« Je ne me verse plus de salaire » : À Saint-Brieuc, une commerçante lance un cri d’alerte

Étouffée par le poids des charges et des dettes, la gérante de la boutique C’Clas, située dans le centre-ville de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), a lancé une cagnotte en ligne avec l’objectif de réunir 10 000 € en quinze jours.

Stéphanie Gaborel, gérante de C'class à Saint-Brieuc
Stéphanie Gaborel, gérante de « C’class » à Saint-Brieuc a lancé une cagnotte pour éviter la faillite. © Radio France – Johan Moison

Comme l’ont bien montré les résultats de notre baromètre du commerce indépendant en 2025, les temps sont durs pour les commerçants. Et particulièrement dans le secteur de la mode, très sinistré ces dernières années. Les détaillants bretons n’échappent pas à cette morosité, touchés également de plein fouet par la baisse de fréquentation en centre-ville, et la prudence des ménages dans leurs décisions d’achat.

À Saint-Brieuc notamment, de nombreuses boutiques ont déjà tiré le rideau ces dernières années, et d’ici la fin du mois de février, deux boutiques de prêt-à-porter féminin supplémentaires cesseront leur activité, comme le rapporte France Bleu. Installée rue Saint-Gouéno depuis douze ans, Stéphanie Gaborel, gérante de la boutique de prêt-à-porter C’Clas ne veut pas connaître le même destin. Le 30 janvier dernier, la commerçante a lancé une cagnotte en ligne pour tenter de préserver sa boutique, à l’approche de sa treizième année d’activité. « Je me retrouve au pied du mur. J’ai accumulé quelques petites dettes, mais avec cette cagnotte je peux m’en sortir et continuer à habiller mes supers clientes », explique-t-elle.

Des habitudes de consommation bouleversées par les travaux et le stationnement

Selon la commerçante, ces difficultés s’expliquent à la fois par un contexte économique tendu, mais aussi par les travaux engagés depuis plusieurs mois dans le centre-ville. La piétonnisation de la place de la Résistance, ainsi que la suppression du parking situé devant La Poste, auraient selon elle bouleversé les habitudes de la clientèle. « Elles se garaient ici, faisaient leurs achats en une ou deux heures chez moi et dans d’autres boutiques. Cela les a freinées, elles ne veulent plus venir », témoigne-t-elle.

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Objectif : 10 000 €

Avec sa cagnotte en ligne, la commerçante espère réunir 10 000 €, une somme qui doit lui permettre de rembourser ses dettes et de sécuriser la poursuite de son activité. À 52 ans, elle refuse d’envisager la fermeture de son commerce. D’autant que sa boutique possède par ailleurs une valeur symbolique particulière. « C’est dans ce local que j’ai travaillé pour la première fois à 19 ans, dans un magasin de cuir », raconte la commerçante à Ouest France. La cagnotte restera ouverte seulement jusqu’au 15 février.

Cagnotte sur Leetchi.com.

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