Après une année 2025 sous tension, quels perspectives pour le commerce en 2026 ?
L’année 2025 s’est achevée sur une conjoncture contrastée pour les commerces, marquée par un reflux progressif de l’inflation, mais une consommation toujours contrainte. Si certains indicateurs se sont améliorés en fin d’année, le climat économique et politique demeure incertain en ce début 2026.

L’année 2025 s’est achevée sur une conjoncture globalement défavorable pour le commerce. Selon la fédération Procos, le chiffre d’affaires du commerce spécialisé en magasin a reculé d’environ 0,8 % sur l’ensemble de l’année, dans un contexte marqué par une fréquentation toujours en baisse et une consommation contrainte.
En ce début d’année 2026, les perspectives demeurent contrastées. Si certains indicateurs économiques se sont légèrement améliorés, le climat reste incertain, notamment en raison d’un contexte politique et social toujours tendu, comme en témoigne la mobilisation actuelle du monde agricole. Pour les commerçants, l’enjeu des prochains mois sera de composer avec une demande encore fragile, dans un environnement où la stabilisation des prix pourrait progressivement redonner de la visibilité, sans pour autant garantir un redémarrage rapide de l’activité.
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Une inflation désormais maîtrisée, mais des effets encore limités sur la consommation
Premier point, l’environnement inflationniste s’inscrit désormais dans un cadre plus stable et plus maîtrisé à l’entrée de 2026. Selon les données de l’Insee, l’inflation s’est établie en moyenne annuelle autour de +0,9 % en 2025, avec un niveau limité à +0,8 % en fin d’année. Ce reflux marque un changement de régime clair, notamment sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie et d’une modération plus générale des hausses de prix.
Pour autant, cette stabilisation des prix ne s’est pas traduite par un véritable redémarrage de la consommation. Les comportements d’achat restent toujours prudents, les ménages continuant de sécuriser leur situation financière. L’indice de confiance des ménages est ainsi resté inférieur à sa moyenne de long terme tout au long de 2025, traduisant un sentiment de fragilité persistante face à l’environnement économique et politique. Le niveau d’épargne demeure élevé, avec un taux proche de 17 % du revenu disponible brut, illustrant un arbitrage toujours défavorable à la consommation.
Dans ce contexte, 2026 s’ouvre davantage sur une phase de consolidation que sur une reprise franche. La baisse de l’inflation offre certes une meilleure lisibilité, mais le principal enjeu pour les commerçants sera de savoir si cette inflation durablement contenue permettra un réel rééquilibrage entre épargne et consommation. Tant que la détente inflationniste ne se traduira pas par une baisse tangible du taux d’épargne et un redémarrage des achats discrétionnaires, la consommation restera ciblée et les volumes contraints. Cela concernera en particulier des secteurs comme l’habillement, l’équipement du foyer, la restauration ou les loisirs, dont les dépenses demeurent étroitement dépendantes du moral des consommateurs.
Emploi et investissement : des signaux encore insuffisants
Sur le front de l’emploi, la situation reste globalement stable, mais une nouvelle fois sans dynamique franche. Selon les données de l’Insee, le taux de chômage s’est maintenu autour de 7,5 % en moyenne en 2025, sans amélioration significative en fin d’année. Cette stabilité limite les risques immédiats de dégradation, mais elle ne suffit pas à restaurer pleinement la confiance des ménages ni à enclencher une dynamique favorable à la consommation.
Parallèlement, l’investissement des entreprises est resté peu porteur tout au long de l’année. Dans un contexte de visibilité réduite sur les perspectives économiques, fiscales et réglementaires, les décisions d’investissement ont été fréquemment différées ou revues à la baisse. Cette prudence persistante pèse indirectement sur les perspectives d’emploi et de croissance, et contribue à entretenir un climat d’attentisme peu propice à une reprise franche de l’activité commerciale.
Un climat politique et social toujours propice à l’attentisme
Enfin du côté du climat politique et social, l’année 2026 s’ouvre dans un environnement encore marqué par de fortes tensions, qui entretiennent là aussi l’attentisme des ménages comme des entreprises. Les débats budgétaires, les incertitudes persistantes sur les orientations économiques et les mouvements sociaux en cours, notamment dans le monde agricole, continuent de peser sur le climat général. Ce contexte nourrit une prudence accrue, retardant les décisions de consommation et d’investissement, en particulier sur les dépenses non essentielles.
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Dans ce contexte, 2026 s’annonce moins comme une année de rebond que comme une phase de stabilisation progressive. La normalisation de l’inflation constitue un prérequis indispensable, mais elle ne suffira pas, à elle seule, à relancer durablement la consommation. Tant que les incertitudes politiques, économiques et sociales continueront de peser sur la confiance, les comportements d’achat devraient rester prudents, imposant aux commerces d’évoluer dans un environnement encore contraint, marqué par une reprise lente et inégale selon les secteurs.
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