Une nouvelle hausse du Smic attendue au mois de juin
La reprise de l’inflation pourrait entraîner une revalorisation automatique du Smic dès le 1er juin. Si les chiffres définitifs confirment la tendance, le salaire minimum augmenterait d’au moins 2 %. Explications.

L’évolution reste encore provisoire, mais la tendance semble désormais bien engagée. Selon les dernières estimations de l’Insee, l’inflation a atteint 2,2 % sur un an en avril, portée notamment par la hausse du prix des carburants. Cette progression pourrait suffire à déclencher une nouvelle revalorisation automatique du Smic dès le 1er juin.
Le salaire minimum augmenterait alors d’au moins 2 %, soit environ 36 euros brut supplémentaires par mois pour un salarié à temps plein. Une hausse qui devra toutefois être confirmée à la mi-mai, avec la publication des chiffres définitifs de l’inflation.
Trois mécanismes de revalorisation
Pour rappel, le Smic peut évoluer selon plusieurs mécanismes. Le premier relève d’une décision du gouvernement, qui peut choisir d’accorder de son propre chef un coup de pouce supplémentaire au salaire minimum. La dernière fois qu’un gouvernement a utilisé cette possibilité remonte à 2012, lors de l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République.
En dehors de cette décision politique, le salaire minimum fait aussi l’objet d’une revalorisation annuelle au 1er janvier, calculée notamment à partir de l’inflation supportée par les ménages les plus modestes et de l’évolution des salaires ouvriers et employés.
Reste enfin le troisième mécanisme, celui qui pourrait s’appliquer cette fois-ci. La législation française prévoit également une revalorisation automatique du Smic lorsque l’indice des prix retenu pour les ménages les plus modestes progresse d’au moins 2 % depuis la dernière revalorisation. C’est précisément ce seuil qui pourrait être franchi dans les prochains jours.
Environ 36 euros de plus par mois
Si la revalorisation est confirmée, le Smic horaire brut passerait de 12,02 euros à au moins 12,26 euros. Sur une base de 35 heures par semaine, le Smic mensuel brut passerait ainsi de 1 823,03 euros à environ 1 859 euros. Pour un salarié à temps plein rémunéré au salaire minimum, cela représenterait environ 36 euros brut supplémentaires par mois. Une hausse qui interviendrait quelques mois seulement après la revalorisation du 1er janvier.
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Le sujet des allègements de cotisations en arrière-plan
Cette hausse du Smic pourrait aussi rouvrir le débat sur les allègements de cotisations patronales sur les bas salaires. Et pour cause, une hausse du salaire minimum augmente mécaniquement le nombre de salariés entrant dans le champ de ces allègements, avec un impact immédiat sur les finances publiques. Le gouvernement anticipe déjà un manque à gagner d’environ 1,5 milliard d’euros et pourrait chercher à en limiter l’impact budgétaire. Une piste avait déjà été envisagée en octobre dernier, avec un possible coup de rabot sur ces allègements, avant d’être finalement mise de côté.
Reste à savoir si cette piste reviendra sur la table dans les prochains mois. Pour les commerçants, l’enjeu est crucial : conjuguer une hausse du Smic avec un rabotage des allègements de cotisations alourdirait considérablement le coût du travail.
Dans un contexte déjà marqué par l’envolée des charges fixes (loyers, énergie, matières premières), les marges de manœuvre des indépendants sont plus que jamais réduites. Pour amortir ce nouveau choc, les professionnels se retrouvent face à un arbitrage difficile : rogner sur leur propre rémunération – souvent inférieure ou à peine supérieure au Smic – ou répercuter la hausse, au risque de freiner les ventes. Un équilibre de plus en plus délicat en termes de rentabilité. Les commerçants devront donc suivre de très près ces évolutions, dans une période déjà fragilisée par de fortes tensions internationales.
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