par une multiplication divine des clics. « Il ne faut pas croire que les commerçants vont s’en sortir avec du click and collect, ou avec des prises de rendez-vous », prévient Francis Palombi, le Président de la confédération des commerçants de France. Les chiffres qui ressortent de notre sondage sont d’ailleurs sans équivoque, près de 9 commerçants sur 10 estiment à présent que la décision de réouverture doit être prise aussi en tenant compte des impératifs économiques.

réouverture des commerces

6 commerçants sur 10 souhaitent une réouverture au plus vite

Dans ce contexte, c’est sans surprise qu’une majorité de commerçants se prononcent pour une réouverture des commerces au plus vite. « C’est une question de vie ou de mort, notamment pour toutes les professions comme les nôtres qui n’ont pas d’autres moyens de vendre leurs prestations », revendique Laetitia, esthéticienne à Cannes. Une position largement partagée, mais qui ne fait pas non plus l’unanimité. « Je pense qu’il est encore trop tôt pour décider de la réouverture des commerces. Je comprends l’urgence pour certains, et moi-même je perds énormément d’argent dans cette histoire, mais là il s’agit d’enjeux qui nous dépassent, et en plus nous sommes confinés. Peut-être vaut-il mieux attendre que le pic de l’épidémie dégonfle et que l’on puisse rouvrir début décembre, histoire de sauver la période de Noël », lance ainsi Stéphane, libraire dans la région parisienne. Un avis partagé par près d’un tiers des commerçants.

date réouverture commerces

Faut-il renforcer les protocoles sanitaires ?

Si la question d’une réouverture au plus vite ne fait pas l’unanimité, tous se montrent en revanche très confiants quant à leur capacité à assurer une « sécurité sanitaire » au sein de leurs établissements. Un peu plus de 4 commerçants sur 10 sont même prêts à renforcer les protocoles sanitaires, afin notamment de réduire le nombre de personnes dans les magasins. Même si la plus grande partie d’entre eux considèrent que les règles déjà édictées sont largement suffisantes. « Personnellement je ne vois pas l’intérêt de renforcer les protocoles sanitaires qui sont déjà très stricts et contraignants pour la majorité des commerçants, si ce n’est juste de rassurer l’opinion publique. Je pense qu’il serait plus opportun de mieux appliquer ceux déjà mis en œuvre, quitte à distribuer des amendes plus sévères à ceux qui font n’importe quoi. Mais il faut quand même nous laisser les moyens de travailler, et surtout de vivre dignement de notre activité ! », s’insurge Marc, fleuriste à Montauban.

Un sentiment de ras-le-bol partagé aussi par de nombreux commerçants, et qui explique pourquoi très peu d’entre eux ne veulent pas que la réouverture se fasse uniquement sur rendez-vous pris à l’avance (voir ci-dessous). C’est pourtant l’option retenue aujourd’hui par Bruno Le Maire, qui s’est déclaré « très favorable » à la mise en place d’un système de prise de rendez-vous afin de limiter la circulation des personnes. « C’est une des règles sanitaires qui nous permettrait de rouvrir dans de bonnes conditions », a-t-il expliqué lundi 9 novembre au micro de BFM TV.

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Vers une réouverture au 1er décembre ?

Malgré une bonne volonté, et des arguments justes et cohérents de la part des commerçants, la réouverture des commerces dits « non essentiels » pour la mi-novembre semble assez compromise, les considérations sanitaires l’emportant aujourd’hui sur les enjeux économiques. Reste qu’il devient de plus en plus difficile d’opposer ces deux aspects, tant les conséquences économiques (et donc humaines aussi) du confinement pourraient s’avérer aussi désastreuses que l’épidémie en elle-même, voire plus selon certains. A cela s’ajoute le fait que contrairement à ce que l’on a pu observer au cours du printemps dernier, la population se montre plus réticente face aux mesures de restrictions qui lui sont imposées.

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Dans ce contexte, une prolongation du confinement dans les mêmes conditions que celles d’aujourd’hui, avec notamment une fermeture des activités dites « non essentielles » au-delà du 1er décembre, semble difficile à imaginer. Mais au vu de la tournure qu’ont pris les évènements ces derniers mois, il se pourrait bien que l’on ne soit pas encore au bout de nos surprises…

Sondage réalisé du 3 au 10 novembre 2020 sur lechommerces.fr et ayant recueilli la contribution de 2 162 commerçants tous secteurs d’activité confondus.

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