L’absentéisme continue de fortement progresser en entreprise
Porté par la hausse des arrêts longs et la dégradation de la santé mentale, l’absentéisme au travail s’installe durablement, tout en touchant de nouvelles populations jusqu’ici moins exposées.

L’absentéisme au travail ne montre aucun signe de ralentissement. Pire encore, il ne cesse de croître depuis la période Covid, avec un coût conséquent à la fois pour les finances publiques et pour les entreprises. C’est en tout cas l’un des principaux enseignements de l’étude Datascope 2026 publiée par l’assureur AXA. En 2025, le taux d’absentéisme, qui correspond à la part des jours d’absence rapportée au nombre total de jours travaillés, a atteint 4,8 %. Un niveau record, en hausse de 5 % sur un an, et surtout de 50 % par rapport à 2019 ! Une progression continue, qui confirme que le phénomène dépasse désormais le simple contrecoup de la crise sanitaire pour s’inscrire dans une tendance de fond.
Les arrêts longs tirent la hausse de l’absentéisme
Derrière cette progression, la structure même des arrêts évolue. La hausse de l’absentéisme est désormais largement portée par les arrêts de longue durée. Les arrêts de plus de six mois concentrent à eux seuls près de la moitié de l’absentéisme total, alors même qu’ils sont beaucoup moins nombreux que les arrêts courts.
À l’inverse, les arrêts très courts, de un à trois jours, restent largement majoritaires en nombre, puisqu’ils représentent près de 44 % des arrêts enregistrés. Pourtant, leur impact sur l’absentéisme global reste très limité : ils pèsent peu dans le volume total de jours d’absence, contrairement aux arrêts longs qui, eux, s’étalent sur plusieurs mois.
Ce déséquilibre entre fréquence et impact se retrouve aussi dans les dépenses d’indemnisation. Selon une étude publiée en 2024 par la Drees, les arrêts de moins de huit jours, qui représentent pourtant près de la moitié des arrêts indemnisés, ne comptent que pour 4 % des indemnités journalières versées. À l’inverse, les arrêts de plus de six mois, plus rares (7 % du total), concentrent à eux seuls près de la moitié des dépenses, illustrant leur poids déterminant dans le système.
Un absentéisme toujours plus élevé avec l’âge, mais en forte hausse chez les plus jeunes
Autre point notable de l’étude, la répartition des arrêts évolue fortement avec l’âge. Chez les salariés les plus jeunes, les absences restent très majoritairement de courte durée, souvent liées à des épisodes ponctuels, notamment épidémiques. Les arrêts d’un à trois jours représentent ainsi encore plus d’un arrêt sur deux chez les moins de 30 ans (57 %), contre seulement 28 % chez les plus de 55 ans. À mesure que l’on avance en âge, cette structure se transforme progressivement : la part des arrêts courts recule nettement, tandis que les arrêts longs deviennent de plus en plus fréquents et pèsent de plus en plus lourd dans le total des jours d’absence.
Cette évolution se traduit directement dans les niveaux d’absentéisme. En 2025, ce taux atteint 3,3 % chez les moins de 30 ans, 4,2 % chez les 30-35 ans, 4,4 % chez les 35-40 ans, 4,7 % chez les 40-45 ans, 4,9 % chez les 45-50 ans, 5,5 % chez les 50-55 ans et 6,4 % chez les plus de 55 ans. Une progression régulière qui illustre le poids croissant des absences longues durées avec l’âge.
Mais derrière cette hiérarchie stable, les dynamiques sont plus contrastées. Les moins de 30 ans enregistrent une hausse de 10 % de leur absentéisme sur un an, et les 30-35 ans affichent la progression la plus forte, avec +11 %. À l’inverse, les plus de 55 ans, pourtant les plus absents en proportion, voient leur situation se stabiliser. Ce décalage montre que si l’âge reste un facteur structurant majeur, la hausse de l’absentéisme est aujourd’hui tirée par les actifs les plus jeunes, traduisant un phénomène de rattrapage qui tend à élargir le sujet à l’ensemble des générations.
Taux d’absentéisme par tranche d’âge en 2025 et évolution sur un an
| Tranche d’âge | Taux 2025 | Évolution vs 2024 |
|---|---|---|
| Moins de 30 ans | 3,3 % | +10 % |
| 30 – 35 ans | 4,2 % | +11 % |
| 35 – 40 ans | 4,4 % | +7 % |
| 40 – 45 ans | 4,7 % | +7 % |
| 45 – 50 ans | 4,9 % | +4 % |
| 50 – 55 ans | 5,5 % | +4 % |
| Plus de 55 ans | 6,4 % | stable |
Des écarts marqués selon les profils de salariés
Au-delà de l’âge, l’étude met en évidence des écarts significatifs d’absentéisme selon les profils de salariés. Les non-cadres restent les plus concernés en niveau, avec un taux qui atteint 5,7 % en 2025, contre 2,6 % pour les cadres. Un écart important, qui s’explique notamment par une fréquence d’arrêts plus élevée chez les non-cadres, souvent exposés à des contraintes physiques ou organisationnelles plus fortes. Pour autant, la dynamique est différente. L’absentéisme progresse plus rapidement chez les cadres, avec une hausse de 8 % sur un an, contre +4 % chez les non-cadres, traduisant un mouvement de rattrapage.
Les écarts sont également marqués entre les hommes et les femmes. En 2025, le taux d’absentéisme a atteint 5,8 % chez les femmes, contre 3,9 % chez les hommes, avec une progression plus rapide côté féminin (+5 %, contre +3 %). Enfin, le type de contrat joue un rôle déterminant. Les salariés en CDI affichent un taux d’absentéisme de 5 %, en hausse de 4 % sur un an, tandis que les salariés en CDD restent à un niveau nettement inférieur, autour de 2 %, sans évolution notable.
Taux d’absentéisme par profil en 2025 et évolution sur un an
| Profil | Taux 2025 | Évolution vs 2024 |
|---|---|---|
| Cadres | 2,6 % | +8 % |
| Non-cadres | 5,7 % | +4 % |
| Hommes | 3,9 % | +3 % |
| Femmes | 5,8 % | +5 % |
| CDI | 5 % | +4 % |
| CDD | 2 % | stable |
La santé mentale s’impose comme le principal moteur des arrêts longs
Au-delà des profils et des durées d’arrêt, l’étude met en évidence une transformation plus profonde encore : la dégradation continue de la santé mentale des salariés. En 2025, les troubles psychologiques représentent désormais 38 % des arrêts de longue durée, en hausse de près de 8 % sur un an. Ils s’imposent ainsi comme la première cause d’arrêt long, devant les troubles musculo-squelettiques (27 %) et la traumatologie (9 %), confirmant un basculement progressif de l’absentéisme vers des pathologies moins visibles, mais plus durables.
Cette évolution touche particulièrement certaines populations. Chez les moins de 30 ans, les troubles psychologiques sont désormais à l’origine de plus d’un arrêt de longue durée sur deux, un niveau inédit. La tendance se confirme également chez les 30-45 ans, notamment chez les 30-35 ans, qui apparaissent comme l’une des catégories les plus exposées en valeur absolue. Dans le même temps, l’âge moyen de survenue de ces troubles continue de diminuer, passant à 40 ans en 2025, contre plus de 43 ans en 2019, signe d’une diffusion de ces problématiques dès le début de la vie professionnelle. Les femmes sont également particulièrement concernées, puisqu’elles concentrent près des deux tiers des arrêts longs liés à des troubles psychologiques, avec une exposition encore plus marquée chez les moins de 45 ans.
Lire aussi : Comment faire face aux arrêts maladies à répétition d’un salarié ?
Une montée en puissance des troubles psychologiques qui confirme que l’absentéisme ne relève plus seulement de facteurs ponctuels, mais s’inscrit dans des dynamiques plus profondes liées au travail. Derrière cette hausse continue, c’est l’évolution du rapport au travail et à la santé qui se dessine.
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