SignalConso, le site Internet qui permet d’alerter la DGCCRF, fait polémique

Déjà testée depuis plusieurs mois en région, la plateforme SignalConso s’ouvre aujourd’hui à tous les citoyens. L’objectif : permettre aux consommateurs de signaler une fraude auprès de la DGCCRF. Une initiative qui inquiète les représentants des commerçants.

SignalConso

Une fausse promotion dans un grand magasin, des problèmes d’hygiène dans un commerce d’alimentation, un problème de garantie constructeur, dates de péremption dépassées… Désormais les consommateurs peuvent signaler ce qu’ils considèrent comme une fraude en quelques clics. Et ce depuis la plateforme SignalConso, lancée au niveau national le 18 février 2020. Testée depuis un an dans les régions Centre-Val-de-Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie, SignalConso a finalement atteint « le degré de maturité qui permet son déploiement », s’est félicitée Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances.

Comment ça marche ?

Pour effectuer un signalement, l’internaute a le choix entre 15 catégories allant de café/restauration aux travaux/rénovation, jusqu’à la banque et assurance. Une fois le secteur identifié, il doit ensuite répondre à une série de questions avant de détailler son problème. L’utilisateur peut choisir de faire ce signalement de manière anonyme, ou transmettre ses coordonnées s’il souhaite être contacté par l’entreprise en question. Une fois la réclamation effectuée, le commerçant est contacté par la DGCCRF afin de l’informer du problème. Si ce dernier le souhaite, « il peut procéder spontanément aux corrections utiles, sans sanction », précise le Ministère de l’Économie. Le chef d’entreprise a également la possibilité de contacter directement l’internaute, si ce dernier a choisi de lui transmettre ses coordonnées.

« Une pratique honteuse »

Si les associations de consommateurs saluent dans l’ensemble le déploiement de cette plateforme, l’initiative a été vivement critiquée par les représentants du commerce français. La fédération des groupements économiques du Nord-Isère, dans un premier temps, à travers la voix de de son vice-président, Jacques Gerbault, a dénoncé « une scandaleuse manipulation gouvernementale qui va jeter l’opprobre sur les commerçants indépendants de proximité. Le gouvernement fait appel aux consommateurs – avec le risque des avis anonymes, épidermiques voire malveillants – au lieu d’embaucher davantage de contrôleurs professionnels de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Ces  professionnels compétents peuvent vraiment évaluer un commerçant et l’aider à corriger le tir en cas de dysfonctionnement. » Une inquiétude que partage également la Confédération des Commerçants de France, particulièrement en ce qui concerne l’aspect anonyme des requête. « Les témoignages risquent de ne pas être tous fondés sur l’honnêteté et la bienveillance, ni sur l’objectivité, explique son Président Francis Palombi. La CDF pense qu’il est nécessaire de procéder à des modifications, en vue que se crée une véritable transparence et authentification des éventuelles démarches engagées par les consommateurs. »

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Sur le risque des avis mal intentionnés, la DGCCRF assure que ses équipes ont l’expérience pour traiter ce genre de signalements. Reste à savoir si la mise en place de la plateforme perturbera l’activité des indépendants, ou à l’inverse si elle permettra de condamner les pratiques frauduleuses de nombres de grandes enseignes et géants du e-commerce…

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