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Les fonds d’aides aux commerçants se multiplient

Bordeaux, Lyon, Rennes… Mais aussi de plus petites agglomérations mettent en place des fonds d’aides pour soutenir les commerçants face à la baisse de l’activité.

Après 12 semaines de mobilisation des gilets jaunes, et autant de manifestations les samedis qui ont eu pour effet de bloquer le trafic en centre-ville, de plus en plus de commerçants se retrouvent aujourd’hui aux abois. Dans les zones les plus touchées, on recense aujourd’hui une chute de chiffre d’affaires de l’ordre de 30% à 50%, poussant certains commerçants à mettre la clé sous la porte ! Dans ce contexte tendu pour la survie de nombres d’entreprises, les indépendants notamment, les fonds d’aides aux commerçants se multiplient aux quatre coins de la France.

fonds d'aides aux commerçants
A Toulouse, les commerçants ont manifesté afin de faire entendre leur détresse.
La municipalité a ainsi voté une enveloppe d’un million d’euros pour financer une série de mesures en faveur des commerçants et des artisans.
© Alain Gastal /Radio France/Maxpp
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Des fonds d’aides alloués aux commerçants

Particulièrement touchés par les manifestations du samedi des gilets jaunes, les commerçants de Bordeaux pressent les pouvoirs publics de prendre des mesures afin d’éviter le pire. Une détresse entendue en partie, avec le déblocage par la Nouvelle Aquitaine d’une enveloppe de 2 millions d’euros pour l’ensemble des commerçants de la région, auxquels s’ajoute 300 000 € qui devraient être spécialement versés par l’Etat pour les commerçants bordelais. Dans les faits, une subvention de 2 000€ à 10 000€ sera ainsi accordée aux TPE, l’éligibilité au dispositif se fera en fonction de la baisse du chiffre d’affaires.

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A Rennes également, « 38 % des commerçants du Pays de Rennes ont vu leur chiffre d’affaires baisser jusqu’à -20 % et 34 % de -20 à -40 % », estime la CCI. Au-delà de l’enveloppe promise par l’Etat d’un montant de 3 millions d’euros pour les villes les plus touchées (dont Rennes fait partie), les commerçants rennais attendent aujourd’hui d’autres mesures, telles que l’exonération des droits de terrasse et des droits de place pour les commerçants des marchés pendant quatre mois, la gratuité des transports en commun ou encore la gratuité des deux premières heures de parking, au moins un samedi par mois. La région Rhône Alpes-Auvergne a de son côté présenté un plan de 8 millions d’euros pour soutenir les TPE les plus impactées par les baisses de l’activité. Une aide qui servira pour les travaux de réparation, mais également afin de renflouer la trésorerie des entreprises, sous forme de prêt à taux zéro. Des mesures exceptionnelles du même ordre ont également été annoncées un peu partout en France ces dernières semaines, même au sein de plus petites agglomérations, comme à Douarnenez, en Bretagne.

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Des voix s’élèvent pour réclamer la réduction des charges

Au-delà des fonds d’aides aux commerçants votés au niveau local et national, de plus en plus de voix s’élèvent aujourd’hui du côté des élus locaux et des représentants du commerce afin de demander une réduction, voire dans certains cas une annulation, des charges sociales et fiscales. A l’image par exemple du président de la région Rhône Alpes-Auvergne, Laurent Wauquiez. Cette mesure permettrait selon lui de « redonner de l’oxygène à nos commerces ». Une revendication soutenue par le président de CCI France, Pierre Goguet, qui réclame une « exonération de cotisations sur un trimestre et pas seulement un étalement ». Un coup de pouce qui serait bien entendu le bienvenu, à condition quand même qu’in fine, l’activité économique reparte à la hausse assez rapidement. Pour le moment, rien n’est moins sûr… Affaire à suivre.

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