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75 000 magasins pourraient fermer aux Etats-Unis

Un rapport d’UBS estime que 75 000 magasins physiques pourraient fermer leurs portes d’ici 2026. L’e-commerce en serait le principal responsable.

La démocratisation de l’achat en ligne va continuer à faire des victimes chez les acteurs de la distribution physique aux Etats-Unis. C’est en tout cas ce qui ressort d’un récent rapport d’UBS sur l’evolution du e-commerce outre-Atlantique. En effet, les analystes de la célèbre banque d’investissement suisse estiment que 75 000 magasins physiques pourraient fermer leurs portes d’ici 2026. Comment parviennent-ils à cette conclusion ? Tout simplement en se basant sur l’augmentation des parts de marché de la vente sur internet dans les années à venir. Selon leurs calculs, une hausse de 1% du taux de pénétration du e-commerce entraînerait 8000 à 8500 fermetures de magasins. En considérant que la part de marché du e-commerce, actuellement de 16%, grimpera jusqu’à 25% d’ici 2026, ce ne sont ainsi pas moins de 75 000 magasins physiques qui seraient donc contraints de fermer leurs portes (les enseignes de restauration ne sont pas pris en compte dans ce calcul).

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Les Etats-Unis connaissent déjà un phénomène de suréquipement commercial, ce qui a conduit à l’appartion il y a quelques années de « Deads Malls », littéralement des centres commerciaux à l’abandon.

Dans le détail, les boutiques de vêtements seraient les plus touchées, avec environ 21 000 fermetures estimées d’ici 2026 ! 10 000 magasins d’électroniques, 8 000 commerces d’équipement de la maison et 1 000 magasins de bricolage devraient également disparaître d’ici là. Même l’alimentaire, pourtant davantage résiliant face au e-commerce, pourrait subir de lourdes pertes, avec les fermetures de 7 000 points de vente, dans le la cas où le taux de pénétration de la vente en ligne passerait à 10%, contre 2% actuellement.

Plus de 5 000 annonces de fermetures depuis le début de l’année

L’hécatombe annoncée par UBS s’inscrit dans une tendance globale de fermetures de points de vente aux Etats-Unis. Depuis 2017, ce ne sont ainsi pas moins de 15 000 commerces qui ont tiré le rideau ! Parmi eux : Radio Shack (qui a fermé 1 470 magasins), Toys R Us (735 magasins), ou encore Mattress Firm et GNC (700 magasins chacun). Et pour cause, les ménages américains consomment de plus en plus en ligne : 5 200 dollars dépensés en moyenne l’année dernière, soit une augmentation de 50% par rapport à 2013. L’année 2019 à peine débutée bat à son tour des records, avec 5 846 fermetures de magasins physiques d’ores et déjà annoncées, contre 5 854 l’année dernière. Une baisse particulièrement prononcée qui s’explique par des fermetures en nombre de la part de certaines enseignes. La faillite de Payless ShoeSource (chaussure) entraînera la liquidation de ses 2 100 magasins, tandis que les chaînes Gymboree (mode enfant) et Charlotte Russe (mode féminine) ont annoncé vouloir se séparer de respectivement 800 et 500 points de vente.

Lire aussi : « Les zones commerciales périphériques paupérisent les centres-villes »

Les commerçants les plus en difficulté ne sont pas les seuls à rationaliser leur parc de magasins physiques. A l’image par exemple de Foot Locker, qui enregistre de bonnes performances financières, mais vient quand même d’annoncer son intention de fermer 165 boutiques dans le monde en 2019. A côté, 80 nouveaux points de vente devraient être inaugurés, signe que les distributeurs se montrent aussi de plus en plus opportunistes dans leur choix d’emplacement. « La tendance est aux magasins plus rationalisés : moins de chaos, moins d’inventaire, moins de choix, confirme dans les colonnes du Washington Post John D. Morris, analyste chez DA Davidson, société de services financiers spécialisée dans le Retail. Si un client veut quelque chose de couleur ou de taille différente, il peut le trouver en ligne. » Tel sera donc le futur du commerce physique ? La voie semble tracée pour les grandes enseignes, mais sur d’autres créneaux les commerçants indépendants à forte identité n’ont pas dit leur dernier mot, sans compter l’émergence des commerçants-artisans. Paradoxalement l’e-commerce dématérialisé pourrait aussi engendrer un besoin de retour à certaines valeurs, telles que l’authenticité et la valeur confiance du commerçant qui connait parfaitement ses produits quand il ne les fabrique pas lui-même.




One Comment

  1. Philippe MENUDIER

    Enfin, on se réveille après une dizaine d’années pour dire la vérité !! les chiffres sont implacables
    Commerces , adaptez vous ! Communiquez !!! franchement ce n’est pas la création d’un petit site internet de vente en ligne pour les commerçants qui les sauvera ….ni même parce qu’un compte Facebook ou Instagram sera créé
    soyons sérieux !!! un magasin physique est un magasin physique !! et c’est pour ca que les consommateurs(trices )viennent vous voir… pour discuter , essayer les produits… avoir un contact physique …
    même si je ne nie pas qu’un site peut peut être vous permettre d’obtenir quelques commandes en un mois…combien aurez vous de retour? êtes vous structurés pour rembourser, échanger les produits sans compter ceux ou celles qui vont vous commander plusieurs tailles … pour s’apercevoir qu’ils ont trouvé encore moins cher sur internet chez quelqu’un d’autre
    Commerçants : ne vous laissez pas abuser à nouveau par les vendeurs de site …
    car a moins de dépenser plusieurs centaines ou milliers d’euros par mois en publicité sur les réseaux ( ce que seuls font vos marques si vous travaillez des marques, ou la franchise si vous travaillez sous cette forme , ou les plateformes spécialisées , comment voulez vous qu’on vous remarque dans la “jungle Mondiale ” qu’est devenu Internet ?? c’est impossible !!
    concentrez vous a proposer le meilleur prix car les consommateurs(triées ) sont devenu(e)s PROMO DEPENDANTS c’est a dire que tout doit être soldé voire bradé – c’est triste mais c’est ainsi
    VENDEZ le plus vite possible votre affaire car bientôt même un Fond détenu depuis trente ou 40 ans ne vaudra plus rien – C’est le progrès … qui est en marche …
    c’est ainsi qu’est fait notre monde actuel : le plus gros mange le plus petit, et le plus riche abat le plus pauvre qui n’a pas les moyens de survivre …
    je ne vois pas dans ces conditions comment à terme le chômage de masse pourra baisser dans les années à venir à moins de truquer ( ce qui n’est pas à exclure par les temps qui courent )les chiffres ou les catégories de chômeurs …
    Nous vivons une belle époque !

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