Municipales 2026 : les commerçants se mobilisent pour faire entendre leurs revendications
Stationnement, sécurité, fiscalité… Plus de 5 500 commerçants ont répondu à la consultation lancée par l’echommerces pour interpeller les futurs maires. Découvrez en exclusivité les résultats de cette mobilisation inédite.

À l’approche du second tour des élections municipales, les commerçants indépendants français expriment de fortes attentes à l’égard de la prochaine majorité locale. Cette mobilisation se reflète dans les 5 564 réponses recueillies lors de la grande consultation nationale lancée par l’echommerces pour identifier leurs principales revendications. Sécurité, stationnement, fiscalité… Autant de sujets sur lesquels les futurs élus sont attendus au tournant. Découvrez tous les résultats de la consultation.
Un sentiment majoritairement négatif sur l’évolution du commerce local
Avant même d’énumérer leurs priorités pour les années à venir, les commerçants interrogés dressent un constat sévère de l’évolution du commerce dans leur commune au cours du dernier mandat municipal. Près d’un répondant sur deux estime que la situation s’est nettement dégradée, (49,7 % des réponses). Et près de 25 % des commerçants interrogés jugent qu’elle s’est légèrement dégradée.
À l’inverse, les jugements positifs restent minoritaires. Une part limitée des répondants considère que la situation s’est améliorée, tandis que 13,4 % estiment qu’elle est restée globalement stable. Ce décalage montre à quel point le sentiment d’essoufflement du commerce de proximité s’est installé dans de nombreux territoires, nourri par la baisse de fréquentation, les difficultés d’accès, la concurrence accrue ou encore la fragilisation de certains centres-villes.

« Aujourd’hui, beaucoup de commerçants ont le sentiment de tenir bon dans un environnement devenu plus difficile. On voit bien que certaines rues se vident, que l’activité est plus fragile, et que le commerce de proximité a perdu une partie de son souffle dans de nombreuses communes », observe Éric, gérant d’une boutique de chaussures pour homme et femme à Livourne.
Ce constat général donne le ton de la consultation. Si les commerçants expriment autant d’attentes envers les futurs élus, c’est aussi parce qu’une large part d’entre eux estime que la situation du commerce local s’est dégradée ces dernières années.
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Baisse de fréquentation et accès au commerce : les premières préoccupations
Parmi les sujets qui pèsent le plus sur l’activité des commerçants dans leur commune, la baisse de fréquentation arrive ainsi très nettement en tête, citée par 69 % des répondants. Juste derrière, le stationnement et l’accessibilité concentrent aussi de fortes inquiétudes, avec 59 % des votes. Deux préoccupations qui se rejoignent souvent sur le terrain : quand les clients viennent moins, chaque frein supplémentaire peut avoir un impact direct sur le chiffre d’affaires.
Pourtant, la tendance ces dernières années a plutôt été de réduire le parc de stationnement, et favoriser le développement des mobilités douces (transports en commun, vélo, piétonnisation…) « Je pense que parfois certains politiques ne sont pas connectés à la réalité. Qu’on le veuille ou non la voiture reste encore un moyen de déplacement privilégié pour nombre de Français, en la bannissant on les encourage à se rendre dans les zones périphériques, et donc à faire plus de km, et ainsi polluer davantage », analyse Gérald, gérant d’un bureau de tabac à Montreuil. Un témoignage qui fait écho pour de nombreux commerçants. A l’image de Medhi, gérant d’une vapoterie, à Toulouse : « A trop vouloir bannir la voiture, les clients ne viennent plus en ville, et achètent de plus en plus sur internet à l’autre bout de la planète. Il faut trouver le juste équilibre, sinon c’est la mort des commerces de centre-ville ».
« La voiture reste encore un moyen de déplacement privilégié pour nombre de Français. En la bannissant des centres-villes, on encourage les clients à se rendre dans les zones périphériques »
L’enquête révèle également d’autres difficultés de fond, à commencer par le niveau des loyers et des charges locatives, cité par 42 % des commerçants. Ou encore la concurrence des zones commerciales de périphérie et du e-commerce, mentionnée par 33 % des répondants. À cela s’ajoute la vacance commerciale, qui fragilise l’attractivité de certaines rues et alimente un sentiment de dévitalisation. « Quand plusieurs locaux ferment autour de vous, cela finit par peser sur tout le quartier. Les clients ont moins de raisons de venir, et cela donne une image de centre-ville qui s’affaiblit », observe Léonie, gérant d’un salon de coiffure et d’esthétique, dans le centre-ville d’Amiens.
Quel sont aujourd’hui les sujets qui pèsent le plus sur votre activité dans votre commune ?
- Baisse de fréquentation : 69 % des votes
- Stationnement et accessibilité : 59 % des votes
- Niveau des loyers / charges locatives : 42 % des votes
- Concurrence (zones commerciales, périphérie, e-commerce) : 33 % des votes
- Vacance commerciale autour de mon commerce : 26 % des votes
- Travaux et chantiers : 23 % des votes
- Insécurité / incivilités : 22 % des votes
- Propreté / cadre urbain : 12 % des votes
- Démarches et autorisations locales (terrasse, enseigne, occupation du domaine public) : 9 % des votes
- Recrutement et manque de main-d’œuvre : 4 % des votes
Des attentes très concrètes vis-à-vis des élus locaux
Lorsqu’ils sont interrogés sur les actions à privilégier par la mairie et l’intercommunalité pour soutenir le commerce de proximité, les commerçants placent en tête tout les leviers à même de booster la fréquentation. Le soutien à l’animation commerciale et aux événements générateurs de flux arrive ainsi en première position, avec 56 % des votes, juste devant l’amélioration du stationnement en centre-ville, citée par 54 % des répondants. Deux priorités qui traduisent une attente simple : ramener du monde dans les rues commerçantes et lever les freins à la venue des clients.
« Quand il se passe quelque chose en centre-ville, on le voit tout de suite en magasin. Les animations, les marchés, les temps forts commerciaux, ce n’est pas accessoire : cela redonne envie aux habitants de revenir et de flâner », souligne Claire, gérante d’une boutique de décoration à Montpellier. Son témoignage illustre bien l’importance accordée par les commerçants à tout ce qui peut redynamiser le trafic et renforcer l’attractivité immédiate des centralités.
Mais au-delà des animations, les répondants expriment aussi un besoin de méthode et de dialogue. Près d’un commerçant sur deux (48 %) souhaite une concertation régulière avec les commerçants avant la prise de décisions locales sur les travaux, la circulation, le stationnement ou encore l’animation. Une attente forte, qui traduit pour beaucoup le sentiment d’être encore trop souvent mis devant le fait accompli, alors que ces choix ont des conséquences directes sur leur activité.
« On ne demande pas à décider à la place de la mairie, mais à être consultés avant que les choix soient arrêtés. Quand un chantier, un changement de circulation ou une suppression de places est annoncé trop tard, c’est notre activité qui encaisse », explique Julien, gérant d’un café-restaurant, à Quimper. Son constat rejoint celui des nombreux commerçants qui réclament davantage d’anticipation, de lisibilité et de concertation sur les décisions locales les plus structurantes.
« Quand le centre-ville s’anime, on le ressent immédiatement dans nos commerces : il y a plus de passage, plus d’achats et une dynamique qui profite à tout le monde »
Redynamiser le commerce, mais pas seulement
D’autres attentes relèvent d’une vision plus structurelle de la vitalité commerciale. Renforcer l’attractivité du centre-ville par l’habitat et les services recueille 38 % des votes, tandis que 34 % des répondants appellent à mieux piloter les implantations de nouveaux commerces et autant à agir, lorsque cela est possible, sur le niveau des loyers commerciaux. Derrière ces résultats, une même idée s’impose : le commerce de proximité ne peut pas être soutenu uniquement à l’échelle de la vitrine ou de la rue, mais doit être pensé dans un environnement plus global, incluant logement, santé, équipements et équilibre commercial.
« Un centre-ville vivant, ce n’est pas seulement une succession de boutiques. Il faut aussi des habitants, des services, des professionnels de santé et des raisons de venir toute la semaine. Sinon, le commerce finit par tourner dans un cadre qui se fragilise », estime Nadia, gérante d’une librairie-papeterie, à Montluçon. Son témoignage illustre cette attente d’une action publique plus globale sur l’attractivité des cœurs de ville, au-delà des seules mesures commerciales.
« Un commerce de proximité ne peut pas prospérer durablement dans un centre-ville qui perd ses habitants, ses services et son attractivité »
Les résultats montrent aussi que les commerçants attendent des réponses très opérationnelles sur le quotidien : propreté et entretien de l’espace public, meilleure signalétique vers les zones commerçantes et les parkings, meilleure planification des travaux, ou encore renforcement de la sécurité et de la tranquillité dans les rues commerçantes. Ces sujets arrivent un peu plus bas dans le classement, mais ils dessinent un même besoin de cadre clair, lisible et rassurant pour les clients comme pour les professionnels.
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À l’inverse, certaines thématiques apparaissent plus secondaires dans les priorités exprimées, comme la simplification des démarches locales, l’accompagnement à la transition numérique, l’encadrement de l’occupation commerciale de l’espace public, ou encore les enjeux de recrutement et de formation. Non pas qu’elles soient jugées sans importance, mais elles semblent passer après des urgences plus immédiates aux yeux des commerçants, à savoir recréer du flux, faciliter l’accès, améliorer l’environnement commercial et être davantage associés aux décisions qui structurent la vie locale.
Quelles sont les actions à privilégier par la mairie et l’intercommunalité pour soutenir le commerce de proximité ?
- Soutenir l’animation commerciale et les événements générateurs de fréquentation : 56 % des votes
- Améliorer le stationnement en centre-ville : 54 % des votes
- Instaurer une concertation régulière avec les commerçants avant les décisions (travaux, circulation, stationnement, animation) : 48 % des votes
- Renforcer l’attractivité du centre-ville par l’habitat et les services (logement, santé, équipements, mixité d’usages) : 38 % des votes
- Piloter les implantations de nouveaux commerces (préemption, stratégie de commercialisation, mix d’activités…) : 34 % des votes
- Agir sur le niveau des loyers commerciaux quand c’est possible (médiation, foncier public, locaux stratégiques) : 34 % des votes
- Améliorer la propreté et l’entretien de l’espace public au quotidien : 29 % des votes
- Déployer une signalétique plus claire et une meilleure orientation vers les zones commerçantes (accès, parkings, parcours) : 29 % des votes
- Mieux planifier les travaux et limiter leur impact sur l’activité (phasage, information, signalétique) : 28 % des votes
- Renforcer la sécurité et la tranquillité dans les rues commerçantes : 27 % des votes
- Adapter la fiscalité locale et activer des aides quand c’est possible (TASCOM, exonérations ciblées, dispositifs locaux) : 24 % des votes
- Soutenir l’installation et la transmission des commerces (aide à l’implantation, accompagnement, mise en relation) : 24 % des votes
- Simplifier les démarches et autorisations locales (terrasses, étals, enseignes, occupation du domaine public) : 17 % des votes
- Accompagner la transition numérique des commerces (visibilité locale, outils, formation) : 11 % des votes
- Encadrer l’occupation commerciale de l’espace public (marchés, vente à la sauvette, règles équitables pour tous) : 7 % des votes
- Soutenir le recrutement et la formation sur le territoire (apprentissage, partenariats, mise en relation candidats-entreprises) : 3 % des votes
La nécessité d’être davantage entendu
En conclusion, outre les nombreuses revendications, les 5 564 réponses de commerçants indépendants récoltées, et les centaines de témoignages reçus à la rédaction, mettent en évidence la volonté des professionnels du commerce d’être davantage reconnus et entendus par les pouvoirs public. Que ce soit de par la qualité de leur savoir-faire, la pénibilité et l’implication que nécessite leur travail, la richesse des emplois qu’ils créent, ou encore la fonction de lien social qu’ils remplissent au quotidien.
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« Petites boutiques, restaurants, cafés, stations-service, épiceries, boulangeries, boucheries, coiffeurs, fleuristes, artisans, commerçants de tous horizons… Sans nous, le pays ne fonctionnerait plus. Notre savoir-faire, comme le lien social que nous créons chaque jour avec la population, est essentiel, au même titre que le travail des agriculteurs. Nos revendications et nos attentes à l’égard des pouvoirs publics méritent donc d’être bien davantage entendues », conclut Marc, gérant d’une boulangerie, à Nîmes. Le message est lancé !
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