Baromètre d’activité du commerce indépendant au 4e trimestre 2025
Le chiffre d’affaires des commerçants indépendants s’est de nouveau inscrit à la baisse au 4e trimestre 2025, avec une baisse de l’activité chiffrée à -2,20 %. Pour autant, tous les secteurs ne sont pas affectés par cette baisse, certains métiers enregistrant malgré tout de bonnes performances. Récapitulatif.

Après une diminution d’activité marqué au 3e trimestre 2025 (-2,40 %), le chiffre d’affaires des commerçants indépendants a de nouveau baissé au 4ᵉ trimestre 2025*. C’est en tout cas ce qui ressort du baromètre d’activité du commerce indépendant, réalisé en partenariat avec la Confédération des Commerçants de France (CDF) et l’ensemble des fédérations de commerçants associées.
En globalité, et tous secteurs confondus, l’activité des commerçants indépendants affiche un recul moyen de -2,20 % sur la période. Une tendance générale qui cache toutefois des disparités entre les secteurs d’activité, certains connaissant des baisses prononcées, dans la continuité des derniers mois, quand d’autres parviennent à croitre légèrement.
Découvrez ci-dessous les résultats détaillés du baromètre d’activité du commerce indépendant*, secteur par secteur, mais aussi en fonction de la taille de l’entreprise, du type d’emplacement du commerce, ainsi que de la localisation géographique.
*Enquête menée du 6 janvier au 2 février 2026, auprès de 5 641 commerçants indépendants.
Des secteurs en hausse…
Si l’activité du commerce indépendant reste globalement orientée à la baisse au 4ᵉ trimestre 2025, certains secteurs parviennent néanmoins à maintenir, voire à améliorer, leur niveau d’activité. C’est notamment le cas des commerces d’alimentation générale (+0,70 %), qui demeurent légèrement orientés à la hausse, portés par la fidélité d’une clientèle locale. Les métiers de bouche, dans leur ensemble, affichent de bons résultats comparativement aux autres secteurs, avec une mention spéciale pour les boucheries-charcuteries, qui enregistrent la plus forte hausse de ce 4ᵉ trimestre (+3,20 %). Les boulangeries-pâtisseries restent également orientées à la hausse, mais dans une moindre mesure (+0,40 %).
Du côté des secteurs en progression, il convient également de noter la bonne performance de l’hôtellerie (+1,90 %) et du tourisme (+1,60 %), qui poursuivent leur redressement depuis 2024 après plusieurs années post-Covid difficiles. Le secteur regroupant la téléphonie, l’informatique et les jeux vidéo demeure lui aussi bien orienté (+1,70 %), même si la hausse apparaît moins marquée que lors des années précédentes.
Les secteurs du commerce en croissance au 4ᵉ trimestre 2025
| Secteur d’activité | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Boucherie / Charcuterie | + 3,20 % |
| Hôtellerie | + 1,90 % |
| Confiserie / Chocolaterie | + 1,70 % |
| Téléphonie / Informatique / Jeux vidéo | + 1,70 % |
| Tourisme | + 1,60 % |
| Agences immobilières | + 1,20 % |
| Pharmacie / Parapharmacie | + 0,90 % |
| Alimentation générale | + 0,70 % |
| Librairie | + 0,60 % |
| Boulangerie / Pâtisserie | + 0,40 % |
| Caviste | + 0,40 % |
| Opticien | + 0,30 % |
| Fromagerie | + 0,80 % |
| Poissonnerie | + 0,80 % |
… Et d’autres qui voient leur activité chuter assez lourdement
À l’inverse, plusieurs secteurs subissent de plein fouet la contraction de la consommation et la baisse de fréquentation dans les centres-villes. C’est le cas du commerce de la mode (prêt-à-porter, lingerie, chaussures, accessoires, maroquinerie), dont le chiffre d’affaires recule nettement (-4,40 %). Le prêt-à-porter, en particulier, enregistre le plus fort recul de ce baromètre (-5,30 %), une contre-performance à laquelle la concurrence accrue des plateformes d’ultra-fast fashion, Shein en tête, n’est pas étrangère.
Les boutiques de mode ne sont toutefois pas les seules à connaître une baisse soutenue de leur activité au cours de ce dernier trimestre. La bijouterie-horlogerie (-3,40 %) affiche également une dégradation marquée, tout comme les commerces d’arts de la table, de décoration et de droguerie (-3,30 %), ou encore le secteur des antiquités, brocantes et galeries d’art (-2,90 %).
Les professions de services de proximité ne sont pas épargnées non plus. La coiffure (-2,90 %) et l’esthétique / bien-être (-2,60 %) poursuivent leur repli, tout comme les établissements de tatouage et piercing (-3,50 %), dont l’activité recule également de manière significative.
Enfin, la situation demeure particulièrement préoccupante dans la restauration. Le secteur des cafés, bars et restaurants enregistre une nouvelle forte baisse (-5,50 %). Un recul qui s’explique principalement par une évolution profonde des comportements de consommation : les Français sortent moins souvent au restaurant, y compris pendant leurs congés, privilégiant davantage les repas à domicile ou les solutions de livraison. Ce changement d’habitudes, combiné à la hausse continue des charges et à la baisse du ticket moyen, fragilise durablement le modèle économique de nombreux établissements. Les snacks et pizzerias (-1,70 %) suivent la même tendance, bien que dans une moindre mesure.
Les secteurs du commerce en baisse au 4ᵉ trimestre 2025
| Secteur d’activité | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Cafés / Bars / Restaurants | – 5,50 % |
| Mode (Prêt-à-porter / Lingerie / Chaussures / Accessoires / Maroquinerie) | – 4,40 % |
| Fleuriste | – 3,50 % |
| Tatouage / Piercing | – 3,50 % |
| Bijouterie / Bijoux fantaisie / Horlogerie | – 3,40 % |
| Arts de la table / Décoration / Droguerie | – 3,30 % |
| Antiquité / Brocante / Galerie d’art | – 2,90 % |
| Coiffure | – 2,90 % |
| Esthétique / Bien-être | – 2,60 % |
| Snack / Pizzeria | – 1,70 % |
| Cigarette électronique | – 1,10 % |
| Buraliste / Presse / Tabac | – 0,80 % |
Les petites structures toujours en difficulté
À l’image des trimestres précédents, les plus petites entreprises du commerce indépendant demeurent les plus exposées. Les structures sans salarié enregistrent les reculs d’activité les plus marqués au 4ᵉ trimestre 2025 (-3,40 %), tandis que les entreprises de moins de cinq salariés parviennent à contenir légèrement la baisse, avec un chiffre d’affaires en recul de -2,40 %.
Les commerces de taille intermédiaire résistent davantage, avec des replis plus limités pour les entreprises comptant entre cinq et dix salariés (-1,30 %). Il en est de même pour celles employant entre dix et vingt salariés (-1,30 %). Les structures de plus de vingt salariés affichent quant à elles une baisse plus contenue (-1,80 %), sans toutefois inverser la tendance globale, qui reste orientée à la baisse pour l’ensemble du commerce indépendant.
Évolution du chiffre d’affaires selon l’effectif de l’entreprise au 4ᵉ trimestre 2025
| Effectif de l’entreprise | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Aucun salarié | – 3,40 % |
| Entreprises de moins de 5 salariés | – 2,40 % |
| Entreprises comptant entre 5 et 10 salariés | – 1,30 % |
| Entreprises comptant entre 10 et 20 salariés | – 1,30 % |
| Entreprises comptant plus de 20 salariés | – 1,80 % |
Les commerces situés en centres commerciaux connaissent la baisse la plus limitée
L’analyse de l’activité selon l’emplacement des commerces met en évidence des écarts significatifs. Les établissements implantés dans les centres commerciaux et les galeries marchandes, qu’ils soient situés en centre-ville ou en périphérie, affichent une meilleure résistance face au recul de l’activité. Les baisses de chiffre d’affaires y demeurent plus contenues que pour l’ensemble du commerce indépendant.
À l’inverse, les commerces installés en centre-ville continuent de pâtir d’une fréquentation piétonne en repli, avec des reculs d’activité plus marqués. Les commerces non sédentaires, présents sur les marchés, foires ou salons, enregistrent eux aussi une baisse significative de leur chiffre d’affaires sur le trimestre.
Évolution du chiffre d’affaires selon l’emplacement du commerce au 4ᵉ trimestre 2025
| Emplacement du commerce | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Commerces situés en centre-ville | – 2,70 % |
| Commerces situés dans les galeries marchandes et centres commerciaux de centre-ville | – 1,50 % |
| Commerces situés dans les centres commerciaux de périphérie | – 1,20 % |
| Commerces situés en zones d’activité commerciale ou retail parks | – 1,80 % |
| Commerces non sédentaires (marchés, foires, salons) | – 2,30 % |
Des baisses moins marquées selon les régions
Dernier éclairage de ce baromètre Lechommerces/CDF, l’analyse régionale confirme que les écarts territoriaux restent bien marqués. Les régions littorales et touristiques affichent globalement une meilleure résistance, portées par une activité plus dynamique, tandis que plusieurs territoires du nord et du centre du pays connaissent un repli plus prononcé.
Évolution du chiffre d’affaires par région au 4ᵉ trimestre 2025
| Région | Évolution du chiffre d’affaires |
|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | – 2,60 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | – 2,50 % |
| Bretagne | – 2,30 % |
| Centre-Val de Loire | – 3,10 % |
| Grand Est | – 2,20 % |
| Hauts-de-France | – 3,10 % |
| Île-de-France | – 1,30 % |
| Normandie | – 1,90 % |
| Nouvelle-Aquitaine | – 1,80 % |
| Occitanie | – 2,20 % |
| Pays de la Loire | – 2,70 % |
| Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur | – 1,20 % |
| Corse | – 3,20 % |
L’analyse de la rédaction de l’echommerces
« Après un troisième trimestre déjà marqué par une baisse sensible du chiffre d’affaires (-2,40 %), le contexte économique et politique instable a de nouveau pesé sur le niveau d’activité des commerçants indépendants, avec un recul moyen de -2,20 % au 4ᵉ trimestre 2025.
Les écarts entre secteurs demeurent par ailleurs très marqués. La restauration, déjà fragilisée depuis plusieurs mois, continue de souffrir d’un changement durable des habitudes de consommation : les Français sortent moins souvent, y compris pendant leurs congés, privilégiant davantage les repas à domicile ou les solutions de livraison. Les boutiques de mode enregistrent elles aussi une baisse significative de l’activité, sous l’effet conjugué de la concurrence accrue des plateformes d’ultra-fast fashion et d’un comportement d’achat plus prudent des ménages, moins enclins à dépenser et davantage portés vers l’épargne. D’autres activités, comme la bijouterie, la décoration ou encore la coiffure et l’esthétique, peinent également à retrouver des niveaux d’activité satisfaisants, pour des raisons comparables.
À l’inverse, les commerces alimentaires et les métiers de bouche confirment leur solidité, soutenus par la qualité de l’offre artisanale et la fidélité de leur clientèle. L’hôtellerie et le tourisme affichent, eux aussi, de bons résultats, profitant notamment d’une clientèle internationale plus présente et moins sensible à la hausse des prix. Ces performances restent toutefois insuffisantes pour compenser le recul observé dans une majorité de secteurs.
Les analyses par taille d’entreprise et par localisation confirment, de leur côté, les constats des trimestres précédents : les structures les plus petites demeurent les plus fragiles, tandis que les commerces situés en rue piétonne de centre-ville restent davantage exposés que ceux implantés dans les centres commerciaux, qu’ils soient situés en centre-ville ou en périphérie.
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Rappelons enfin que ces données consolidées traduisent une moyenne. Les situations peuvent varier fortement d’une ville à l’autre, voire au sein d’un même secteur, certains commerçants enregistrant des progressions à deux chiffres quand d’autres voient leur chiffre d’affaires reculer plus sensiblement.
Dans ce contexte, l’année 2026 débute sous le signe de l’incertitude pour le commerce indépendant, appelé à composer avec une activité contrainte et des marges toujours sous tension ».
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